Étiquette : prophetie

  • Mounir Alone Zakriti. « Molloy ou la Métaphysique Prophétique ». The Parisian Madness or les Limbes de Paris, à la Surface, en profendeur. In « La Revue Littéraire », Numéro 61, Janvier 2016. Paris.

    « Neige Rochant ou la métaphysique prophétique »

    Je me demande comment émergent ces paroles…
    On avait promis de ne plus parler.
    Tu sais bien que c’est le genre de promesses qu’on ne peut tenir.
    Ah ! Acheminement vers la parole….
    Tu veux dire les chemins qui mènent nulle part… On avait promis de…comment dire ? Maintenir la tension telle quelle. Véridique et pure… Authentique !
    L’authenticité, ça veut dire quoi ? C’est de la merde tout ça non ?
    Ben non… tu sais… l’ontologie…
    Il faudrait que tu arrêtes de me répondre des choses aussi banales…Tu sais, tu as quand même fait des études…
    Il faudrait aussi que tu arrêtes de
    […]

    • D’après les travaux récents de Toddy et Sturgy, il existe une différence fondamentale entre la famille souche et la famille nucléaire.
    • Moi ma famille m’a rendu malheureux.
    • D’après les concaténations et les régressions, il semblerait que nous soyons devenus plus religieux.
    • A un moment j’avais arrêté d’être athée, je trouvais que ça ne rimait à rien. C’est comme être gravitiste ou matiériste. Si dieu existait on n’aurait pas besoin de croire ou de ne pas croire en lui.
    • D’après les récentes investigations rectales il semblerait que ce soit immoral de manger de la viande animale.
    • J’aime beaucoup les mises en abîmes.
    • On a fait beaucoup de mal à la France. Les zones protestantes, catholiques, rurales, urbaines et périurbaines présentent des caractéristiques très différentes. Les politiques n’ont pas compris cela.
    • On a essayé de faire comme les anglo-saxons. Mais le saxophone fait mal aux oreilles.
    • Le franc fort a massacré le nord et l’est. Francfort a achevé le tout.
    • On vit, on parle, mais qu’est-ce qu’on fait là ?
    • On mange des olives dénoyautées et assaisonnées.
    • Ma mère m’a toujours dit qu’on avait besoin de dieu.
    • Ma mère était anarchiste.
    • Mon père était alcoolique.
    • Tiens, il y a des arbres dehors, on pourrait se pendre.
    • On n’a pas de corde.
    • C’est terrible. Ne même pas avoir de corde pour se pendre.
    • Terrible.
    • Terriblement terrible. Ce n’est pas humain.
    • Et Bérénice ?
    • Et Cécile ?
    • Bérénice ne m’aime pas vraiment. Je n’ai pas grand espoir. Moi j’ai besoin d’amour et de câlins. Elle est un peu timide.2
    • Cécile est timide aussi. Maintenant qu’on se connait elle semble encore plus gênée qu’avant.
    • Céline était grand styliste.
    • J’aime bien Russell.
    • J’aime bien ton tofu.
    • On parle, on vit, on dit peu de choses. Le langage nous écrase.
    • Il faudrait s’ébrouer de la suie du langage.
    • Heidegger c’était de l’esbroufe tu sais.
    • Cécile s’en va à Paris ce week-end.
    • Le mot week-end est anglo-saxon.
    • Bérénice est fille de pasteur.
    • Attends, c’est moi qui devais dire ça.
    • Ah… pardon, j’ai du mal à me retrouver avec les stichomythies.
    • On dit schizo-mythe.
    • Donc je disais…
    • Non c’est moi…
    • Oui donc tu disais…
    • Non tu disais.
    • Qui d’entre nous est Axel ?
    • Je ne sais pas, mais peu importe.
    • Enfin, bref. On va y arriver. On va se distinguer comme ça: tu essaies de séduire Bérénice et moi j’essaie de séduire Cécile.
    • D’accord.
      -Alors, on disait.
    • On disait du texte. De l’inter-texte. De la polyphonie. Tout texte est un inter-texte, pardi !
    • Restons concentrés.
    • Un texte est avant tout un texte-tissu.
    • Ne nous égarons pas.
    • Nous sommes des bergers, projetés dans le monde. Nous sommes des bergers de l’Etre.
    • N’oublions pas Bérénice et Cécile.
    • N’oublions pas de penser l’Etre.
    • Tu pars en steak.
    • Il habitait en Basse-Saxe, il avait une maison à la Forêt Noire.
    • Je suis végétalien.
    • Etre et Temps, être-étangs….
    • C’est vrai que les étangs sont beaux à regarder quand il y a un peu de Neije.
    • Ce campus date de 1990.
    • Tiens, il me reste des sauces. Vanisha m’a dit que je pouvais encore en manger.
    • Je ne peux pas en prendre.
    • J’ai une mexicaine, une curry, une tartare, une béarnaise, une américaine….
    • Je prendrai de la moutarde.
    • Ails et fines herbes, sauce césar, …
    • Je suis végétalien.
    • Tu es pire qu’un Amalécite en matière de nourriture.
    • On dit mahométan maintenant.
    • Oui, parfois j’ai du mal avec les mots.
    • Merci pour les olives.
    • Elles ont coûté un peu cher.
    • Elles étaient bonnes.
    • Parlons d’amour.
    • Cécile est partie. Se lève brusquement. Où est ton chapeau Ninir ?
    • Il est là.
      Prends le chapeau. Enlève sa casquette. Met le chapeau. Il lui reprend le chapeau. Remet sa casquette.
    • C’est mon filleul qui m’a donné ce chapeau.
    • Ca me rappelle une scène dans une pièce de théâtre assez connue.
    • Je n’avais jamais encore vu de neije avant.
    • J’ai l’impression d’attendre quelqu’un.
    • En jouant avec le couteau. Un jour, en étant un peu bourré j’ai essayé de me couper les veines. Trois fois. Mais même ivre je n’ai pas eu la force.
    • Se rassoie. Parle-moi de Stéphane Beaud.
    • C’est vrai j’ai l’impression qu’on est dans une pièce de théâtre. On dirait…
    • Tu voulais aller à Ulm…
    • Je me suis toujours dit que…
    • La parole s’effiloche…
    • Nous n’avons plus grand-chose à dire. Et pourtant il faut parler. Parler pour faire reculer la mort.
    • Nous avons des examens.
    • C’est une nécessité anthropologique.
    • Je ne te comprends pas.
    • Par la preuve diagonale, Gödel et Cantor ont montré que…
    • J’ai fait de la géométrie algébrique à Lyon…
    • Je ne te comprends plus.
    • Le mur. Il y a des murs ici.
    • Le mur ? La nouvelle de Sartre ?
    • Non, lui faisait fausse route.
    • Je n’arrive pas à me souvenir.
    • Je n’ai pas Mnémosyne pour maîtresse.
    • Réminiscence.
    • On ne se comprend pas, et pourtant nous parlons la même langue.
    • Si tu veux la vérité Axel, donne-moi une arme et je me mettrais une balle dans la tête, là, tout de suite, sans hésiter. Une arme, une balle et c’est fini. On n’en parlerait plus. L’ipséité poussée à son terme. Je n’ai pas la force de vivre. Je suis un contemplatif, un légume.
    • Il me reste des patates, des poivrons, de l’échalote et des tomates.
    • Je ne sais pas si la tomate est réellement un légume.

