Essai sur la question de l’universalité des Droits Humains. Une lecture hérétique de Amartya Sen.

L’année dernière une étudiante et sa soeur jumelle, que l’on appellera Mawffaq me disent « C’est le fait que tu fasses du Droit constitutionnel et de la Philosophie du Droit dans ta thèse qui nous fait chier ». Elles aiment bien dire « Nous », pour dire « Nous, la communauté s’identifiant ou se reconnaissant comme Musulmans Marocains Conservateurs du Makhzen ». C’est aussi une manière d’exister : faire partie d’un groupe, d’une communauté, d’une Eglise, se sentir comme investie par les pouvoirs tentaculaires de services comme la DGED à Bordeaux.

Donc « Le Droit Constitutionnel et la Philosophie du Droit » créent de la peur, de l’angoisse et un sentiment de menace chez les Musulmans Conservateurs, notamment proches du Régime Marocain ou se sentant proches du Régime Marocain. Cela signifie plusieurs choses: si étudier « Le Droit Constitutionnel et la Philosophie du Droit » peut faire « chier » les réseaux Marocains à Bordeaux, surtout chez les « petits et les petites », donc les Droits humains fondamentaux existent bel et bien.

Rien que le fait d’étudier ou de s’intéresser au « Droit Constitutionnel » et à la « Philosophie du Droit » et à la « Philosophie politique » semble poser problèmes à ceux et à celles qui pour une raison ou une autre, semblent s’identifier psychologiquement, socialement, religieusement ou politiquement à une Monarchie absolue autoritaire, de droit divin qui plus est, où il n’existe quasiment pas de séparation des pouvoirs ou de réelle liberté d’expression…

Au moment où la petite Meriem et sa soeur jumelle, qui « se prend pour une poupée » (probablement une poupée musulmane qui se croit pure car « musulmane »… A-t-elle seulement lu le Coran, by the way, en arabe classique ? A-t-elle seulement conscience de la violence et de l’impureté et de la perversion à la fois du Coran, de la Théologie musulmane et du Régime Marocain auquel elle semble s’identifier ? J’en doute fort….), me parle de « Droit Constitutionnel », j’écrivais une Thèse de Doctorat en Philosophie politique sur la question de la Justice sociale dans le (néo)libéralisme de Friedrich Von Hayek.

Hum. Donc les réseaux marocains à Bordeaux s’intéressent à la Philosophie du Droit, et à ma thèse de Doctorat, à mes lectures, à mes recherches, à mes écrits. Cela veut-il donc dire que je suis sur la bonne voie, à la fois en tant qu’écrivain, que chercheur et penseur qui se voudrait à la fois européen et international ?

Revenons sur la question des Droits humains, qui est une question fondamentale pour le Régime Marocain, mais aussi une question fondamentale de manière universelle. Quand on lit (ou relit) l’ouvrage d’Amartya Sen, Prix « Nobel » d’Economie, « L’idée de justice », on voit se poser la question « Qu’est-ce que les Droits humains » au Chapitre 17, « Droits humains et impératifs mondiaux ».

Ainsi, le Régime Marocain ne peut se soustraire à cette question, qui est une question mondiale que des économistes internationaux et internationalement reconnus posent dans tout ouvrage sérieux sur le développement économique et social, puisque le Régime Marocain revendique être un « Pays en voie de développement et en transition démocratique » ( Ce qui signifie que ce même Régime reconnaît être ou avoir été une dictature violant les Droits humains fondamentaux et universels, qui concernent TOUS les Pays et TOUS les êtres humains ).

Je prends le cas du Régime Marocain VS Amartya Sen comme exemple, car l’une des raisons qu’avancent les réseaux marocains à Bordeaux ou ailleurs, notamment proches des ramifications de la DGED et du Makhzen dans sa branche autoritaire, c’est que la « Démocratie et les Droits Humains », c’est une question occidentale et l’affaire des européens, ou encore que cela ne concerne pas le Régime marocain dans ses « spécificités culturelles » ( comme si les Marocains étaient substantiellement incompatibles avec la Démocratie et les Droits Humains, ce qui est à la fois infantilisant, méprisant, raciste, essentialiste, rabaissant, et insultant autant pour les Marocains que pour Abdallah Ibrahim, A. El Youssefi, A. Bouaabid, Mehdi Ben Barka, qui fut président du Parlement Marocain, mais Mohmmed Bensaïd Ait Idder, etc, etc, etc… ).

Non, la question des Droits Humains fondamentaux et de la Justice sociale sont des questions mondiale et universelles, que ce soit dans l’oeuvre de Amartya Sen ou autre. Car cela touche à quelque chose de fondamentale : l’être humain en tant qu’être humain et la dignité d’un être humain.

