Contre les Réactionnaires, Contre les Conservateurs et les Néo-Conservateurs, Contre les politiques du Néolibéralisme, Contre l’Illibéralisme et les Autoritarismes Populistes.
Cf « Why I am not a conservative » by F. Hayek, in « The Constitution of Liberty » (La Constitution de la Liberté, 1960, Annexe/Appendice).
Hayek for Hayek, Hayek with Keynes, Hayek with A. Smith and L. Walras, Hayek contra Hayek, Hayek by Hayek, Hayek Against Capitalism, Hayek Against Neoconservatism and Reactionary Politics, Hayek Against Trump. Hayek read and appropriated by the US Liberal Democrats and/or DSA. Hayek in Michigan, Phoenix, Minnesota, Illinois and Washington DC (and Chicago).
Pour un Libéralisme progressiste et social. For a New Liberalism, Hayek’s Theories, and Beyond.
Reagan and Thatcher and Bush and Trump FAILED.
Lets go back to Roosevelet and Kennedy and Johnson and Carter.
Liberalism isnt Neoliberalism. Liberalism isnt Ultra-Liberalism.
Liberalism isnt Markets Fundamentalism.
Liberalism isnt Trump.
Liberalism isnt Reactionary Violence or White Supremacism or Christian Nationalism.
Liberalism isnt Capitalism (Cf. Thierry Aimar, Cf. Catherine Audard).
Cf. « Hayek et les capitalistes », Cf. « Libéralisme VS Capitalisme », Cf. Schumpeter’s oeuvre on Capitalism, Socialism, Democracy and Liberalism.
The Reactionary and Ultra-Conservatives are WRONG by definition. Lets explore.
Between 2022 and 2025, after my Master 2 Thesis in Epistemology (2021) about Rationality and Cognitive Neurosciences applied to Economics, I started reading and writing about Friedrich Von Hayek, I read almost 75% of all his books / articles in French AND in English (The most important original/quircky/witty are « The Sensory Order », « Individualism and Economic Order », especially the article « The use of knowledge in society » (de mémoire), « Law, Legislation and Liberty », Droit Législation et Liberté aux PUF, « The Constitution of Liberty », and « The Road to Serfdom », La Route de la Servitude, let’s mention/underline that his theories of Prices « Prix et Production » of 1930-1932 and his theory of Cycles and Money/Banking were considered since 1990-2000s as « outdated and dépassés », which is probably true, the Keynesian Approach is more empirical and more accurate to explain Cycles and Crisis like 1929 or 2008-2009, along/among Cycles of Kondratieff, Fisher, Minsky and all the New Neo-Keynesians like Galbraith and Hicks and J. Robinson, then Krugman, Stiglitz, O. Williamson etc combining micro-economics and macro-economics, even the American Federal Reserve studies Keynes, Allan Greenspan and Ben Bernanke were specialist of Keynes and Keynesian thoughts…. ). BUT I couldnt finish writing my PhD Thesis about Social Justice and Liberty/Liberalism in Hayek’s oeuvre (to show that Social Justice and Liberalism are not epistemologically incompatible or opposite even if we take seriously Hayek’s axioms /epistemology/philosophy ).
Mainly because I was Harrassed and Discriminated by Pierre Crétois (une opération d’entrave / impeding / undermining attack), probably for his personal wicked reasons and for perverted far left / Zionist Ideology. Because of Pierre Crétois and maybe « Raissa Maillard », according to some Moroccan / Paris Sources.
Kim Onc Van Cung and Beatrice Collignon didnt do anything to help me finish Writing my PhD, they did the opposite, did they had « sympathies » for the Moroccan Monarchy, for Poutine/Russia, for China, and/or for Israel ? Who knows, couldnt say, but, the things is that I wrote more than 150 pages…..
and, au contraire, they started defamating me and discriminating me, and selling me to the Moroccans (COLLUSION), telling me to go back to morocco or to leave Bordeaux, France, in my REPUBLIC on MY SOIL / TERRITORY recommended by DGSE/BCRA (I had a Visa + Residency Card thanks to French Special Services, the DGSE, as a « Diamond » or « Pointe de Diamant » / « Emerald » / Writer-Artist and Free Thinker, from Ecole Normale Supérieure de Paris, where I was a real NORMALIENétudiant, certes, though, not a full « Elève-fonctionnaire », but Normalien tout de même, by Status and Law, accepted after competion and concours on research project and dossier, with a REAL Master 2 PDI ENS-EHESS with Mention Bien etc etc…. ).
J’ai déposé plainte against Pierre Crétois, but Bordeaux Montaigne University is a University of Deep Corruption appearantly ( and appearantly isnt under the Rule and Law and Constitution of Paris/France, but a university for Moroccan Services, Russian Services, and god knows what/who….. And they were PROUD to be Hostile Pseudo-Spies and Hostile Agents AND Violent Cyber Criminals…… ). Anyways…..
Here are some « excerpts » of my Introduction and plan (I couldnt copy/paste from Word nor PDF on the right format because im a quiche on computer stuff and I dont own a Microsoft office lol Flemme cant arse it and dont wanna spend money on Microsoft Office cause i wanna put LINUX and KALI LINUX :p :))
In french we say an « Esquisse » that I put here to « give a hint/glimpse/idea » about « some of my Ideas and Research and Sources » on Liberalism and/or New Liberalisms in their different forms/possibilities.
effets pervers d’une politique publique
Partie I
Genèse et nature du projet néolibéral hayékien : spécificités d’une ontologie sociale et politique par la production d’une utopie anti-rationaliste évolutionniste
CHAPITRE 1. Pour une hermnéneutique conceptuelle de la grammaire hayékienne : penser avec, penser contre. Hayek comme théoricien et militant
Le mot et la chose
a. L’essence du néolibéralisme hayékien comme courant politique libéral radical revendiqué, ou la radicalité métaphysique par le dogmatisme assumé (Cf. Bourdeau)
— le rejet des faits et de l’empirie, – hér2itage lointain de Carle Menger et Von Mises ?
(Bernard Manin et voir Hayek, Les intellectuels et le Socialisme, dans Bourdeau et in Caldwell)
b. Le néolibéralisme hayékien comme anthropologie pan-économiciste.
