« Faire payer les hommes », « les gratter », « les faire dépenser de l’argent », une aubaine pour les indices de consommations dans une économie de marché à fondements néolibéraux ? Les femmes devenues acteurices du « capitalisme néolibéral » ou juste des individues producteurices-consommateurices ?
Les femmes subissent énormément de violences. Maintenant, mettons de côté la haine et la misandrie, pour faire un peu de « mensplaining » utile et légitime pour voir ce que l’on peut faire concrètement. Il n’y aura pas d’égalité hommes-femmes sans les femmes ET les hommes. La guerre « des sexes » ne mènera à rien. Et le « pouvoir » ne se donne pas. Le pouvoir est structurel et diffus (systémique ne veut plus dire grand chose quand on n’arrive pas à définir ou délimiter ce qu’est le « Système »… je veux dire dans l’analyse scientifique rationnelle…).
Même si tous les gouvernements étaient gérés par des femelles, à la place des mâles, cela conduirait à reproduire d’autres schémas d’inégalités (y compris de la violence et des inégalités femmes-femmes). Et la réalité sociale montre que les femelles comme les mâles sont massivement et majoritairement hétérosexuelles, et que c’est une pulsion à la fois biologique et sociale que de chercher à se reproduire. Nier la biologie est INUTILE pour chercher les Progrès Sociaux.
Les femelles peuvent parfaitement gérer des gouvernements et des armées, et faire des Sciences empiriques, ce n’est pas là le fond de la question ( sauf peut être pour quelques attardés qui ont besoin non pas de femalesplaining mais d’un bon vieux mensplaining, bien Rationnel et bien Rationalisant ).
Il n’y a aucune raison qu’un mâle puisse faire des mathématiques fondamentales mais qu’une femelle ne le puisse pas : il suffit d’encourager les jeunes filles à faire des Sciences. Bien qu’il y aura probablement toujours une différenciation et une disparité dans les choix des filières. Mais le moins que l’on puisse faire, c’est encourage les jeunes filles à se MÉLANGER avec les jeunes garçons en cours de Sciences. Les femelles et les mâles doivent se voir comme des PARTENAIRES dans tous les activités sociales : à commencer par les Sciences empiriques. Contrairement à ce que pensent certaines féministes misandres, les mâles ne voient pas les femelles comme des « objets » mais comme des partenaires essentielles à la vie. Et l’on doit apprendre aux jeunes garçons que le mâle n’a pas à utiliser la violence physique, ni la violence tout court, pour obtenir une partenaire, et que les pulsions de virilité peuvent être extrêmement délétères et mortifères. On ne peut pas reproduire la vie quand on cherche à détruire ce qui produit la Vie : à savoir la femelle.
Ensuite les violences conjugales doivent être sévèrement sanctionnées par la Loi. Des cours d’éducation sexuelle me semblent la chose la plus pertinente, sans diaboliser le sexe et sans l’idéaliser, sans mensplaining et sans « bullshit de la théorie du genre ». Je ne pense pas qu’il existe quelque chose comme la théorie du genre. Faire « l’apologie » ou « la glorification » de l’homosexualité ou des sexualités « QUEER » n’a aucun sens, et donne des armes aux réactionnaires de tout poils… l’homosexualité est juste une tendance naturelle, elle n’est « ni plus cool ni moins cool » que l’hétérosexualité.
Le Progrès n’a pas besoin de la « guerre des sexes et des sexualités ». Cela devient juste une nouvelle technologie de pouvoir et de divisions.
Une pédagogie rationnelle sur les sexualités n’a pas besoin du bullshit idéologique et misandre.
Mettez de côté (mettons de côté), nos pulsions primitives, nos passions tristes, nos émotions de révoltés, notre dégoût des inégalités et des violences sexistes, et nos ressentiments. Appeler à la « guerre des sexes » ou à la misandrie va forcément susciter des réactions ultra-masculinistes et ultra-virilistes. De même qu’en 1968 jeter des pavés sur les CRS et crier « Mao!Mao! » n’a pas mené à grand chose. Le réformisme rationnel, s’il peut se baser sur l’analyse radicale de la société, est souvent plus efficace que le « romantisme messianique pseudo-révolutionnaire ».