Par ailleurs, quand on pose « Qu’est-ce que les droits humains » et « Existe-t-il quelque chose comme les Droits humains », la première réponse est « Oui, il existe plusieurs Déclarations Universelles des Droits Humains ainsi que des Conventions et des Chartes internationales, élaborées progressivement après les catastrophes de la Seconde Guerre Mondiale, et auxquelles le Maroc a adhéré dès les années 1990 ». Et « Oui, il existe un Droit International à respecter ».

En reprenant la distinction classique ce « ce qui est et ce qui devrait être », Amartya Sen va plus loin en nous rappelant que l’existence de législations défaillantes, ou encore l’existence de violations des Droits humains, ne signifient pas que ces derniers n’existent pas ou ne peuvent pas exister, mais bien au contraire, qu’ils sont l’impératif moral catégorique qui indique ce qui *devrait et doit être*, et ce qui *doit inspirer la législation*.

En effet, un des combats des franges autoritaires du Régime Marocain c’est de convaincre ou de laisser croire que « La Démocratie et les Droits humains » sont l’apanage de l’Europe et des puissances coloniales, notamment la France. Comme si les Marocains n’étaient pas des êtres humains possédant une dignité universelle, inaliénable, tout comme des citoyens Indiens, Américains, Français, Malgaches, Australiens, Chinois ou Hongrois, ou que sais-je encore.

1– L’approche utilitariste et instrumentale des Droits Humains : sans une forme ou une autre de Droits Humains Constitutionnels, aucune économie de marché ne peut fonctionner ni prospérer. Si l’on veut vraiment « le développement », il faut accepter que l’Economie d’un Pays ne soit pas monopolisée par un capitalisme de connivence qui use à la fois de l’Autorité Etatique, de l’Autorité Judiciaire et des Services de Renseignements pour s’approprier des richesses ou pour écraser la concurrence. Friedrich Von Hayek, pur libéral, que l’on ne peut pas qualifier de « gauchiste ou islamogauchiste », démontre ce caractère fondamental de la Liberté individuelle dans sa « Constitution de la Liberté » (The Constitution of Liberty, 1960), qui semblait tant « gêner et faire chier » la petite « poupée » Meriem….

Sans Droits Humains Fondamentaux, points de Libertés, sans Libertés ( et capabilités ), point de productivité, point de progrès économique, point d’innovation, point de création d’entreprises, point d’investissement, donc chômage, autoritarisme et stagnation, et adieu « Le Pays en Voie de Développement ».

Economie de Marché réellement Libérale est incompatible avec l’usage de la DGED, de la DST, des RG et de PEGASUS pour contrôler et réprimer les journalistes, les activistes, les dissidents, les hérétiques ou les opposants, etc, qui sont les forces vives d’une Nation, puisqu’ils jouent le rôle de contre-pouvoirs et de dénonciations de la corruption et de la perversion. A ceux qui m’ont traité de « pervers » car je défends les Droits Humains Fondamentaux et le Libéralisme Social-Démocrate, et bien évidemment la liberté d’expression pleine et entière, je réponds que je ne connais point de plus grande perversion que l’usage de PEGASUS, outil militaire, comme outil pour cibler des journalistes ou des voix dissidente. (Je tiens à préciser que l’Affaire PEGASUS, ainsi que les abus du pouvoir marocain sont documentés là encore par des Instances internationales, y compris les Alliés de Rabat, comme Washington, Londres, Paris, Bruxelles, etc, qui pointe un point mathématique important : sans libéralisation REELLE du Régime, il n’y aura jamais ni « développement » ni « progrès »).

La libéralisation d’un Régime nécessite toujours des pressions extérieures et intérieures. C’est ainsi que se fondent les mouvements sociaux et la géopolitique. Le Marché des Idées est international. Telle est la République Mondiale des Lettres, née avec la Modernité. On peut soit accepter de « marcher avec la Modernité », soit se faire marcher dessus par la Modernité, qui est un mouvement de l’Histoire autant qu’un mouvement de l’Esprit Humain, par essence et par définition universel.
[…]
L’approche utilitariste et instrumentale peut se formuler en ces termes : sans droits humains fondamentaux, inviolables, constitutionnels, irrévocables, peu importe le régime politique, le gouvernement ou même les Assemblées populaires, aucune Economie de Marché ne peut fonctionner.

Prenons un exemple concret, tiré de la lecture de « L’économie de marché » par R. Guesnerie et de l’expérience de la dictature soviétique à travers le KGB : si un service de renseignement ou un Cabinet Royal Tout-Puissant peut s’immiscer même dans les Universités, dans le champ intellectuel et artistique, il ne faut pas s’étonner que la Recherche, l’Innovation, le Progrès, et les Investissements, soient quasi-nuls ou inexistants ou inefficaces ou insignifiants.