(Voir C. Laval, “L’Homme économique” et B. Stiegler)
c. Le néolibéralisme comme société de l’hyper-concurrence : “le choix de la guerre civile” ? (Dardot et Laval)
CHAPITRE 2. Hayek est-il libéral ? Entre nouveau libéralisme, traditionalisme et illibéralisme
a. Libéralisme authentique “Old Whig” et néolibéralisme(s) : comment nommer les choses ? (Voir l’ANTHOLOGIE, (A. Laurent et Vincent Valentin)
– Caractériser le libéralisme de Hayek
b. Utopisme autoritaire et réalités politiques : la Société du Mont-Pèlerin comme “bloc bourgeois” et “revanche de classe” ? La coercition au nom de la liberté : MIROWSKI et voir RÉFÉRENCES BOURDEAU sur les monographies… (Pinochet, Thatcher,2 Reagan, Apartheid, à qui profitent ces politiques…. françois Denord)
c. Le radicalisme hayékien et sa cohérence interne : seules les idées radicales prennent forme et seuls “les extrémistes” ont la raison de “cohérence” ? G. Campagnolo (B. Manin, P Nemo, Longuet, Francatel-Prost)
Le néolibéralisme comme conservatisme réactionnaire ?
Libéralisme, illibéralisme, conservatisme et traditionalisme ?
CHAPITRE 3. Une déligitimation des politiques publiques ou une déligitimation du politique? Hayek veut détrôner la politique pour promouvoir sa politique fondée sur la catallaxie
a. “La politique détrônée” par et au nom de la “liberté négative » et de la Catallaxie ? b. De la violence sociale en Catallaxie : le problème de la domination et du pouvoir de nuir au nom de la “concurrence” et de “l’innovation” à long terme ( voir DLL, Tome 2 et Tome 3, in « politique gouvernementale et marché » )
c. Une Société ouverte d’Hommes libres gouvernée par le Marché : le Marché pour surveiller l’Etat et discipliner le vivant par le biopouvoir ? (Foucault, Bourdieu, Laval& Dardot) ///
[…]
/// Notre époque : le néolibéralisme dans ses textes, ou les fausses lectures réactionnaires de Friedrich Hayek (Swedish Bank Prize in memory of Alfred Nobel, « Nobel Prize of Economics », 1974)//
“Ce qui nous manque, c’est une Utopie libérale, un programme qui ne soit ni une simple défense des choses telles qu’elles sont, ni un socialisme dilué, mais un radicalisme véritablement libéral qui ne ménage pas les susceptibilités des puissants… qui ne soit pas trop
sévèrement pratique, et qui ne se limite pas à ce qui apparaît aujourd’hui comme politiquement possible.”
(Hayek, “Les Intellectuels et le Socialisme”, 1949)
Intellectuals and Socialism, in Collected Works, CW, by Bruce Caldwell, Chicago Press.
“L’époque où le Tout-Paris s’était entiché de Hayek et de Popper apparaît maintenant bien lointaine, mais l’oiseau de minerve ne se lève qu’à la tombée de la nuit et, aujourd’hui où les politiques (néol)libérales sont de plus en plus remises en question, le moment semble venu de relire l’oeuvre de leur principale inspirateur. […]
En langue française du moins, il y a peu d’ouvrages qui lui soient exclusivement consacrés […] En outre personne, semble-t-il n’avait
jusqu’alors entrepris d’approcher cette œuvre par le biais de la proposition qui est faite de considérer le libéralisme comme une utopie”.
Michel Bourdeau, La fin de l’utopie libérale. Introduction critique à la pensée de Friedrich Hayek, Hermann Philosophie, 2023, pp.9-10.
Utopie : “Idéal politique ou social séduisant, mais irréalisable, dans lequel on ne tient pas
compte des faits réels, de la nature de l’Homme et des conditions de la vie”.
A. Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, Quadrige,1993.
“L’idée d’ordre spontané est ce qui se cache derrière l’image de la main invisible, comme la
pulpe sous l’écorce.
Vu le rapport avec la téléologie, l’action de cette main invisible a pu être
interprétée en termes théologiques. Dans les philosophies de l’Histoire de Kant ou de Hegel,
elle apparaît comme une laïcisation de la providence, une métamorphose de la théodicée,
mais la théorie darwinienne de l’évolution nous a montré comment faire l’économie de la
finalité : comme Hayek, à la suite de bien d’autres, se plaît à le rappeler, l’ordre social
spontané est le résultat de l’action humaine, mais non d’un dessein humain”,
M. Bourdeau, “L’idée d’ordre spontané ou le monde selon Hayek”, in Archives de Philosophie, 2014/4,
Tome 77, pp. 663-687, Editions Centre Sèvres, Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques,
CNRS-Paris
Mounir Zakriti, Thèse de Doctorat en Philosophie politique, Université Bordeaux Montaigne
(…) ///
“L’objectif de cette pensée utopique ne doit pas être de spécifier dans les moindres détails à
quoi ressemblerait une société parfaite. Il s’agit plutôt (1) de formuler des propositions de
réformes radicales de l’ordre social actuel, (2) de les justifier en se référant à des principes
normatifs ou à des valeurs pour lesquels, après réflexion, on est prêt à s’engager, combinés à
la meilleure analyse scientifique possible des causes profondes des problèmes que les
propositions sont censées résoudre, et (3) de soumettre les propositions à un examen critique
sans complaisance, en recherchant sans relâche tous les effets pervers possibles, le tout
devant être évalué à la lumière de considérations normatives explicites. Une telle pensée
utopique n’est pas censée être neutre sur le plan des valeurs, mais elle ne fait pas dépendre la
vérité des sciences sociales de jugements de valeur. La pensée utopique exige des réponses à
de nombreuses questions factuelles sur les effets probables, sur la compatibilité, sur la
soutenabilité”
Van Parijs, P. 2013. “The Universal Basic Income : Why Utopian Thinking Matters, and How
Sociologists Can Contribute to It.” Politics & Society 41(2) : 171-82.
“Le « néo-libéralisme » est une catégorie vague, commode surtout pour regrouper des auteurs
d’horizons théoriques et idéologiques très divers. Friedrich Hayek, dont les ouvrages ont été
loués par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, préfère se présenter comme un « vrai libéral».
