Dieu, la Morale, la Religion et la torture éternelle : Dante, Kafka et Norbert Elias jugent Allah et Yahvé.

Le procès des monothéismes : être athée ou irréligieux ou tout simplement non-religieux signifie-t-il nécessairement, par implication mathématique, être « amoral » ou « immoral » ou « mauvais » ? ( A supposer qu’il puisse exister des catégories universelles et atemporelles sur « Le Bien et le Mal » ).

Pascal Boyer lecteur de Baruch Spinoza. L’Anthropologie cognitive contre le Coran ou comment faire le Procès d’Allah et de ses « Livres ».
« Pourquoi existe-t-il des religions dans le monde ? Ont-elles une origine commune ? Pourquoi les gens sont-ils croyants ? Nous sommes ici face aux interrogations les plus fondamentales, les plus intemporelles et peut-être les plus cruciales pour l’avenir des hommes sur la terre.
Dans cet ouvrage novateur, Pascal Boyer apporte des réponses concrètes en s’appuyant sur des recherches en sciences du cerveau, en anthropologie en psychologie et en biologie de l’évolution. Cette approche croisée permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi la force de ces croyances peut pousser les hommes au don de soi mais aussi à l’intolérance et au fanatisme.
Bouleversé par cet essai qui a changé son regard sur les croyants, Joseph Béhé en livre une adaptation remarquable qui permet, par l’image, de rendre accessible au plus grand nombre ces questions essentielles ».
https://www.futuropolis.fr/9782754809368/et-l-homme-crea-les-dieux.html

« Pascal Boyer a étudié la philosophie et l’anthropologie à l’Université de Paris et à Cambridge, où il a effectué ses travaux de doctorat avec le professeur Jack Goody, sur les contraintes mémorielles posées par la transmission de la littérature orale. Il a effectué des recherches anthropologiques de terrain au Cameroun sur la transmission des épopées orales fang et sur la religion traditionnelle fang. Depuis, il a surtout travaillé sur l’étude expérimentale des capacités cognitives qui sous-tendent la transmission culturelle. L’objectif est de rassembler des preuves comportementales, développementales et neuro-cognitives de capacités spécifiques à un domaine dans l’esprit humain. Une application anthropologique de ces résultats a été une série d’études sur les concepts religieux et leur mémorisation, ainsi qu’une description plus générale des processus cognitifs impliqués dans la transmission des concepts religieux. Après avoir enseigné à Cambridge, San Diego, Lyon et Santa Barbara, Pascal Boyer a rejoint son poste actuel dans les départements d’anthropologie et de psychologie de l’université de Washington, à Saint-Louis. Il est l’auteur, entre autres, de Religion Explained (Basic Books, 2001) et Minds make societies (Yale UP, 2018) ».
https://www.paris-iea.fr/fr/liste-des-residents/pascal-boyer

Pour moi qui suis un simple lecteur des grands philosophes, je ne vois aucun lien entre religions, surtout religions monothéistes, au sens institué et institutionnel du terme, et moralité ou « sens moral » des choses, devrions-nous dire. Si tu veux « être quelqu’un de bon » ou plutôt devrions-nous dire, te comporter avec les autres êtres humains ou encore les êtres vivants « avec bonté et âme charitable », il faudrait déjà regarder si les conditions socio-économiques te le permettent, et si tu agis de manière intentionnelle et libre, et surtout, si la visée de ton intention est le fait  » d’essayer de faire du bien autour de toi  » ou bien si tu « fais le bien en échange de quelques bons points que te donneront les Anges d’Allah postés sur tes épaules ».
Comme le dit Kant, si tu fais le bien en espérant avoir « des cadeaux d’Allah » et « aller au Paradis », ou par « crainte de la torture éternelle », c’est qu’il est fort probable que tu aies « un petit côté mauvais et pervers », si la seule chose qui t’empêche de « faire du mal à autrui » c’est la crainte d’Allah et l’espoir d’aller au Paradis.

Même du point de vue de l’anthropologie culturelle ou de l’anthropologie cognitive, et surtout du point de vue de l’anthropologie, nous avons, nous Homo Sapiens, développé un « sens moral » et « des codes sociaux », sous formes de « codes moraux » (c’est-à-dire ce qu’il est bon de faire ou mauvais de faire), bien avant la naissance des « nouveaux venus » dans le règne animal et la vie de l’esprit, que sont les clercs et les Églises monothéistes, avec des Tables de Lois ou un Coran qui serait la « pure parole de Dieu prononcée pour l’éternité à la lettre près, parole lettrée de lettrés littéralistes qui serait plus sacré que la vie humaine ». Sachant que cette parole pourrait conduire à la « torture infernale et éternelle dans un lieu démoniaque après la mort de l’individu et la dissolution de nos cadavres ».

Pour parler du Coran, un livre que j’ai lu et relu, ce tableau d’un Dieu omniscient, transcendant et omnipotent, qui parlerait à certains hommes élus par ses mystérieux soins, pour nous prévenir que si jamais on ne croyait pas en lui et qu’on n’exécutait pas ses ordres et sa volonté; notamment ne pas manger n’importe comment et ne pas forniquer avec n’importe qui, on serait torturés pour l’éternité dans un lieu shakespearien ou dantesque, ou encore Kafkaïen, après la disparition de nos cadavres; cela me semble être une « histoire pour faire peur aux enfants » ( ce qui est littéralement le cas ), ou encore une mauvaise pièce de théâtre, ou encore un roman d’horreur avec quelques passages pornographiques.

Quand on lit le Coran avec un regard critique ou universitaire on y voit tout simplement un de ces nombreux récits à qui l’on a conféré une forme de sacralité par la Langue et par la Tradition, que l’on nomme d’un point de vue technique et universitaire des « Mythes » ou encore de la « Mythologie » (en Arabe « Khourafates »).

Sur la question de la nature des Mythes voir « P. Veyne. Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante. »

Pour moi qui ai lu « Le Coran des Historiens », je ne vois dans le Coran qu’un livre qui veut avoir l’absolu monopole sur la langue, la littérature et la poésie Arabe, ainsi que l’absolu monopole mégalomaniaque sur les Mythes et la Mythologie que Homo Sapiens a pu produire ces quelques milliers d’années, ou plutôt depuis que Homo Sapiens a inventé l’écriture puis la pensée abstraite et symbolique.

Sur la question des mythes, des langages mythologiques, et du « sens symbolique », voir Ernest Cassirer, Langage et mythe, À propos des noms de Dieux. Traduit de l’allemand par Ole Hansen-Love. Si Allah se met en colère contre nous, ça risque de mal tourner pour nous, comme un père fouettard qui nous aimerait malgré nous ? Ou bien « Allah » désigne en réalité des Structures Sociales ou Socio-Economiques – et toute structure humaine est anthropologique par définition et par substance – trop complexes à décrire en quelques mots ?

Allah est une extrême simplification pour les grandes questions que se posent les Homo Sapiens depuis qu’iels ont inventé l’écriture, la pensée abstraite, et surtout depuis qu’iels pensent au passé, au futur, au destin, aux morts, aux disparus, aux choses abstraites et aux questions absurdes et mal formulées comme « D’où vient l’Univers et est-ce que quelqu’un a créé l’Univers ? Quel est le sens de la vie ? Et pourquoi existons-nous ? Et mon groupe de signification cognitive a-t-il raison ou plus raison que les autres groupes et les autres communautés ? »
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