En hommage à Walter Benjamin et à Norbert Elias
Poème 5. Page 20.
Normale Sup’ – Section Lettres, 2016.
Ne ressemblons-nous pas, ah ce Siècle maudit
- Génération qui autour de Bachofen et Iéna se réunit
Aux querelles panthéistes de Spinoza et Jacobi ?
Le Capital nauséabond qui la Chair humaine pervertit
Ne rassemblons-nous pas aux années proto-fascisantes
Romantisme et Symbolisme comme diantre voix résistantes
Somewhere between the Aufklarung and the SturmUndDrang
1899, 1919, 1929, 1939, 2009
Cycles et Fluctuations
Kondratieff ou Léontieff
Structures et homologies frappantes
L’ombre de Benjamin lisant Baudelaire
Norbert Elias disait
l’Ordre de la civilisation meurtrière
Lyrisme Symbolisme à l’âge du néolibéralisme
La Poésie fractale à ses balbutiements
Observe, Ami, cette obscure exigence
Observe avec nous le Perspectivisme et la Dialectique des croyances
Par-delà Croire et Savoir
Par-delà le Sacré et l’Encensoir
Par-delà le lien et la coutume
Nous ressemblons à ceux de Birkenau à qui on dit :
» Le Travail libère le corps et l’esprit «
Et souviens-toi de Benjamin
Et de l’humaine impuissance
Ceux-ci et ceux-là sont les brèches d’incendies
Quarante années déjà que l’on nourrit
Les incendies à venir
Déréguler – Déréglementer – Décloisonner
Voici la Loi et les Prophètes
Et moi qui ne suis qu’un poète-nomothète
L’Humanité est devenue sale
A chaque époque le Capital nous veut son Vassal
Ouvrez donc les Vannes des Profits
Je suis les yeux sans orbites qui psalmodient
Les mèches qui depuis 40 ans l’on nourrit
A couper il était déjà 39′
Mais à quoi penses-tu Esprit des Absentes
Ces Maîtres allés chercher aux Styxs des Roses
Ajoutons-y nos propres Triangles : Rouges Blancs et Noirs
Nos Paroles ne sont que psalmodies au bord d’un encensoir
Je porte une soutane et un grimoire
Allant ainsi porter ma griffe et ma signature
Chez les grandes nations les sépultures
Toujours amères comme le sourire de Gorki
La Parole comme Ailleurs
La Parole pour de belles jeunes filles en Fleurs
La Parole comme balafre d’une mystique douleur
La Pulsion La Prière
Ah, tu ignores ami ces lucidités mortifères
Qui viennent au bout de la phrase et oblitèrent
Tout ce qu’il reste de mon génie damné
Une Noblesse altière
A qui Seigneur tu enseigneras le Silence Monastique
Les Sept Sceaux Sceptres de la Silencieuse Ascension
Ailleurs – Ailleurs – Ailleurs
Mon coeur est un radeau qui suffoque et se noie
L’Exil Seigneur de ce gouffre en moi
Un Exil intérieur
Mon âme ne vit que dans l’Exil
Les Renseignements te disent un fugitif de crayons
Mais entends-tu ces puissantes réverbérations
Ces arborescences subtiles ?
La Poésie comme Sacerdoce Universel,
Mais mon coeur n’a que Paris pour Capitale éternelle.
– Enfants Terribles de la Rue d’Ulm –
Mounir Zakriti
E Pluribus Unum – Fluctuat Nec Mergitur
in « Allègres Métamorphoses », Bordeaux-Paris, 2015-2025.
La République Mondiale des Lettres.
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