Poème 6. Page 22.
L’abîme te fixe où quand
le Danube la Vistule congruent la Seine
A Alicja, février 2018
Veux-tu Ami
Cet hiver haletant
La Lune qui nous montre Varsovie
les illusions comme infini diadème
Où la Nuit coule comme un manteau amène
Où le Danube la Vistule congruent la Seine
A flots Varsovie et Moscou nous ont marqué à vie
Les Murs la Chair
Ainsi est née des Tatouages la Diplomatie
-From Vauxhall once and for all
Never Complain Never Explain
Ménageons et Londres et Moscou –
Chaque vers une balafre que j’assène
Dans ma Chair les Pulsions de la Seine
Chaque vers est une crucifixion de plus
Paroles dérivant de l’ailleurs
Sans rimes sans valeurs
Ni haine ni amour
Je marche comme un Templier
Pourquoi la religion des marchands
Pourquoi les temples des plus offrants
Nous ne connaissons ni Ascension ni Rédemption
La Pulsion La Litanie
La Passion La Boussole
Lorsque l’abîme vient et te fixe
Lorsque dans l’abîme tu frissonnes
Lorsque de siècles lointains te parviennent
Les voix et les prophéties hugoliennes
Lorsque le Verbe s’abat sur ton Corps
Lorsque la Nuit sans remords
Vient te commander
A mort la Littérature à mort les écrivain.e.s
Demeure l’Humanité infinie souveraine
L’Humain derrière la chair
Ne savais-tu que la DGSE te laferait à l’envers…
Comme le Châtiment de Dieu
Homme qui arpente le Domaine de ton Seigneur
Le Verbe vient récompenser
Le Verbe pour compenser
La Déréliction
et payer ton irrémédiable Malédiction
Nous errons le Coeur nu et en bandoulières
Les mains qui ont inscrits sur notre peau
Les Signes et les Sigles indélébiles
Dans une encre qu’Elles seules peuvent voir
Nous offrons ainsi
Soldats de la République notre Vouloir
Passagers qui traversent à toute allure
Les grimoires leurs usages et à fleur de peau les enluminures
Nous déposons nos Manuscrits et nos Libations
Eternal Dreamer as they call Us in Oxford
Nous confions tantôt to Nathalie or to Youlia
Le soin de conserver aux quatre coins de l’Europe
Les Traces de notre Esprit
Nous qui voulons vivre Inconnu aux Orbites vides
Le dos et la poitrine décorés
Vers le Ciel tournés Homme d’Ovide
Nous sommes la Spiritualité de la Modernité et ses Défenseurs
Gardiens de Paris, Londres, Dublin et Prague
D’un côté notre Amoure pour la Troisième Rome et les Slaves
Et de quelques autres le Paradigme irlandais
Et l’Ombre de Berlin
Nous sommes Vieux
et c’est ainsi que nous sommes Arabes, Rifains
et sommes toutes Européens
La République Mondiale des Lettres n’admet ni Frontières ni Idéologies
La Passion La Boussole
Vient la Nuit vient le Matin
Je n’ai de Religion que les Yeux de la Femme avec qui je me réveillerai demain
Je n’ai de Religion que mes Litanies et mes Psalmodies
Ni Mosquées Ni Synagogues Ni Cathédrales
je m’agenouille hérétique je prie
Et je rédige moi-même Palimpsestes et Manuscrits
L’Homme qui viendra me dicter ma Foi n’est pas prêt de naître
Paris m’a fait Poète et bien d’autre choses
Dites-moi ce que la France et Paris ont d’autre que Nous ?
Qui sauvera la Littérature européenne et tiendra le Rang
Noblesse oblige –
histoires d’Aristocrates
Qui s’adressera à Goethe, Eliot et Hugo ?