Il revendique l’héritage de David Hume et Adam Smith, fondateurs au xviii e siècle d’un
libéralisme reposant sur le respect de « l’ordre spontané » du marché. Cette généalogie très
contestable lui sert pour dénoncer les erreurs intellectuelles ayant permis la constitution d’un
« faux libéralisme » au xix e siècle. Le principal responsable de cette perversion du
libéralisme serait John Stuart Mill. Et le projet de Hayek – qui estime écrire en pleine période
de déclin de la « civilisation » – serait de restaurer la pureté de la doctrine libérale originelle”
Légé, P. (2008), “Critique de la justice sociale selon Hayek”, Revue Projet, n ° 303(2), 57-62.
( Mounir Zakriti, Thèse de Doctorat en Philosophie politique )
- Le Spectre de Hayek : Généalogie philosophique d’un questionnement critique et intérêt de la recherche
Margaret Thatcher aurait dit dans une réunion du Parti Conservateur britannique en brandissant “The Constitution of Liberty”, ouvrage majeur de philosophie politique par F.
Hayek : “This is our bible”.
Dans le champ du monde universitaire autant que dans les
mondes du militantisme politique, dès que l’on parle de “néolibéralisme”, c’est souvent pour
opérer une critique plus ou moins précise des transformations advenues avec la dite révolution conservatrice de M. Thatcher et R. Reagan, notamment les dérégulations et les
politiques de privatisation et de critique de l’État-Providence
.
Vivrions-nous, au sein de la sphère du monde occidentalisé et du capitalisme financiarisé,
dans un monde hayékien, avec une mondialisation portant la trace du Spectre de Hayek ? Un
monde parsemé de concepts politiques, dont la clef, si ce n’est la filiation ou la paternité,
résiderait dans l’œuvre de Hayek, prophète malgré lui de ce que l’on appelle souvent
hâtivement “néolibéralisme” ? Ou bien serions-nous déjà dans une époque post-hayékienne
qui aurait fait l’expérience des limites des formes de ce que l’on pourrait appeler le “culte du
marché”, pour ne pas parler de fondamentalisme pan-économiciste du Marché comme Paul Krugman et J. Stiglitz ?
Le “néolibéralisme”, le mot et la chose, sont-ils le produit de la
pensée hayékienne et de celle de penseurs comme M. Friedman, W. Lippman, ou encore la
cristallisation et la convergence “d’atomes crochus” de la pensée économique et politique
d’une époque, centrés autour de la Société du Mont-Pèlerin – que Hayek présida en 1949 (…) / [… ]
qui donnèrent aux classes dominantes une charpente intellectuelle pour une “revanche de classe” ? (…)
Ou du moins une revanche contre ce que l’on a appelé le consensus keynésien où il s’agissait d’acheter la paix sociale, de trouver des compromis entre les travailleurs (décrits par le “Facteur L”, pour “labor” en économie) et les détenteurs de capitaux (décrits par le “Facteur K”, pour “kapital”) ?
4 Voir C. Laval, P. Dardot, etc, “Le choix de la guerre civile”…..
3 Voir F. Denord, réseaux, acteurs, circulation de la pensée néolibérale
2 Voir The Road to Mont-Pèlerin Society, et S. Audier, Le Colloque Lippmann, et S. Audier,
Néolibéralisme(s). Une archéologie intellectuelle, voir aussi Q. Slobodian, The Globalists, et
“Néolibéralisme une révolution furtive ?”
1 Voir David Harvey, A Brief History of Neoliberalism
- E. Olstrom : la notion de biens communs, et donc
d’inégalités et justice sociale5 est redevenue centrale tant en économie politique qu’en philosophie politique et en philosophie de l’économie;
Peut-on aujourd’hui penser l’idée de planification économique et sociale7 ainsi que la notion fondamentale de justice sociale8 qui
relie l’individu à la société, notamment par des politiques publiques progressistes et redistributives, à l’ère du néolibéralisme ou du moins à l’ère post-socialiste ?
Nous parlons ici plus précisément de la période 1945-1995 où se succédèrent “Trente Glorieuses” et “Trente Piteuses”. L’un des penseurs majeurs en économie et en philosophie politique qui s’est
opposé à cette idée de “justice sociale” ou de “justice proportionnelle et distributive”, dans la perspective d’une ontologie politique utopiste, est sans nul doute F. Hayek(…)//
10 L. Desmedt, B. Quiriny, (Dir.), Regards croisés sur Hayek. Droit, Philosophie, Economie.
Postface de Gilles Campagnolo. Collection E-conomiques, Editions Matériologiques, 2024,
p. 175-176.
Sur le capitalisme utopique, histoire de l’idée de marché, Paris,Le Seuil, 1999. Voir aussi P. Légé, “La critique de la justice sociale chez Hayek”, “Le mirage du libéralisme hayékien”, “Hayek penseur génial
ou incohérent” (…) /
8 Ou de justice distributive et proportionnelle que l’on retrouve chez Aristote et Platon, à laquelle
Hayek accorde une importance fondamentale, notamment avec le Tome 2 de son oeuvre majeure,
Droit, Législation et Liberté en 1976
7 Nous avons débuté cette interrogation et cette réflexion critique par un article du Monde
Diplomatique qui nous avait interpellé; “Les Soviétiques en quête de bons plans”, Le Monde
Diplomatique, juillet 2020, N°796, voir aussi Cédric Durand et Razmig Keucheyan, “Planifier à l’âge
des algorithmes”, Actuel Marx, N°65, Paris, 2019 ainsi que Eric Hobsbawm, L’ère des extrêmes.
Histoire du court XXème siècle (1914-1991), Agone, Marseille, 2020.
6 Voir par exemple, P. Crétois, La Copossession du Monde, La Part Commune (…)
5 Voir les travaux des deux “Prix Nobel d’Économie”, P. Krugman et J. Stiglitz, “Le prix des inégalités”,
et en plus France les recherches qui ont trouvé une large audience, de T. Piketty et E. Saez
notamment, par exemple pour ne citer que ces ouvrages : T. Piketty, Capital et Idéologie, et T. Piketty,
Une brève histoire de l’égalité avec…….. ainsi que le regain d’intérêt pour les travaux de J. Rawls et
de A. Sen, notamment L’idée de justice, ou encore les nombreux mouvements altermondialistes, pour
ne citer que le Collectif des Economistes Atterrés, ou encore ATTAC, ainsi que les Mouvements tels que “Occupy Wall Street”, pour ne prendre que quelques exemples de la tendance à la critique vive
de ce que l’on appelle néolibéralisme et des inégalités résultant du capitalisme financiarisé après la
crise de 2008-2010.
