Étiquette : religion

  • Spinoza and beyond, Pantheism, Naturalism and Rationalism. Deus Sive Natura as Rational-Natural Theology. God is Nature, Nature is the Totality of the Being. By Mounir Alone Zakriti. 2026

    Spinoza distingue judicieusement différents types de connaissances et différents types de « publics » ou d’interlocuteurs.
    To adapt a « morale socio-religieuse » for the « large public » is a Spinozian strategy in his Tractatus Theologico-Politicus (TTP).

    « Ceux-là seuls, disait Goethe, ont besoin de la religion qui ne connaissent ni les disciplines de la science ni les beautés de l’art. (Aussi pour des questions d’inégalité socio-économiques pourrait-on ajouter dans une perspective bourdieusienne… ou d’accès à la connaissance logico-empirique…). Ceux-là seuls se contentent de la foi, qui ne connaissent pas la joie souveraine de la Clarté, car la foi religieuse, tout affranchie qu’on la suppose de la superstition, est encore une Servitude, aussi utile qu’elle soit (ou qu’on pourrait imaginer qu’elle soit, notamment pour l’ordre « socio-politique »). »

    « Spinoza ne riait pas des faiblesses humaines et ne tournait pas en dérision les croyances religieuses, mais certaines croyances le faisait sourire (…) Il ne cherchait pas à détourner de croire les personnes pieuses de son entourage qui trouvaient dans leur foi une raison de vivre en paix avec autrui et avec elles-mêmes »

    Notice/Introduction au « Traité Théologico-Politique », pages 11-15, GF Flammarion.

    Spinoza est pour ainsi dire « indifférent » à tous les dogmes religieux quels qu’ils soient. Spinoza est l’un des premiers philosophes rationalistes à montrer que les rites religieux ont un rôle proprement social et politique, et que comprendre ou concéder l’aspect anthropologique ou psychologique des religions ne doit nous mener vers la superstition ou la soumission ou la servilité intellectuelle, et surtout à ne pas prendre ses désirs et fantasmes pour des réalités. On aimerait bien que Dieu se comporte comme « notre père bien aimé, qui nous aime et prend soin de nous quand nous prions et quand nous suivons des règles et/ou des rites et/ou rituels », règles, rites et rituels créés par des êtres humains dans des perspectives proprement socio-politiques, dans un contexte socio-politique situé historiquement, mais cela ne correspond tout simplement pas à la Réalité. DONC : principe de réalité, principe de réalisme naturaliste, et DONC principe d’humilité et de modestie épistémique et scientifique. L’ignorance épistémique ou épistémologique ne permet en aucun cas de conclure à un « DONC » concernant l’existence et les attributs d’un Dieu Anthropomorphe, Créateur, Omniscient, Omnipotent (et absent), qui est comme le chef de tribus ethnocentrées.
    It’s called the « God of Gaps ».
    (…)

    Spinoza explique clairement que la Prophétie est une forme de « connaissance naturelle », venant de la Nature, et que les Prophètes ou « Nabis » font usage à la fois de l’imagination intense et de la « lumière naturelle ».
    En gros, en quelques mots, du fait de leurs « complexions » (structures et structurations cognitives et physico-chimiques mais aussi psychologiques), les « Prophètes » expliquent aux êtres humains ce qu’ils « ressentent, pressentent, voient et entendent » à travers la Connaissance Naturelle, l’Imagination et les Intuitions.
    Spinoza précise aussi que les Prophètes peuvent se tromper, et qu’ils ne doivent pas être « worshiped /sacralisés » au sens épistémique. Les Prophètes ou Nabis ou Nevis doivent être écoutés, entendus, protégés, étudiés et interprétés, mais ils ne sont rien d’autre que… les produits et l’extension de la nature humaine et de la Nature.
    (…)
    Spinoza développe et précise justement dans le Chapitre 1 du TTP comment « Dieu / La Nature » s’exprime à travers certaines personnes ou Orateurs : par les visions et les songes, les rêves et l’imagination, certains bruits et certaines intuitions/fulgurances.
    Les Prophètes sont ainsi les Herméneutes de la Nature et les Exégètes de la connaissance naturelle : en gros des « Advanced Analyst ». Littéralement. Literally.

    De mon point de vue cela correspond à une période historique précédant le Savoir Empirique de Galilée, Copernic, T. Brahé, G. Bruno, et Newton. A partir du Siècle de Spinoza puis de Newton, les « Prophètes » désignent en gros les Poètes, les Philosophes, et certains Scientifiques. Galilée, Copernic et Newton étaient tous plus ou moins mystiques et/ou spiritualistes (tout comme Max Planck ou Einstein), simplement, ils présentaient leurs travaux et leurs « prophéties » sous les titres judicieux de « Philosophie Naturelle/Naturaliste » ou de « Cosmologies et Cosmogonies » ou de « Gnoses » ou de « Principes mathématiques et physiques » (Principias Mathematicas).

