Julien Sazadaly, Ecole Normale Supérieure de Paris
— Et la Passion la Boussole
Imaginez un instant : une civilisation, un homme, une foule.
Une foule indifférenciée, mortelle, perpétuellement propagée dans les boyaux des villes remplies de béguins assassins, de fureurs contrariées, de jalousies meurtrissantes.
Un homme à la passion galopante, aux excès innocents comme le feu, au désir qui est comme un lyrisme déçu, à la nostalgie qui porte les cicatrices de l’Histoire.
Enfin, une civilisation, un chaos, un destin, un passé, un futur, ses morts, ses cimetières, ses déceptions, ses génocides, ses temples, ses dévots, ses apostats et enfin, ses dieux. C’est ainsi que naît ce Recueil, exquis syncrétisme de tous les sentiments d’un seul Homme, dont la puissance est la Passion – et la Passion, la Boussole.
Un Homme dont le moteur est l’âme qui souffre d’aimer, une machine destinée à prendre la vie et à comprendre la mort. En somme, un homme dont l’énergie stellaire est la tonalité du monde, à laquelle il s’accroche, de laquelle il se nourrit, et qui constitue sa meilleure amie, sa confidente précieuse, sa nourricière généreuse, et son bourreau lorsqu’il sombre dans l’amertume. Un homme complet, dont la pensée mène à tous les avatars de tous les seigneurs, de tous les génies qui surgissent des cieux pour donner la terre.
Ces génies qui, parfois, répondant aux questions de l’existence humaine, en nous tendant de leur Nirvana les mains les plus secourables de l’univers, nous apportent secours et détermination par l’intermédiaire de sa voix et son vers.
Comment survivre aux déceptions ? Comment aimer à travers la violence de sa propre vie ? Comment bâtir le monde, partant de la poussière des sables du désert ? Comment pardonner aux traîtres perpétuels et aux traîtres amis ? Comment songer aux ombres de la nostalgie sans mourir sous le glaive des temps passés ? Des réponses que Mounir fournit, peu à peu, à travers les pérégrinations sensuelles, profondes, exaltées, que porte sa vigueur, à travers une plume délicate comme le ciel nu du désert.
Julien
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