Hayek est incontestablement une figure majeure de ce que l’on nomme “Néolibéralisme” au moins depuis les années
1980-1990 en France notamment avec les travaux critiques pionniers de M. Foucault sur les nouveaux modes de gouvernementalité et sur la “biopolitique” ou le “biopouvoir” (…).
Serions-nous dans une “nuit néolibérale” selon les termes de P. Dardot et C. Laval, dont il s’agirait de prendre conscience et de sortir ? Ou bien dans une forme de mutation paradoxale-perverse, à la fois populiste et illibérale, comme effets-pervers / conséquences des politiques néolibérales ou ultralibérales amorcées en 1973-1979 sous prétexte de la Stagflation ? (Pour une analyse de l’illibéralisme populiste voire la thèse et les travaux de Raphaël Morrisset (…) /
Si ce travail de recherche devait prendre appui sur une “source” ou un “point de départ”, sa
généalogie remonterait à un questionnement suscité par la lecture d’un article de P. Bourdieu,
“L’essence du néolibéralisme”13
Voir aussi l’enquête de Serge Audier (…) /
Peut-on penser une essence du “néolibéralisme” ? Notre époque est-elle dominée et
déterminée par un paradigme économique devenu à la fois anthropologie, car détenant et
exprimant l’essence de “l’Homme économique”, pour parler comme C. Laval, et ontologie
politique car prétendant détenir l’horizon téléologique de tout système politique moderne,
horizon nommé “Grande Société”19 ou “Société Ouverte”20 ? Et quelles seraient les sources
conceptuelles et idéologiques de ce “paradigme néolibéral” ? Notre travail de recherche s’est
donc proposé “d’enquêter et d’investiguer”, pour reprendre les termes de B. Stiegler et de S.
Audier, sur une figure considérée comme déterminante pour la pensée néolibérale, à supposer
que l’on puisse penser l’homogénéité d’un tel paradigme. Lorsque nous parlons de
“néolibéralisme” nous désignons en réalité une multitude et une multiplicité de penseurs (…)///
16 Voir C. Laval, L’Homme économique et C. Laval, Bourdieu et Foucault face à la question
néolibérale
15 P. Dardot, La Nouvelle raison du monde et Dardot et Laval, Sortir de la nuit néolibérale…..
14 Voir aussi, Löwy Michael. Pierre Bourdieu, Contre-feux. Propos pour servir à la résistance contre
l’invasion néo-libérale, Paris, Liber-Raisons d’Agir. In: L’Homme et la société, N. 130, 1998. Illusion
identitaire et histoire. pp. 130-13
13 P. Bourdieu, “L’essence du néolibéralisme”, Le Monde Diplomatique, mars 1998, page 3
https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609.
12 Voir M. Foucault, Naissance de la biopolitique et Cours au Collège de France, et voir la Somme
monumentale et fouillée de S. Audier, Néolibéralisme(s). Une archéologie intellectuelle
11 Voir intervention de Matthieu Montalban, Bordeaux School of Economics-GRETHA au Séminaire
“Néolibéralisme(s), Libéralisme(s), Illibéralisme(s) : comment nommer les choses en philosophie politique
et économique ?” organisé par Mounir Zakriti, et R. Morisset,
Séminaire, SPH-IRM-CHANGES, Université Bordeaux Montaigne, 5 juin 2024, Séminaire « Néolibéralisme(s), Libéralisme(s) : Conférence de Raphaël Morisset
Mounir Zakriti, Thèse de Doctorat en Philosophie politique, Université Bordeaux Montaigne,
7
paradigmes et de politiques économiques qui ont dominé la scène européenne et occidentale
depuis la “révolution conservatrice” des années Thatcher-Reagan, perçue comme une
“revanche” contre le socialisme mais aussi, plus généralement, l’Etat-Providence
d’inspiration keynésienne. Si nous parlons de “néolibéralisme” c’est donc qu’il y a eu
intermède, rupture ou renouvellement par rapport à un libéralisme qui serait dit “classique”
[Voir article Nathanaël et voir “Qu’est-ce que le libéralisme” de C. Audard, et voir G.
Dostaler, Le libéralisme de Hayek et P. Nemo, La Société de Droit selon Hayek].
En réalité, comme le soulignent B. Stiegler et S. Audier, avec leurs perspectives différentes,
nous pouvons aussi faire remonter l’idée du néolibéralisme au Colloque Walter Lippmann21 /
(…)
qui prenait acte du fait que la crise de 1929 signifiait que le libéralisme économique et
politique classique devait être renouvelé ou dépassé ou reformulé en prenant en compte les
conditions techniques, économiques et politiques propres au XXème siècle : c’est-à-dire l’ère
de “l’accélération des flux”22
(…) / l’ère de la vitesse et de la généralisation de la société de
consommation, mais aussi l’ère des totalitarismes et d’une remise en question radicale des
démocraties bourgeoises. Voilà le point de jonction entre le Colloque W. Lippmann (1938) et
les membres fondateurs de la Société du Mont-Pèlerin (1949), donc F. Hayek : renouveler et
reformuler le libéralisme dit classique avec une optique et une perspective évolutionnistes,
ainsi qu’une ambition utopiste qui constitue un horizon téléologique, à savoir la Grande
Société.
Peut-on penser l’idée même de la politique sans idéal et sans utopisme ? S’autoriser à
reformuler à nouveaux frais, voire s’autoriser à refonder, à la fois et en même temps le
libéralisme et le système démocratie au XXème siècle, c’est inévitablement, avoir le “courage
de l’utopie”23 pour parler comme Friedrich Hayek. Hayek n’est pas seulement un économiste
qui a marqué le XXème siècle, c’est aussi un penseur du système, au sens hégélien d’une
architecture conceptuelle d’ontologie politique qui englobe et embrasse à la fois les questions
de la société, de l’individu, de la rationalité, de l’Etat, des institutions culturelles et politiques,
21 S. Audier, Le Colloque Lippmann,
mais aussi de la justice. Hayek part d’un constat sinistre, comme le sont beaucoup les
constats des économistes classiques et néoclassiques, qui ont fréquemment valu à l’économie
le statut de “science sinistre”, selon lui “l’idéal démocratique a avorté”24 et le siècle socialiste
menacerait de détruire la tradition libérale et avec elle la civilisation occidentale25
.