    Voilà précisement ce que le « grand public » qui écoute les Dogmes Monothéistes (contrôlés et financés par des Etats et des Organisations politiques et économiques) ne comprend pas : depuis 300 ans il existe de Nouvelles Formes et Manières d’Ecouter Dieu (La Nature) en sa Totalité et en son Ontologie, et d’interpréter Dieu (cad la Connaissance Naturelle par les Lumières Naturelles), cela s’appelle les Sciences Empiriques et la Philosophie Naturelle/Naturaliste.

    Spinoza, Galilée, Copernic, Newton, puis Planck, Schrodinger, Bohr, Einstein etc ont prédit INFINIMENT plus de choses, concrètes et concrètement, empiriques et empiriquement, que les Textes religieux monothéistes qu’il faudrait… dépasser. Les Esprits que j’ai cité ici avaient tous plus ou moins des conceptions « théistes/déistes » ou « mystiques/naturalistes/panthéistes ». Et cela commençait par un bon cours de Géométrie Euclidienne, puis par le Calcul infinitésimal et différentiel, puis par le Calcul intégral, puis la Topologie, puis la Thermodynamique, puis l’Electrodynamique quantique, etc, combinés aux Grands Textes de Philosophie.
    De la morale et de la spiritualité ? Je ne connais pas de plus grands livres de morale et de spiritualité que les Oeuvres de Aristote, Platon, Epicure, Démocrite, Lucrèce, Marc Aurèle, Epictète, Descartes, Kant, Hegel, et Spinoza.

    Besoin de règles morales pour vivre et de spiritualité ? Parmi les centaines, sinon les milliers, de productions et de livres/oeuvres majeures monumentales de la Philosophie occidentale, on pourrait commencer par « L’ETHIQUE » de Spinoza. Environ 350 pages de mémoire, clairement divisé et présenté en 5 Chapitres/Sections, où Spinoza, contrairement aux vieux dieux et aux vieux prophètes, explique mathématiquement, dans un langage clair, précis et rationnel, comment se comporter et comment vivre, et comment connaître Dieu, et comment gérer ses émotions, ses passions tristes, sa colère, la haine, la jalousie, l’euphorie, l’excitation, la mélancolie, le désespoir, l’imagination, les interactions humaines, l’âme, le corps, l’esprit, l’éternité, la foi, la spiritualité, la VIE, TOUT.
    Chapitre par chapitre, définitions, lemmes, axiomes, hypothèses, propositions, démonstrations, commentaires, hypothèse, proposition, démonstration, lemme, etc etc etc.

    POURQUOI se casser les pieds à délirer sur le Coran ?
    Des livres chantant et dansant pour rentrer en transes mystiques en Arabe ? Avec des versets mystérieux ? Il y a ARRUMI et IBN ARABI et HAFEZ et HALLAJ etc etc etc (Et il y a Metallica, et New Bass Boosted Arabic Techno au Liban et en Egypte/Jordanie… et les chansons Soufies à la rigueur…. les goûts sont pluriels et diverses et variés).

    Donc pourquoi « sacraliser le coran » et les « morales salafis, salafistes » che pas quoi ?
    Pourquoi ne pas lire le Cercle de Vienne ? (1919-1945) Ou encore les adeptes contemporains novateurs de Spinoza et de Descartes ?
    Les principes moraux naturels sont simples (qu’ils soient conséquentialistes / utilitaristes / pragmatiques / déontologiques / spiritualistes etc).
    Les dialogues de Platon sont emplis de préceptes moraux.
    Ou encore « L’Ethique à Nicomaque » d’Aristote. La Philosophie morale déborde de réflexions nourries et riches sur le bien et le mal, et sur le sens de la vie.

    Mais cela nécessite de « BONS GROS » (comme dit Anatole Dahane) investissements dans l’EDUCATION et dans les Bibliothèques et dans le Savoir, ce que ne font pas la plupart des Etats du monde pour des raisons parfois perverses, viciées et vicieuses.