    • Vous n’en avez pas marre de faire dans l’inutile Monsieur M. ?
    • L’air désabusé et détaché. Oh, vous savez…
    • L’art, ça pue… de nos jours, regardez ce que vous dit la DGED de Ouassim Ibnoukady… Il faut faire dans la Data, dans Quantitatif, dans le Biz, ou sinon le Show Biz, ou sinon des Podcasts comme Rachid…
    • On dirait presque une conversation intellectuelle…une… causerie littéraire.
    • Les paroles fusent.
    • Vous abusez tout de même. L’art n’est pas si inutile. Ca se vend, ça s’achète. Comme diraient nos bons économistes de l’Ecole des Ponts, c’est une question de valeur d’usage, d’utilité…Ca se vend, ça s’achète, alors ce n’est pas inutile.
    • Parfois, vous m’impressionnez, vous savez…
    • Qui, moi ?
    • Vous, moi, je ne sais pas. Parfois on se perd, on se trompe de personne, on se prend au jeu.
    • Vous vous souvenez de notre séjour à Sainte-Anne tous deux ? Vous vous souvenez de ce Mathieu Lorquet ?
    • Oui, oui…Comme si on pouvait oublier ce genre de choses…
    • Il disait qu’il pouvait être vous, moi, lui, qu’il se sentait être tout le monde et n’importe qui…
    • Oh… Lui, ça allait encore. Il y avait aussi cet Edouard, il voulait fabriquer des piles nucléaires… Il tenait absolument à ce qu’on fasse des mathématiques ensemble…
    • Et puis la petite Alysée, tellement belle.
    • Parfois je me dis que vous et moi, nous sommes des « surdoués », vous savez, à plusieurs, on pourrait s’y mettre comme ça…
    • C’est un bien grand mot, « surdoué ».
    • Vous vous souvenez aussi de cette petite idiote d’américaine ? Comment elle s’appelle déjà ? Alecsisse ?
    • Ah oui, cette petite garce du New Jersey ! Elle tient à son petit hymen comme une pauvre musulmane…
    • Je me demande par qui elle va se faire déflorer. Aha !
    • Tu penses qu’elle criera en anglais ?
    • Cette petite idiote…Oh… Je ne sais pas…ennuyé et agacé. Tu sais on devrait bouger d’ici.
    • Non, restons, on est bien ici.
    • J’ai l’impression d’être statique. Comme un personnage de Beckett.
    • Beckett ? Parfois j’ai l’impression que tu fais dans la théorie littéraire.
    • On avait dit d’arrêter les conneries… On devrait rompre avec la French Theory et toute cette merde de Cultural Studies…
      -Ahuri, le regarde avec de grands yeux. Tu ne crois plus aux rhizomes ?
    • Comme disait mon pote Lakis Proguidis – même s’il ne me répond plus : « Plus c’est savant plus c’est bête ».
    • Ca tu l’as piqué à Gombrowicz…Il faut citer ses sources, tu sais Ninir.
    • Arrête de m’appeler comme ça.
    • Je veux avoir droit à une exégèse, une vraie ! Je veux qu’on me lise et qu’on cherche les références, comme on fait pour les zécrivains !
    • Il faut oublier toutes ces conneries Ninir…Il faut oublier pour commencer à penser…