De petites mesures adaptées produisent souvent plus de résultats que de grands discours passionnels. Si l’on cherche des résultats socio-économiques. Si l’on cherche le « Messie » et une « société sans classes et sans sexes et sans farfadets », il vaut mieux écrire de la poésie (comme ce que je fais parfois… souvent même…).
On ne transforme pas la Société par de beaux discours, aussi radicaux soient-ils. La radicalité dans l’analyse ou dans la littérature est une chose, en politique elle est souvent nuisible et contre-productive.
La première des choses que l’on a apprise en cours de sociologie du genre, quand on regardait les chiffres des inégalités hommes-femmes, c’est que l’on ne peut pas passer des chiffres à l’idéologie, de manière rationnelle et causale.
Mme Laure L. précisait « le féminisme est une idéologie, la sociologie du genre est une branche de la sociologie des inégalités, et ici nous n’étudierons ni Judith Butler ni les philosophes dites féministes qui revendiquent une posture militante au nom des femmes, la sociologie du genre se veut une SCIENCE » ( et pas un fatras d’obscurantismes dogmatiques voire négationnistes qui nieraient des réalités biologiques; aucun sociologue scientifique n’a dit que « le sexe et le genre n’existent pas » ou encore « le sexe n’est pas biologique »).
Le sens du mot « exister » et le sens du mot « construit ». Quand une chose ou un phénomène est dit « construit », cela ne signifie pas qu’il n’existe pas ou qu’il ne doit pas exister, ou qu’il n’est pas légitime. « Construit » s’oppose à « naturel et universel » ou plus précisément à « doté d’une essence atemporelle ». Tout ce qui a une existence sociale est nécessaire un mélange d’arbitraire et d’historicité. Plusieurs configurations peuvent être fonctionnelles. L’égalité des Droits et des Chances entre hommes et femmes postule bien qu’il existe dans la société des hommes et des femmes. Ce qui est « socialement construit », c’est la manière d’être masculin ou féminin en société. Et l’anthropologie n’a fait que montrer d’autres configurations possibles du masculin et de féminin. Pire, dans toutes les sociétés examinés par les anthropologues, including Margaret Mead, il y a toujours du masculin et du féminin. Margaret Mead a simplement montré que l’on « peut faire différemment » et que les femmes ( mais ce sont bien des femmes dans toutes les sociétés ) peuvent avoir des RÔLES différents, par rapport au conservatisme de la société traditionnelle anglo-saxonne…
Ce qui me semble évident. Les femelles ne sont pas « faites » naturellement pour faire des tâches ménagères. C’est une forme de division sociale du travail qui correspondait à un moment de l’Histoire mais qui peut être dépassée une fois advenue la société salariale (probablement aussi parce que le capitalisme ou du moins l’économie de marché a besoin que tous les individus soient de la main d’œuvre, des producteurs-consommateurs, et c’est là où les femmes ont été particulièrement dominées, lorsqu’elles ont dû passer « du mari au patron »).
Dire que les femmes ont les mêmes droits que les hommes est aujourd’hui une évidence il me semble.
De même, dire que les femmes peuvent occuper les mêmes fonctions que les hommes (et que les différences biologiques ne DÉTERMINENT pas la capacité de travail et l’intelligence ACQUISE) me semble aussi une évidence qui n’a plus besoin d’être démontrée.
L’argument n’est pas de dire « il n’y a pas de différences biologiques entre hommes et femmes, DONC les femmes peuvent être physiciennes et présidentes ». Non. On croit résoudre les problèmes sociaux par des arguments tellement radicaux qu’ils deviennent caricaturaux.