    DONC. A quoi bon perdre son temps à vouloir absolument chercher la « vérité sur la vie et sur dieu » dans des livres dépassés comme le Coran ou la Bible ? (Sauf bien sûr par « culture générale » / érudition/ références culturelles et civilisationnelles, bien sûr).
    Comme dirait Maxime Rodinson : il y a teeeeeeellemeeeent de choses bien plus intéressantes à lire pour « comprendre la Vie, Dieu, l’Ame, le Corps, l’Univers, la Vérité, le Réel, la Morale, l’Ethique, la Psychologie, etc ».

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas lire le Coran ou la Bible ou les « mépriser violemment », non, je dis juste que dans une vraie bibliothèque, Spinoza et Newton et Aristote sont beaucoup plus importants et beaucoup plus « nécessaires » pour la vie spirituelle et morale.
    Et si leurs Corpus sont « trop gros/volumineux/obscurs/difficiles », il y a les GF Flammarion, et les « Corpus GF », et les Collections Ellipses.

    Là par exemple, sur les questions de la Morale et de l’Ethique, je lis « La Morale », Corpus Gallimard-Flammarion, 40 Textes avec explication et commentaire, en 5-6 pages, choisis et présentés par Eric Blondel, issus des meilleurs penseurs occidentaux ET orientaux ET religieux sur plus de 2500 ans. Simple non ? :///

    Si tu as besoin du Coran ou de la Bible pour savoir comment te comporter avec les êtres humains c’est probablement que tu as un vrai problème psychologique / pathologique / socio-cognitif. Ou Politique. Ou MORAL justement. Ou que tu le fais pour « suivre ta famille et tes proches et tes groupes sociaux/potes etc » (ou que tu te poses même pas la question comme dirait Nietzsche). Ou que tu es payé par la Monarchie Marocaine (ou un autre Régime Autoritaire de Manipulation et de pseudo Ingénierie zossiale).

    Et c’est justement ça la différence avec MOI ( et ce que l’on appelle les Prophètes, ou Orateurs, ou Nevis/Nabis, ou Novateurs/Créateurs/innovateurs, ou Free Thinkers, on n’accepte pas « de suivre les gens et les groupes » en matière justement de MORALE et de Philosophie et de Science, on appelle ça l’Esprit Critique, et on a rien inventé, ça date au moins de Spinoza et Descartes pour mon cas, voire Platon/Socrate).

    Moi aussi j’écoute beaucoup de Podcasts et de Confs sur Youtube et Internet. Mais je consacre AU MOINS 2 heures, de « bonnes grosses » heures de PURE LECTURE par jour, dans des textes DURS à l’ANCIENNE (Il y a un Corpus Canonique Mondial, moi je suis Occidental assumé, mais si vous lisez les Bons Gros Philosophes Chinois ou Japonais ou Indiens ou Arabes même Al Ghazali ou Al Kindi dans le DUR tant mieux, moi je prends plaisir à me TAPER Spinoza DANS LE TEXTE original et originel, ligne par ligne, page par page, parce qu’on appelle ça les Atomes Crochus, moi j’accroche avec Spinoza, mais aussi Aristote ou Bachelard ou autre d’ailleurs; le jour où mes HATERS voudront VRAIMENT montrer les « muscles » et/ou m’impressionner, il faudra prendre la PEINE et le TEMPS de se TAPER mes BOUQUINS et mes TEXTES/MANUSCRITS ligne par ligne page par page et me montrer mes erreurs/défauts/fautes/défaillances/faiblesses littéraires, philosophiques, historiques, stylistiques, morales, esthétiques, métaphysiques, épistémologiques, ETC et il y en a BEAUCOUP, car quand je finis de lire, et je passe toujours de la Lecture à l’Ecriture et inversement et retour, comme Julien Gracq et JP Sartre, je me tape AU MOINS « DEUX BONNES GROSSES HEURES » de PURE ECRITURE, du JUS DE CERVEAU. C’est ça le « Travail ». Ensuite soit je me masturbe soit je rentre en Transe, soit les deux, ou bien je CHANTE, en Anglais et en Arabe et en Français BREH voire en ALLEMAND. Et idéalement, on ajoute deux verres de vin pour éloigner le médecin et 2 heures de marches / balades par jour. C’est COMMEUH CA que l’on FAIT. Old school LOL. Anyways. Whatever dudes.

    /// Commentaire sur les notions de Prophètes/Prophéties, d’Imagination, d’Intuitions et de « lumières naturelles », chez Spinoza, avec mon humble lecture de non-agrégé. Prochaine étape : David Hume et le Cercle de VIENNE, Carnap, Frege, Godel, toussa toussi toussa.

    Spinoza, TTP, GF Flammarion, Présentation, traduction, notes par Charles Appuhn, Chapitre Premier; « De la Prophétie », pp. 31-38.