[Voir aussi La Route de la Servitude et LCDL, sur “La route abandonnée” Ch1, (1944) et “Un
siècle de socialisme” (1960)].
Nous allons défendre dans cette thèse l’idée que Hayek propose une ontologie politique
utopiste qui se présente comme un système du libéralisme contemporain au XXème siècle.
En effet, Hayek a une vision anthropologique et une vision totalisante du monde26 qui ne se
résume pas à une pure théorie économique27
Prendre pour objet la pensée de Hayek, c’est penser la contradiction même de l’idée, de
l’idéal, et du système en tant que système en politique, mais surtout se confronter à l’idée
d’utopie dans la pensée libérale. En effet, comme nous allons le voir, l’utopie, ou l’utopisme
était généralement associé au XXème siècle à l’idée ou à l’idéal socialiste ou communiste28
.
Hayek prend donc le socialisme suffisamment au sérieux pour adopter la même stratégie que
les socialistes29 vis-à-vis de l’opinion publique mais aussi la même idée de refonte radicale de
29 F. Hayek, Les Intellectuels et le Socialisme
28 Voir K. Mannheim, Idéologie et Utopie, et voir Michel Bourdeau, La Fin de l’utopie libérale. Notre
travail de recherche s’inscrit dans la continuité critique du travail pionnier de Michel Bourdeau, qui prit
la notion d’utopie chez Hayek au sérieux
27 Sur les rapports entre anthropologie et économie dans le paradigme néolibéral voir C. Laval,
L’Homme économique et B. Stiegler, Il faut s’adapter. Essai sur un nouvel impératif politique.
26 Michel Bourdeau, L’ordre spontané ou le Monde selon Hayek
25
24 F. Hayek, Droit, Législation et Liberté, Tome 3, 1979, PUF, Quadrige, (2022), Chapitre 16,
“L’avortement de l’idéal démocratique”, p. 781 : “L’on ne peut désormais méconnaître que des gens
de plus en plus nombreux, hommes de réflexion et d’intentions droites, perdent peu à peu leur foi en
ce qui était pour eux jadis l’idéal exaltant de la démocratie”.
(…) la théorie sociale et politique. Comment favoriser l’ordre spontané (30)
tout en adoptant une
critique aussi radicale de ce que Hayek appelle le “rationalisme constructiviste”31 ? Comment
sélectionner les “règles de juste conduite”32 sans passer par une forme ou une ordre de
rationalisme voire de contractualisme ? Comment penser l’émergence et la sélection des
règles de juste conduite, qui sont à la fois le produit de l’évolution33 culturelle, sans être
“explicitées par le langage”34
, qui créent l’armature de l’ordre spontané, mais doivent aussi
être sélectionnées et mises en place par une assemblée législative séparée de l’assemblée
gouvernementale35 ? Cette thèse de doctorat prend pour objet la pensée de Hayek en tant que
philosophie utopiste du néolibéralisme. Etudier Hayek permet de revenir aux sources de ce
que l’on nomme couramment “néolibéralisme”, bien que F. Hayek utilise plutôt le terme de
“libéral” ou de “Old Whig”. Étudier les sources et le contenu de la pensée d’un théoricien
majeur du néolibéralisme, c’est aussi étudier les problèmes politiques, sociaux et
économiques actuels et contemporains de notre temps. L’urgence de notre temps, l’urgence
de la réflexion nécessite précisément de faire un pas de côté pour scruter les sources, la
généalogie et la structuration de la pensée dite néolibérale, à travers l’une de ses figures
majeures. Nous nous proposons de lire Hayek en tant que philosophe36
, et d’en proposer une
herméneutique et une exégèse critique. Pour reprendre les termes de T. Aimar, F. Hayek a
toujours été, soit brandi comme porte-à-faux ou comme cible pour les détracteurs du
“néolibéralisme”, soit brandi comme penseur ultime d’un ultra-libéralisme et d’un
fondamentalisme du marché qu’il n’a pas été:
“Et si l’on savait moins de choses qu’on en ignorait ? Et si le principal enseignement des
sciences économiques était de nous apprendre qu’on ne peut pas modeler à notre guise une
société trop complexe, trop évolutive, pour être maîtrisée par des cerveaux individuels,
fussent ceux des soi-disant experts ? Même réunis en une assemblée aussi « brillante »
qu’eux ? Et si, tout simplement, il s’agissait de ravaler notre orgueil et de faire preuve
d’humilité ? De renoncer à vouloir améliorer sa vie en gouvernant celle des autres ? De
réfléchir plutôt que de se divertir ? D’agir plutôt que de commenter ? Telles sont les questions
36 Voir, P. Nemo, La philosophie de Hayek, Hayek a été relativement peu influent en France en
comparaison aux aires anglo-saxonnes et germaniques.
35 F. Hayek, DLL, T3, Un Modèle de Constitution
34
33 F. Hayek, DLL, La perspective évolutionniste et L’ordre spontané / Règles de juste conduite
32
31 F. Hayek, DLL, T1, Ch. 1
30 M. Bourdeau, L’ordre spontané ou le Monde selon F. Hayek et Cf. F. Hayek, DLL, sur la notion d’ordre spontané
(…) centrales posées par un auteur aussi critiqué qu’incompris : Friedrich Hayek (1899-1992),
prix Nobel d’économie. Hayek est sans doute victime d’un des plus grands malentendus qui
aient existé dans l’histoire de la pensée économique de la seconde moitié du xxe siècle.