Déflation conceptuelle et rasoir d’Ockham : « On n’a pas besoin que les femelles et les mâles aient les mêmes constitutions biologiques, évidemment différentes, pour qu’iels puissent occuper les mêmes fonctions et mener des carrières épanouissantes y compris aux postes de pouvoir et de gouvernement ». Nos différences biologiques, bien réelles, ne sont pas un FREIN à l’égalité des droits et des chances. Comme pour les autistes ou que sais-je. Les mâles et les femelles ont des différences biologiques à l’intérieur même de leur sexe et de leur genre. Les mâles aussi diffèrent entre eux biologiquement. Cela ne va pas les empêcher d’acquérir du savoir et de la connaissance.
En revanche, la division des tâches ménagères, qui a longtemps produit la double-journée, ne peut se régler que par des conventions et des compromis à l’intérieur du couple.
Le féminin et le masculin existent, simplement ils ne s’expriment pas comme des essences absolues et universelles, ou encore comme un ensemble de caractéristiques atemporelles ou anhistoriques ; si le féminin et le masculin n’existaient pas, il n’y aurait tout simplement pas de sociologie du genre, ni de sociologie des corps, ni de féminismes, et contrairement à ce que croient les Mao 2.0, on ne peut pas effacer les différences de genre et de sexe, de même que personne n’a jamais pu effacer les différences de classe et les stratifications… Non seulement parce que le féminin et le masculin sont des principes *structurants* issus de notre biologie (mais médiatisés par des représentations sociales, construits par la socialisation, comme on construirait des bâtiments avec des substrats différents). Dire du genre que c’est une « construction sociale » ne signifie en RIEN que le genre « n’existe pas », ou que le féminin et le masculin sont deux mots désignant une « même réalité sexuelle et sexuée ».
Ce qui est socialement construit a probablement plus de sens et de signification et d’existence que « la nature brute » (à supposer que quelque chose comme « la nature brute » existe dans la société), car les institutions sociales s’inscrivent dans les corps, dans le psychisme, dans les émotions, dans les manières de « voir, de sentir et d’agir ». Et que l’on ne sort pas d’une institution sociale comme on déciderait de sortir d’un bar. On ne sort pas de l’hétérosexualité, non pas parce que c’est « bien ou mal », non pas parce que c’est « utile ou inutile », mais parce que cela ne dépend pas de notre volonté. Le genre et le sexe auxquels on s’identifie ne dépendent pas vraiment d’une volonté ou d’un choix rationnel. Et les « négationnistes du féminin et du masculin » desservent la question des inégalités hommes-femmes en adoptant des postures qu’iels croient « radicales », mais qui en plus d’être scientifiquement, et sociologiquement, et anthropologiquement fausses, sont un « non-sens » qui rate sa cible.
Nul besoin d’idéologie féministe, nul besoin de misandrie, nul besoin de passions tristes pour poser la question des inégalités hommes-femmes, du plafond de verre, de la double-journée, du congé parental partagé, de la charge mentale, de la division sociale du travail, et de l’égalité des Droits et des Chances.
C’est une des nombreuses choses que reprochait Pierre Bourdieu aux marxistes de tout bord : vouloir transformer par la force « révolutionnaire » des réalités sociales qu’iels ne comprennent pas vraiment, et se perdre dans un charlatanisme messianique qui n’était ni plus ni moins qu’un pur mensonge, dangereux par ailleurs, pour les classes dominées.
Bourdieu disait que les révolutionnaires utilisent des grands mots qui finissent par rater la réalité sociale sur laquelle on peut agir (et l’on doit agir) rationnellement : prolétariat, bourgeoisie, capital, Etat, patriarcat, autant de gros mots ronflants qui finissent par ne plus rien dire, par ne plus rien cerner de la réalité complexe du monde social.
Petite chose simple qui n’a nul besoin de féminisme : dans une société moderne et démocratique, il est normal que des individus biologiquement différents puissent poursuivre des carrières similaires. Et il suffit de dire aux garçons et aux filles les mêmes discours à l’École et dans la Famille pour briser le « carcan mental » de la différenciation / ségrégation.