Prenons plus précisément l’exemple historique de la liberté d’expression et de la liberté d’opinion, intimement liées. Généralement, d’un point de vue « objectif », nous pourrions aisément dire en quelques mots que la ligne de démarcation entre « Dictature » et « Démocratie », toujours fluctuante, c’est lorsque des Appareils Etatiques se mettent à s’intéresser de manière perverse, c’est-à-dire à s’immiscer, dans la vie privée des individus, leurs sexualités, leurs pensées, leurs croyances réelles ou supposées, leurs prises de positions, leurs productions littéraires ou scientifiques, au nom d’une Idéologie suprême que personne ne peut questionner. Cela peut être l’Islam comme Biopouvoir, ou encore le Communisme Soviétique, ou encore le Capitalisme sauvage et barbare, ou encore la Misandrie féministe, ou de manière encore plus caricatural et patente le Maoïsme et les Tribunaux Populaires où l’on massacrait des Professeurs en les faisant lyncher publiquement par des étudiant/étudiantes littéralement enragés et hystériques car ils auraient osé enseigné des « sciences occidentales bourgeoises » comme « La Relativité générale », « La physique quantique », ou encore les textes du « Bourgeois Bergson » ou encore les théories économiques du « Bourgeois Marshall ».


Je pense que les étudiants/étudiantes maoïstes devaient probablement considérer en 1965-1970 que Alfred Marshall, Léon Walras, Stanley Jevons, Gérard Debreu, Keneth Arrow, J-M Keynes, et la moitié des plus brillants esprits du monde comme « DE GROS PORCS BOURGEOIS ».

La question à poser est simple, même pour un étudiant de 21 ans : si Keynes était un « Aristocrate et Bourgeois déviant, riche et privilégié, anti-communiste voire méprisant le Prolétariat, bref un gros porc », même dans cette supposition d’attaque ad hominem, est-ce que cela signifie que toutes ses analyses économiques proprement révolutionnaires ( mais non-socialistes et non-communistes ) sont fausses et erronées ?

Imaginez : vous devez gérer l’économie d’un Pays voire fonder une Banque Centrale régulatrice, une Banque Publique d’investissements, etc, bref, autant de problématique macro-économiques, mais il ne faudrait pas lire la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » de Keynes car ce serait un « gros porc de bourgeois capitaliste anglais aristocrate et bisexuel déviant qui plus est » ?

Voilà il me semble une démonstration historique simple de l’absurdité des idéologies dictatoriales et de la valeur technique, pragmatique, mathématique, instrumentale de la liberté, surtout de la liberté de pensée et d’EXPRIMER ses pensées sans entrave. Si les Anglais ont dominé le Monde au XIXème siècle (avec toutes les horreurs que cela a pu produire en Asie et en Afrique bien évidemment) c’est que les Penseurs avaient de larges marges de manoeuvre et que le Palais Royal Britannique ne persécutait que très peu des penseurs dissidents ( et à l’époque J-S Mill pouvait parfaitement être considéré comme « déviant », tout comme J. Bentham auparavant).

Le KGB soviétique avait un problème qui a conduit, partiellement, à la disparition de l’URSS comme Système Totalitaire : à chaque fois qu’un Economiste voulait enseigner l’Economie ou encore l’Economie politique tout particulièrement, il fallait que le « Palais Royal du Kremlin » vérifie que ses cours, ses articles, ses livres, ses paroles, ses dires, ses opinions, etc, étaient « conformes à la science prolétarienne sous sa forme marxiste-léniniste et Jdanovienne ».

Même l’Agriculture n’y échappait pas. Il paraît que Staline vérifiait lui-même, probablement tout comme Mao ZéDong, que les légumes étaient « conformes à la doctrine marxiste ».
Cela ne vous rappelle rien ?

Tu veux dire que Keynes pourrait avoir raison sur certains points contre Marx ? GROS PORC VA. Tu penses que l’Agriculture bourgeoise est mieux que l’Agriculture prolétarienne ? GROS PORC VA.

2– Le caractère ontologique, éthique et déontologique des Droits Humains fondamentaux : la question de la dignité humaine et son caractère naturel-universel irréfragable. Comme Rousseau tout comme chez Hobbes, il existe des notions fondamentales incontournables : la nature même de l’Humain et de l’Humanité donne à chaque individu des droits NATURELS inaliénables qu’il peut défendre les armes à la main s’il le faut et qu’il ne peut en aucun cas céder, même après l’établissement d’un Contrat.

[…]


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