Poème 12. Page 33.
Une Nuit, Paris, Panthéon, 2017
Comment interpréter un vieux poème ?
Les quatre-vingt-dix-neuf équations d’orfèvre et l’esprit de l’exil
Éros, Amour, Liberté –
et Phraséologie.
Ce Corps cette Sainte-Icône
Quelles pulsions pour cette civilisation
La francophonie comme butin de guerre
Vois-tu le Chauvinisme de l’Universel
Une Verge Arabe et la Passion du Verbe
Le Bougnoule qui s’approprie
La Langue la Pensée la Culture
J’ai taillé et creusé dans leurs vieilles sépultures
De vastes espaces de subversions
Mais croyez-vous que j’ai l’islam en tête ?
Que Nenni – La Subversion est ma Théologie
Polymorphes et protéiformes
Dirons-nous un Jour ce que nous sommes
Iels veulent la Civilisation, mais pour leur seul cul
Combien de Crimes n’ont-ils pas commis
Au nom de leur Civilisation pardi
Je vois toujours dans tes yeux Micol, l’humanité et la passion
Norbert Elias avant l’heure, Norbert avant-coureur
Je ne suis ni courtois, ni civilisé
Et pourtant !
Je te disais, je suis ici à leurs yeux violents un sauvage
La Civilisation et la Discipline sont les Sceptres du Colon et sa chienne la Colonne
Et quels que soient voyez-vous les gages
Vous viendrez encore nous ficher et nous inspecter le cul avec rage
Où sont les atomes de l’islam et de l’islamisme ?
A quel point vos verges sont-elles méchantes et masculines ?
Quelle est la longueur de cette barbe ?
Quelle est la barbarie de ces mots arabes ?
Combien d’euros avez-vous dans l’os et l’anus?
Prosternez-vous une, deux et trois fois !
Devant Notre Liberté et la République – nous sommes vos Seigneurs et vos Rois !
Qu’entendons-nous ? Voulez-vous aussi être libres ?
Nous sommes la Norme, la Blancheur et la Loi !
Posez front à terre ! Remerciez le Ciel, le Paradis et l’Enfer !
Vous êtes dans la Civilisation et ses Fers !
Voici comment on parle – si l’on vous autorise !
Vous vous souviendrez parfois de la sauvagerie de la civilisation
De vos cultes morbides,
vôtre et notre et leur damnation
Mon coeur en est certes pétri
point pour être votre serviteur
Je me tenais, silencieux et meurtri, aux portes de l’ineffable
Curieuse posture, curieuse fragmentation, ah l’inexorable
Je voyais la vie comme un Livre, un Parchemin,
Parsemé de trous, de brèches et de diantres les chemins,
Tu fus ainsi,
sur les dernières pages d’un voyage,
L’une des enluminures et des motifs ultimes
Transgressant ainsi tant de leurs règles
Ah, cette Société et sa pesanteur
Leur.e.s féminisme violent.e.s et ses lourdeur.e.s
Et au-dessus de ma tête, icônes rassurantes,
Ta Sainte-Vierge et la Croix du Seigneur
dans tes bras élire demeure
Tes baisers et tes soupirs
Dans mes bras t’entendre gémir
Ainsi l’univers devient moins hideux et moins froid
Emporte-moi donc
Je m’avançais vers d’autres cieux,
prisonnier d’insolences et épris de libertés
Adieux, adieux, adieux
nous nous sommes aimés et indignés
Et mes paroles, dirait-on, rendirent la Méditerranée amoureuse
Et pourtant les Eaux et les Mers demeurèrent silencieuses
Monde âpre et violent,
Entendras-tu encore ces souffles qui se rejoignent,
Nous vécurent avec légèreté, de lourdes et pesantes questions
joyau de mes souvenirs autour du Panthéon
Inscrite sur une roche indélébile
Car ton amour réside désormais dans mon être
Ainsi que je suis, sauvage hétérodoxe
Créature à la peau mille fois trouée
Ainsi nos ébats nous firent quitter
Le Réel et sa vacuité,
Tu me fis nager sans noyade
tendre sicile
ces curieux conciles
Réminiscences,
Quelque part à Normale Sup, aux milieux de loups, de requins, et de miliciennes.
Mounir Zakriti, in « Allègres Métamorphoses », Bordeaux-Paris, 2015-2025.
E Pluribus Unum – Fluctuat Nec Mergitur.
La République Mondiale des Lettres.
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