L’objectif ne doit pas être de dire « les hommes et les femmes ça n’existe pas ». Nul besoin d’un tel pot-pourri obscurantiste et négationniste. Nul besoin d’aller sur le terrain de la biologie où la sociologie n’est pas la science adéquate. Il suffit de dire « les garçons et les filles peuvent se mélanger et faire de la science, tenez formez des groupes mixtes et étudiez Newton ensemble ». Parfois il suffirait de ne rien dire. Dans certaines familles à Casablanca, c’était effectivement le père, qui représente bien le Patriarcat avec tout son poids juridique, social, normatif et économique, qui pouvait « décider de l’orientation de sa fille » en sciences mathématiques ou en sciences économiques, ou de la carrière de la jeune fille, quelles que soient ses notes. Quand un père empêche une fille de faire des mathématiques car « c’est pour les garçons », là on peut parler effectivement de Patriarcat bien réel.
Parler de « Patriarcat » quand plus aucune institution sociale, familiale, économique, juridique, politique n’admet que l’on interdise formellement des carrières à une fille car c’est une fille, cela me semble de la radicalité pour la radicalité, de la radicalité vaine qui manque sa cible.
En France, l’état de la société est telle que l’on peut parler d’inégalités socio-économiques et de violences sexistes/sexuelles, et chaque gouvernement essaie d’y remédier. Et aucun parti politique ne remet en question l’égalité des droits et des chances entre hommes-femmes. Donc parler de « Patriarcat » revient à construire un moulin à vent qui peut être contre-productif. Puis à s’empêtrer dans des joutes verbales sur les mots. Le tout pour légitimer la misandrie et la « guerre des sexes ». Le tout pour devenir un outil de biopouvoir et de biopolitique. Le tout pour s’enfermer dans de nouveaux sectarismes, dans du charlatanisme messianique éculé, en croyant réinventer l’eau chaude et le sexe. Le tout pour régler des comptes personnels, en perdant de vue l’idéal d’égalité des DROITS ET DES CHANCES.
Le tout pour devenir un outil du néolibéralisme, en accumulant mauvaise interprétation sur mauvaise interprétation, paranoïa sur paranoïa, appel à la haine et à la guerre sociale, en devenant, comme les mâles, des individues néolibérales, producteurices-consommateurices, avides de dominations, de pouvoirs, de violences, de cruautés, en perdant sa féminité et donc son humanité, et au lieu de « féminiser le pouvoir » comme certains romantiques pouvaient l’espérer, « militariser les féminités » et « masculiniser la féminité », démonstration tragi-comique, de l’existence de la féminité et de la masculinité.
On passe de « il est légitime que les femmes et les hommes aient les mêmes droits et les mêmes devoirs, quels que soient leurs différences biologiques », à « les hommes sont mes ennemis et je dois me militariser ou me masculiniser pour les dominer et leur faire violence ».
Entre-temps les patrons d’IKEA hommes comme femmes continueront à faire des bénéfices, et à financer METOO pour compenser les 5% ou 10% d’écarts de salaires à poste égal, toutes choses étant égales par ailleurs, du fait que c’est souvent les femmes qui s’occupent des bébés, AMAZON continuera d’exploiter ses salarié.e.s, et les femmes deviendront des « variables d’ajustement » dans le Capitalisme numérique de Peter Thiels, Alex Karp, Elon Musk, Georges Soros, et quelques autres.
Et d’autres femmes continueront à utiliser, rationnellement, des stratégies matrimoniales : être mannequin et se marier avec un milliardaire, cela aussi est efficace. Et si je pouvais être mannequin et me marier avec une femme milliardaire, je le ferais (mais c’est vrai qu’il n’y en a pas beaucoup, et est-ce parce que les femmes sont moins attirées, statistiquement, par la TECH, ou bien parce qu’on ne leur donne pas suffisamment la parole en cours de maths aux USA, ou bien parce que les Fonds de « Capital Vulture » prêtent moins aux femmes qu’aux hommes du fait de clichés de genre, que certaines femmes reproduisent par elles-mêmes comme des grandes… je pense que cela doit être un peu toussa, car en sociologie rien n’est « mono-causal », ou du moins rarement….. ).
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