Auteur : Mounir Zakriti

  • Poème 2. La métaphysique prophétique

    La métaphysique prophétique

    Je m’en allais Seigneur par-delà les hordes et les clameurs
    Jetant un regard sceptique, sombre et pourfendeur
    Sur la perversion du monde
    Et je me demande encore
    Qui sont les Esprits qui jugeront notre époque
    Et je demandais encore
    Où puiser ces intuitions profondes
    Qui me protégeront de la boue la fange
    Lors que j’entends résonner les bruits et les rumeurs
    On ne raisonne guère les hommes dans leurs fureurs
    La Nuit et le Brouillard
    Percés quelques fois
    Par une métaphysique antique
    Celle d’autrefois
    Lorsque les hommes s’interrogent parfois
    En passant devant nos palimpsestes
    Sur leur humanité et ce qu’il en reste
    C’est ainsi que j’entends chanter parfois les foules
    Nous voulons la pulsion certaine
    Je voudrais faire de mon intuition souveraine
    La charpente axiomatique de mes antiennes
    Cette métaphysique des intuitions
    Sans avoir ni pureté ni abnégation
    Devant tant de mystères
    Je reste sceptique devant l’altérité de mes mots
    Le vice et la perversion est ce qui vous oblitère
    L’humanité est toujours à renouveler
    Et rien de ce qui est humain ne m’est étranger
    Pour goûter à défaut d’entendre mes viscères
    Peut-être est-ce un tatouage romantique
    Qui a infusé en métaphysique prophétique

    MZ
    In « Allègres Métamorphoses »
    Recueil de Poésie – Et la Passion la Boussole
    Bordeaux-Casablanca-Paris
    2015-2025

  • Poème 1 : Adresse aux Lecteurs. To the Happy Few

    تسألوني عن جوابْ   
    إن الجوابَ هو الطريقُ ولا طريقَ سوى التلاشي في الضبابْ 
    هل مَسَّكَ ( العَطَّارُ ) بالأشعار ؟ قلنا . قال : خاطبني وغابْ
    في بطن وادي العشق . هل وقف ( المعرِّيْ) عند وادي المعرفةْ ؟
    قلنا . فقال : طريقُهُ عَبَثٌ . سألنا : وابن سينا .. هل أجابَ
    عن السؤال وهل رآكَ ؟ أنا أرَى بالقلب لا بالفلسفةْ
    هل أنت صوفيُّ إذاً ؟
    أنا هدهدٌ . أنا لا أريد 
    وغاب في أشواق       

    Mahmoud Darwich

    ///
    To the Happy Few. Adresse et harangue.

    Lecteur, Lectrice

    Sache être attentif
    à l’être des interstices
    Moi qui ai vu des abîmes et des précipices
    Je ne t’offre guère
    la littérature du commerce et de l’étagère
    Voici une sombre et lumineuse Alchimie
    faite de pensées tentaculaires

    De Fragments, de Constellations, de Correspondances
    de curieux linéaments qu’empruntent les Mots en leurs Arborescences

    Poésie fière et altière
    Car dans mon domaine
    Je suis commandeur et nomothète
    Peut-être plus arpenteur que poète

    Tu trouveras dans cet Antre
    Les Fragments d’une subjectivité fractale
    Et les palimpsestes de vieux Prophètes
    Où tu apercevras l’Humanité pleine et entière
    Du Symbolisme et du Surréalisme l’héritière
    Engeance du Romantisme, de Mallarmé et Apollinaire

    Je t’offre ainsi une Philosophie de l’être et de l’existence 
    Par ces curieux linéaments, Fragments en coalescence

    Aime-moi – ou sinon je te maudis
    Toi qui t’en vas par ce chemin où la Noirceur abonde 
    Toi qui devras apprendre
    à écouter les murmures des Roses de mon Coeur dans ton Monde
    Moi qui t’offre de ma subjectivité fractale la quintessence
    Lyrisme et Contre-Lyrisme
    Quelques Symbolisme 
    dans la Nuit noire du Néolibéralisme.

    Mounir Zakriti
    in « Allègres Métamorphoses »
    Recueil de Poésie — Et la Passion la Boussole
    Paris-Casablanca-Bordeaux
    2015-2025

  • Poème liminaire. Allègres Métamorphoses.

    La Passion La Boussole

    Le Surréalisme et la Folie en héritages

    Le langage des esprit par-delà les âges

    J’ai convoqué d’anciens mouvements 

    Je parle de ce que je vois poindre à l’horizon
    L’intuition rectrice

    Ma métaphysique prophétique
    Un écrivain ne peut jamais être ni safe ni valide

    Débarrassons-nous des paroles vides des tribus

    J’écris contre le langage de la perversion

    Car cela appelle les jugements de l’air du temps

    Hors mon écriture est surréaliste car las de la Raison 

    J’essaie ainsi le temps d’une phrase

    De congédier ces catégories de mon entendement 

    Suspendre tous les jugements

    Pour penser l’Ailleurs, l’Ailleurs et l’Autre de l’espace et du temps 

    C’est en ce sens que mon Surréalisme est forcément et en même temps 

    Réactionnaire revisitant de vieux recoins de l’écriture 

    Et Libertaire ne reconnaissant aucune autorité en cette matière

    Si ce n’est celle de l’Esthétique de la Beauté 

    Allez comprendre n’est-ce pas ? 

    Suis-je de gauche ou de droite dans ce manuscrit ? 

    Et demandez-vous qui est exactement celui qui écrit ?

    Ce ne sont pas là les catégories de l’Esthétique et du Beau 

    En dehors de ma plume, je suis ce Rationaliste aux idées libérales 

    Mais lorsque j’écris c’est autre chose que je convoque 

    Je suis cette éternité que l’on évoque 

    Une altérité qui s’ouvre à laquelle j’assiste 

    Autant qu’un Autre un observateur 

    Mon écriture est politique et pour qu’elle soit vraie 

    Il faut qu’elle se déploie par son énergie propre 

    Ici et là parfois surgissent 

    Encore et derechef

    Ces intuitions rectrices

    Puisant dans le fond de mon être

  • Héritiers du Romantisme symboliste

    « Lecteur paisible et bucolique,

    Sobre et naïf homme de bien,

    Jette ce livre saturnien,

    Orgiaque et mélancolique.

    Si tu n’as fait ta rhétorique

    Chez Satan, le rusé doyen,

    Jette ! tu n’y comprendrais rien,

    Ou tu me croirais hystérique.

    Mais si, sans se laisser charmer,

    Ton oeil sait plonger dans les gouffres,

    Lis-moi, pour apprendre à m’aimer ;

    Âme curieuse qui souffres

    Et vas cherchant ton paradis,

    Plains-moi !… sinon, je te maudis »

    Baudelaire, Les Fleurs du Mal