Poème 3. Mouvante pensée

A mon ami Kamal Tijane et à mon ami Raphaël Hirst

Une mouvante pensée qui par elle-même se rebiffe
Vers quel chemin la Négation nous mènera
Avachi comme ces Mots que rien ne sauvera
Plus vieux que l’Humanité par quoi elle tiendra
Gouffres et Abysses
sous-sols que tu abhorres et que pourtant
tu visiteras si je t’en donne le temps
Ma croix et mes nocturnes supplices
Dasein jeté-là comme une Idée tombée d’un Trône
Paroles du Silence
Écriture de l’Absence
Ondes, retraits, reflets
Symphonies en Arborescence
Curieuses litanies, fervents blasphèmes
Moi qui ai connu presque tous les anathèmes
Chaque Nuit je prie sans mot croire de ce que je dis
Mon Corps fait de babil et d’effroi
Invoque chaque jour quelque Présence
Face à l’Univers qui se tient coi
Je me souviens encore de ton Corps autour de Moi
Et dont j’ai longuement fait le deuil
Habitué de l’Abîme le Seuil
Pourquoi Seigneur
N’entends-tu pas nos larmes nos pleurs
tes Cheveux sont le seul Diadème
Qui me permettait d’inspirer quelque souffle vital
au milieu des anathèmes et des gravats
Et de faire de mes sculptures cet élan germinal
Moi qui suis cette âme errante
C’est bien la naissance du verbe qui me tourmente
Le Négateur me connaît autant que le Seigneur
Il y avait les lèvres d’Ala et celles de Micol
Cendres de ma Mémoire
Je navigue dans une onde prophétique
Matin midi et soir
L’onde des romantiques est mauvaise à boire
Peut-être mes atomes sont-ils ceux des mystiques
Je retournerai peut-être un jour à Varsovie
Revivre ma Mélancolie
Voir si dans ces Rues dont j’ai oublié le nom
Pour oublier ton Visage
Je retrouverai un cheveu l’odeur de ta chair
Dans les Murs de l’École Normale
Je ne retrouve que quelques fragments de ma Peau jetés là
Par des putes aux langues de vipère
Vous avez mérité les crachats et les imprécations
L’Imprécation et l’incantation comme Style
Un dictionnaire entier pour rendre compte
De l’Humaine putasserie
La perversion et les vilenies
Céline et Aragon avaient raison d’insulter,
mais ils se trompaient toujours de cibles
L’imprécation L’incantation La litanie
comme résistance aux langues de vipère
Ces sangsues négations de la vie
Nos petites littéraires
Croient qu’elles aiment le génie d’Apollinaire
Voudrais-tu peut-être que le Verbe soit safe valide et conforme
Aux puritanismes des sionistes des féministes des islamistes
Voilà pourquoi la Pensée se veut flux et reflux
Lorsque nous voulons entamer d’authentiques litanies
Invoquer les Forces de l’esprit
Pour nos esprits malades d’anomie
Nous invoquons les transes
Pour mettre parfois la Raison à distance
Et laisser à l’Esprit un Magistère



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