Plus vieux qu’un De Profundis
Encore une Crucifixion pour les murs du Panthéon
Encore une Crucifixion pour la Mémoire
Et encore une pour la route
Paris vaut bien quelques balafres
Et quelques coups de putes
Une dose de Cidre et de Ricard
Moi je veux mon saucisson et mon pinard
Translater en Haute Couture
Seul le Barbare Romanisé comprend vraiment Rome
Ménageons Londres et Berlin ô tempétueuse Moscou
qui t’abats sur la Haute-Savoie
Le SVR et le GRU n’ont pas la Foi
Vous êtes tombés dans nos pièges dix mille fois
Vassaux des chinois et des FAFS
Laisse-nous donc porter quelques couleurs Slaves sans pulvériser le gravat
Dans chaque Capitale qui sait rendre hommage
Aux vrais esprits libres de ce Monde
Je dépose mes Offrandes et mes Manuscrits au milieu des paysages
La Griffe tissée avec quelque saint esprit
Benjoin Encens et Lavandes
Nous rasons les Murs de saint étienne du Mont
à la Recherche de quelques Parfumns
Le Carnet pour maintenir Molloy en vie lui qui hume
La pierre à la Recherche de quelque vitale fragrance
Anna me regarda de Saint-Pétersbourg avec ce regard si perçant
Dans quel chapitre veux-tu donc me mettre
Ou la Poésie me permettre
Je me dis ma Foi voici donc le génie russe et slave qui s’incarne
La jeune linguiste en quelques heures comprit
Que mon seul véritable souci
Que tout ce qui m’importe dans cette vie
Est de finir un jour un Livre
De faire converger tous les Fragments
Le Monde disait Mallarmé est fait
Pour finir en Livre
L’oeuvre l’oeuvre l’oeuvre,
construire
Tu es pressé d’écrire
disais-tu René
Pressé de produire
contre la littérature surannée
Revisiter Goethe et Blake
Pour tutoyer mes Aînés
Architecte d’une invisible géométrie
La jeune linguiste me fit comprendre et admettre
en quelques heures
Ce que j’aurais mis toute une vie à comprendre
Voilà ce que je cherche moi votre Voyageur
Comprendre de quoi est faite ma Substance
Faire de vos Archives une Poésie
Je n’ai jamais vraiment eu ni camp ni idéologies
Seule mon Humanité me préoccupe
Trouver quelque authenticité humaine,
Les baisers d’Alitza sont vieux et moi-même
Je suis devenu un Soldat mort et ressuscité mille fois
La Vistule enlace telle une sirène
La Vistule et le Danube les Soupirs de la Fée
ou de quelque Reine
Je ne cherche que Matière et Substance pour mon Alchimie absconse
Je veux entendre résonner à mes oreilles
Les voix de Berlin Londres et Dublin
Protéiformes je ne suis que ce j’écris
Et je cracherai encore demain sur les soleils noirs de l’oubli
Ecrire ou Mourir : telle est la Sentence du Ciel
J’arrache ainsi au Monde le Matériau
Pour produire dans mon Antre
Entouré de 200 ans de Messes Noires
Forger ainsi pour la poésie pure les purs Déboires
Je renvoie ainsi dans chaque phrase
A pas aveugles de par l’Europe
la verbale et la nominale s’allongent
Le fragment commence et se prolonge
Jamais je ne finis de Proposition ni d’Assertion
Prédiquer est déjà une atteinte à la Liberté du Monde
Si tu comprenais ce que j’écrivais lecteur niais
Tu irais te réfugier pour éviter tous ces Fleuves d’humaine sauvagerie
J’ai le verbe tantôt dionysiaque tantôt mélancolique
Quelques litanies sataniques
Quelques palimpsestes romantiques
Quelques effacements obliques
Quelques psalmodies mélancoliques
Quelques planches théologiques
Je tire je tire sur un matériau jusqu’au délire et jusqu’à l’ivresse
La transe que le prêtre tanse
Ne vois-tu donc pas pâlir les Surréalistes
Desnos himself revenir
C’est ainsi que la poésie de l’absence
Le Verbe de la Présence
Accepte le Monde mais avec Abnégation
Rémanences Under Influence.
MZ, in « Allègres Métamorphoses ».
Plutôt mourir que faillir – Fluctuat Nec Mergitur
Ma République Mes Lettres
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