En la vulgarisant à l’extrême, beaucoup, à droite comme à gauche de l’échiquier politique, ont
dénaturé sa pensée, pour l’instrumentaliser ou en faire une cible politique. Peu ont fait l’effort
d’interroger les différentes facettes d’une œuvre originale, foisonnante et complexe, qui
parcourt tous les champs de l’analyse sociale (psychologie, histoire, politique,
sociologie…).”37
Bien que Hayek ait été explicitement engagé contre toute forme de “socialisme” ou de
“pensée socialiste” à la fois dans les textes mêmes de son oeuvre et dans ses prises de
positions personnelles, et qu’à ce titre l’oeuvre de Hayek est à juste titre considérée comme
une oeuvre militante d’un théoricien militant38
, il faudrait ajouter que la pensée de Hayek ne
saurait se réduire à des considérations uniquement et purement idéologiques et se prête mal
aux simples jeux et enjeux de pouvoir. Pas plus qu’elle ne doit servir d’épouvantail brandi à
la moindre occasion par tous les critiques du libéralisme, elle ne peut constituer le paravent
intellectuel d’une quelconque démarche partisane et se convertir en évangile politique au
service d’intérêts corporatistes, que Hayek a lui même souvent dénoncé39
. Une partie de
l’œuvre de Hayek pourrait même être considérée comme une critique de la technocratie et de
l’ingénierie sociale40
. Sans aller vers l’anarcho-capitalisme, il prône la dissolution la plus
importante possible des pouvoirs politiques, totalement dépassés par la complexité croissante
des sociétés modernes. Leurs représentants ne font qu’agiter du vide, en cachant leur
impuissance derrière le masque de la communication. Notre thèse aborde les différents
paradoxes de l’utopie hayékienne, qui fut à la fois théoricien et militant41
. Comment concilier
la notion d’ordre spontané auto-généré et auto-régulé avec l’idée de la construction militante
d’une “Grande Société” en la “gouvernant par des règles”42? Penseur de la complexité, Hayek
produit une œuvre et une théorie à l’image du réel et de sa complexité : la contradiction est au
cœur de l’œuvre et de la pensée de F. Hayek. Le réel est en effet contradictoire, au-delà de la
42 Voir la thèse, Gouverner par les règles.
41 Voir notre recension, Mounir Zakriti, “Hayek théoricien et militant”, recension de M. Bourdeau, La fin
de l’utopie libérale. Introduction critique à la pensée / œuvre de F. Hayek, 2022 ?
40 F. Hayek, Scientisme et sciences sociales, Voir les passages sur la mentalité de l’ingénieur et de
l’homme d’affaires [Voir Bourdeau].
39 F. Hayek, DLL, La démocratie des marchandages et L’avortement de l’idéal démocratique
38 Mounir Zakriti. M. Bourdeau, La fin de l’utopie libérale. Introduction critique à l’œuvre de F. Hayek.
37 AIMAR, Thierry. « Introduction ». Hayek Du cerveau à l’économie, Michalon, 2019. p.5-6.
(…)
question de l’antagonisme entre classes sociales et de la confrontation entre intérêts
contradictoires.
Le premier intérêt de l’œuvre de Hayek réside probablement dans son épistémologie et sa
théorie sociale, théorie du social, qu’il ne sépare pas à proprement parler de la sphère
économique et qui est exposée dans Scientisme et science sociales. Hayek s’écarte de la
sphère de l’économie classique et néoclassique pour adopter une approche qui considère que
l’économie est encastrée dans un ensemble de phénomènes plus larges que nous appellerons
ici phénomènes sociaux ou anthropologiques. Hayek ne considère pas le Marché comme une
institution naturelle, mais bien comme une institution anthropologique issue d’une longue et
lente maturation relevant de l’évolution culturelle et d’une sélection des normes43
La pensée de F. Hayek, est, pour le moins que l’on puisse dire, une pensée à multiples
dimensions, une pensée à “mille plateaux” qui ne peut être réduite à sa seule dimension
économique, bien que cette dernière soit à la fois cardinale et déterminante. Il nous faudrait,
pour aborder F. Hayek dans l’originalité de ce qu’il a produit comme concepts, comme vision
politique, comme épistémologie, voire comme théorie politique globale, situer et localiser la
pensée hayékienne, et saisir le projet qu’il s’est fixé, ainsi que les lignes directrices qui ont
guidé ses travaux depuis Vienne, jusqu’à Chicago, en passant par Cambridge et la London
School of Economics et enfin l’Allemagne. La pensée de F. Hayek est historiquement
inséparable du contexte des années 1920-1930. Quiconque veut saisir l’originalité de la
pensée iconoclaste et hétérodoxe de F. Hayek, qui est loin d’être réductible à un simple
économiste, au sens où les économistes entendraient la notion ou le métier d’économiste
aujourd’hui, doit se souvenir de la trajectoire sociale et des traumatismes qui ont
profondément marqué la pensée de cet auteur. Il existe bien des lignes directrices, malgré les
paradoxes et les contradictions qui travaillent l’œuvre et la pensée de F. Hayek du point de
vue philosophique, qui guident son travail et qui sont comme des constantes. La première
ligne directrice qui traverse son oeuvre est la hantise, sincère et sans doute profondément
ancrée intellectuellement chez Hayek, du totalitarisme sous sa forme fasciste et sous sa forme
stalinienne, ou, du point de vue hayekien, sous la forme du socialisme soviétique, voire du
socialisme tout court, car comme nous le verrons, F. Hayek assimile presque toujours
implicitement socialisme, communisme, soviétisme et totalitarisme, notamment dans ses
43 Voir article sur group selection Et F. Hayek, DLL, les normes et les règles de juste conduite
ouvrages destinés plutôt au grand public, mais aussi à l’usage des hommes et des femmes
politiques (44)tels que La route de la servitude (1944) et La Présomption fatale (1988)
F. Hayek est donc le témoin de cette période bien particulière de l’Histoire de l’Europe que
sont les années 1920-1930. Les années 1920-1930 furent une période profondément trouble
politiquement , et une période charnière en Philosophie politique et en Économie politique45 à
bien des égards, puisque le libéralisme classique semblait s’effondrer avec la crise de 1929, et
que les notions de planification économique et sociale devenaient extrêmement en vogue
voire de plus en plus répandues et séduisantes pour nombre d’esprits. Prague et Vienne sont
des centres intellectuels bouillonnants. Ce n’est pas un hasard si la pensée de F. Hayek,
notamment son rejet profond du socialisme et du communisme bolchévique, mais aussi son
“obsession” pour l’inflation ainsi que les théories des cycles, la théorie de la monnaie, des
Prix et de la Production, comme variables fondamentales non seulement pour l’économie
théorique pure et l’économie de marché, mais pour l’ordre spontané de la “Grande Société”,
et plus généralement pour la “civilisation occidentale”46 coïncident avec cette période où des
secousses profondes vont atteindre “le coeur” des modes de pensées européens. Hayek ne
cessera jamais, tout en au long de ses travaux, de s’attaquer à l’idée même de planification,
sous tous ses aspects et sous toutes ses formes, notamment en cherchant à démontrer que “le
rationalisme constructiviste”47 était une erreur philosophique, épistémologique et scientifique
gravissime. Ces travaux et démonstrations avaient été entamés par L. von Mises
47 F. Hayek, Droit, Législation et Liberté, Tome 1, Règles et Ordre, Chapitre 1,“Raison et Evolution”,
pp. ……
46 Voir en l’occurrence ce concept récurrent de “civilisation occidentale” dans “La Constitution de la
Liberté”.
45 F. Hayek travailla notamment avec L. von Mises, ce qui le rattache d’une certaine manière à l’Ecole
Autrichienne, dont les autres représentants sont Menger et Bohm-Bawerk, entre autres.
44 Nous pensons ici notamment à M. Thatcher qui fit une lecture vraisemblablement très partielle et
partiale de F. Hayek.
[Hayek, Scientisme et Sciences sociales, 1952].
Hayek cherche donc, dans les années 1930 déjà, à renouveler le libéralisme, tout en étant nourri à la pensée autrichienne subjectiviste de C. Menger et L. Von Mises
56 F. Hayek, DLL, Tome 1, Chapitre 1
53 F. Hayek, Nouveaux Essais, atavisme, société tribale
///
d’une philosophie morale et politique qui se présente comme telle, puisqu’il affirme, et
réaffirme, de nouvelles notion sur le juste, le bien et le régime politique idéal, dans La
Constitution de la Liberté58 et dans Droit, Législation et Liberté59
. Hayek cherche à opérer un
double mouvement, à la fois retour vers le libéralisme dit classique ou pur ou authentique – à
supposer qu’il existe ou qu’il ait existé – et le reformuler à nouveaux frais. Hayek en réalité
crée un objet par ce geste philosophique du renouvellement. Si l’on suit Hayek, d’abord dans
sa biographie individuelle puis dans la généalogie de ses oeuvres, on voit un penseur qui
cherche à affronter et à contrer avant tout le socialisme et le communisme 2- sans forcément
opérer une distinction fine et approfondie entre le système soviétique et ce qu’il appelle
socialisme, mais après la Seconde Guerre mondiale, Hayek s’oppose à la fois au socialisme et
à l’Etat-providence qui porte les traces de ce que l’on a coutume d’appeler le “consensus
keynésiens”, mais ce serait une erreur de penser que Hayek serait un simple “conservateur”
ou un simple “réactionnaire”, du moins dans sa philosophie politique et économique.
Hayek cherche à renouveler le libéralisme “authentique, pur et originel”60 en quelque sorte –
nous reviendrons sur ces notions hautement problématiques de pensée politique
“authentique”, “pure” mais aussi sur la notion et le concept d’origine. Nous avons fixé
“l’origine” ou plutôt la cristallisation du libéralisme classique avec l’œuvre d’A. Smith, en
réalité nous préférons parler de “cristallisation” que “d’origine”, car la méthodologie
foucaldienne à laquelle nous nous référons nous a permis de comprendre que chercher une
“origine ultime” en histoire des idées ou histoire des systèmes de pensée est une entreprise
non seulement vaine mais qui peut aussi s’avérer dangereuse. Nous partons de la perspective
que F. Hayek constitue, dans la lignée précisément d’A. Smith, un derniers penseur total,
contemporain, de l’Économie théorique et politique. F. Hayek a cherché à démontrer que le
système économique socialiste ne pouvait que mener au désastre, par exemple avec l’idée,
notamment dans Prix et Productions (…) qu’une planification centrale et centralisée
conduirait à fausser le système des prix considérés comme les meilleurs signaux et les
meilleurs vecteurs de transmission de l’information dans une économie libre que F. Hayek
qualifie et définit par le terme “catallaxie” où des individus échangent librement des biens et
des services, mais aussi, plus largement interagissent librement.
60 Voir Philippe Légé et voir F. Hayek, “Individualism: True and False”, in Individualism and Economic
Order, 1948
3/ Le problème philosophique de Hayek : le problème cybernétique et cognitiviste de la connaissance-information dans la Catallaxie.
Comment gérer rationnellement la complexité et la spontanéité des ordres auto-générés dans
une “Grande Société” ?
“Spontaneous orders are an essential concept in political theory and political economy.
Such orders entail the impossibility of predicting outcomes in detail and hence controlling and
directing social processes. Many phenomena characterizing contemporary societies can be
depicted as spontaneous orders, from the housing and financial markets to the
evolution of norms and trends. Yet, it is well known that not every spon-taneous order is
beneficial. Therefore, what form of political framework is compatible with recognizing such
orders? In this article, I address this problem through the example of the work of Friedrich
Hayek, a prominent liberal theorist of spontaneous orders. His work shows the necessity to
theorize a government of spontaneous orders based on maximizing rea-sonable expectations
and individual freedom. I finally emphasize what such a theory implies for political
power, which is not abolished but should handle complexity appropriately”, Nathanaël
Colin-Jaeger, “Can we design spontaneity ?”, 202461
Tout penseur a un problème de départ nodal – parfois un ensemble de problèmes composés ou
imbriqués ou enchevêtrés les uns avec les autres et qu’il s’agit de clarifier et de questionner,
surtout lorsqu’ils portent des engagements ontologiques – qui le travaille et qui travaille le
tissu de son œuvre, fécondant ses écrits et sa pensée. De même qu’une architecture
axiomatique et conceptuelle grâce à laquelle il déploie sa pensée. Chez Hayek, c’est la
question de l’usage de la connaissance et de l’information dans une société ouverte d’individus libres, évoluant et interagissant au sein d’un ordre spontané perpétuellement émergent(…) / Nous pouvons ajouter à cela son horizon politique et idéologique (…)
62 Cf. “Economics and Knowledge”, and “The Use of Knowledge in Society” in Individualism and Economic Order, voir aussi B. Caldwell, Hayek’s Challenge, et Nathanaël Colin-Jaeger, 2021, « Reconstructing Liberalism : Hayek, Lippmann, and the making of neoliberalism »,
Oeconomia, 11(2) : 281-313.=
///
Pour Hayek il s’agit avant tout, comme projet politique négatif de réfuter la notion de
planification socialiste, et donc l’idée de justice sociale, et comme projet politique positif de
reformuler le libéralisme “Old Whig” (64) avec de nouveaux termes juridiques et évolutionnistes (65)
(…) ///
Le concept clef qui traverse l’œuvre de Hayek de manière transversale tout en étant le substrat est celui d’ordre spontané (67)
Cet “état de choses dans lequel une multiplicité d’éléments de
nature différente sont en un tel rapport les uns aux autres que nous puissions apprendre, en connaissant certaines composantes spatiales ou temporelles de l’ensemble, à former des
pronostics corrects concernant le reste, ou du moins des pronostics ayant une bonne chance
d’être corrects”68
. Cette définition que propose Hayek dans le Chapitre “Kosmos et Taxis” du
Tome 1 de Droit, Législation et Liberté porte en elle-même des germes de plusieurs
problèmes : notamment le problème de la rationalité, du rationalisme et des sciences sociales,
puisque Hayek affirme que la notion d’ordre permet de former des “pronostics corrects” ou
ayant une “bonne chance d’être corrects”, ce qui est justement une idée maîtresse de
l’interventionnisme économique voire de la planification. Soulignons aussi que la notion
d’ordre spontané qu’introduit Hayek relève autant de l’épistémologie que de l’ontologie
comme nous allons essayer de le montrer. Selon M. Bourdeau : “Contrairement à ce que l’on
pourrait croire, la principale raison pour s’intéresser à l’idée d’ordre n’est pas à chercher du
côté de la politique mais du côté des sciences”69 en s’appuyant sur Hayek : “ce fut en fait
d’abord entièrement en vertu de considération méthodologiques que je fus conduit à
reprendre l’usage du concept impopulaire d’ordre”
70 F. Hayek, DLL, Paris, PUF, p.120 ??
69 Michel Bourdeau, “L’idée d’ordre spontané ou le monde selon Hayek”, Archives de philosophie,
2014/4, pp. 663-687
68 F. Hayek, DLL, Paris, PUF, p. 120 ??
67 Voir la thèse sur les “Ordres spontanés” et Michel Bourdeau “L’idée d’ordre spontané ou le monde
selon Hayek”
//
65 Voir le Chapitre “Nomos : le Droit de la Liberté” in F. Hayek, DLL, pp…
64 Cf. Les penseurs libéraux et Cf “Gouverner par les règles” et Cf. “La perspective évolutionniste” et
“Raison et Évolution” in DLL
63 Cf. “Le calcul socialiste”,…, in Individualism and Economic Order, voir La Route de la Servitude
(1944), qui est une sorte de Manifeste destiné “Aux Socialistes de tous les Partis” où la question et
les termes de “planisme” et de “planification” sont quasiment cités dans chaque titre et dans chaque
chapitre, prouvant que l’oeuvre de Hayek est double, refonder le libéralisme ET réfuter le socialisme
en rejetant toute forme de “planisme” ou de “planification” est voir aussi L. V. Mises “On Human Action” ///
{ Mounir Zakriti, Thèse de Doctorat en Philosophie politique (…) }
La « Grande Société », concept qui n’est pas dénué d’intérêt, au vu des dérives populistes, suprémacistes, fondamentalistes, obscurantistes et illibérales, comme résultat paradoxal des politiques dites néolibérales esquissées dans les années 1970-1980 au prétexte de la Stagflation, constitue à proprement parler son utopie. Mais il s’agit pour nous de distinguer le plan épistémologique de philosophie des sciences, du plan de l’ontologie. Nous défendrons l’idée
que l’épistémologie de Hayek débouche sur une ontologie politique.
Mais il s’agira pour nous d’abord d’examiner les rapports entre le normatif et le positif chez Hayek (83) et donc la question des valeurs, pour ensuite expliciter la dimension ontologique de son œuvre tout en analysant les concepts épistémologiques qu’il mobilise. Chez Hayek, ce qui est découle de ce qui devrait être, c’est-à-dire le vrai libéralisme, et le modèle social et politique qui devrait
être, c’est celui de la Grande Société, qu’il s’agira de comprendre et d’analyser.
83 S. Badiei, G. Campagnolo, A. Grivaux, Le positif et le normatif en philosophie économique, Editions Matériologiques, 2022
82 Voir la référence à Adam Ferguson et Bernard Mandeville
81 F. Hayek, LCDL, 1960, l’apport du constitutionnalisme américain et F. Hayek, DLL, Tome 3, “Un nouveau modèle de constitution”
80 Voir F. Hayek « Individualism and Economic Order » //
7. Problématique de recherche et Définitions/Hypothèses :
Comment penser ensemble ordre spontané et justice sociale ? Comment penser ensemble ordre spontané et rationalité évolutionniste ? Quelles sont les normativités propres sur
lesquelles reposent l’ontologie sociale et politique qu’est la Grande Société, cette utopie militante revendiquée ? Après la crise des subprimes de 2008 et la crise de la dette qui a suivi dans la zone euro en 2009-2010, nombre de voix se sont élevées, notamment parmi les
économistes, comme les Économistes Atterrés par exemple, pour questionner ce que l’on appelle communément en économie la “pensée unique” ou pensée “mainstream”. (…)
Pensée globalement née et cristallisée autour du Consensus de Washington et des Traités Européens (…) ///
98 Voir P. Légé, Hayek : penseur génial ou incohérent ?
97 Voir L. Francatel-Prost, Le Vocabulaire de Hayek, Ellipses, 2003
96 Voir Bruce Caldwell, Hayek’s Challenge et la biographie Hayek a Life
(///) _ (…)
//// […]
To re-write and edit / publish in English, hopefully in USA « some-where ». In 2026 (2027) ?
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