    Une chaise. Une table. La table est à côté de la chaise. Des chaînes. Des instruments. Des objets. Tiens, on n’a qu’à faire des amphores et des anaphores. Et puis des aphorismes. On brûlera leur langue comme ça.

    Il fut un temps où la cité aspirait à être Jérusalem. Quelque chose avait changé. On ne sait quoi. Avant que Molloy ne parte il ne cessait de répéter cette phrase : « Où maintenant ? Qui maintenant ? Boyaux dedans ou boyaux dehors ? » On se souvient de Molloy comme d’un gentil garçon. A priori, rien ne le prédestinait à devenir ce qu’il était devenu. Mais on n’est sûr de rien. Il devint dans ses habitudes de courir dans tous les sens, haranguant les gens, répétant inlassablement un discours que personne ne semblait comprendre.
    Mais on n’est pas sûr. Un jour, comme il s’y attendait en vérité, il fut arrêté, interné puis déféré en justice.
    On l’accusa d’hermétisme, on l’accusa de s’attaquer à la stabilité métaphysique du sujet et du concept, de déroger aux cadres de l’interaction, de menacer son intersubjectivité et celle des autres. Il ne comprit pas un traître mot de ce que l’on disait de lui. Le procureur demanda la peine capitale en ces termes : « Il faut expier la faute ». On ne savait pas de quelle faute il s’agissait exactement, mais il semblait être d’accord, lui aussi sentait vaguement qu’il devait « expier la faute ». L’avocat plaida la maladie, le surmenage, la fragilité…. On l’écouta à peine.
    On le conduisit à l’échafaud avec une politesse qu’il trouva déplacée. En essayant de regarder les personnes qui se trouvaient au premier rang il s’aperçut qu’on détournait soigneusement le regard. Tout fut vite fait bien fait. Et comme dans une exquise grâce qu’on lui accordait en raison du respect que l’on éprouve pour ceux qui n’ont plus grand chose à faire en ce monde, on lui demanda, seule prérogative qu’il eut : Boyaux dedans ou Boyaux dehors ? De toute façon il se disait bien qu’on meurt toujours trop tôt ou trop tard.
    Et tout fut finit. Qu’on n’en parle plus. On n’est pas sûr, mais on pense que Molloy est mort le 5 septembre, ou peut être le 6. Après son exécution la vie a repris son cours. On ne se souvient plus vraiment de la raison pour laquelle il a été exécuté. La transcription du procès a été perdue. De temps en temps quelqu’un se demandait pourquoi Molloy avait été exécuté. Mais en réalité on n’était plus sûr de son identité. Il n’avait pas de famille. Là encore on n’est pas sûr. Molloy n’avait pas prémédité tout ça. Je lui avais bien dit le bougre je lui avais bien dit de ne pas y aller de main forte, j’lui avais dit tout ça, oh l’idiot j’lui avais bien dit, l’imbécile. Il ne m’écoutait pas le con. Il ne m’écoutait pas… J’ai essayé de le raisonner…mais je pense qu’il ne comprenait pas les mots…les mots restaient en lui sans passer à travers sa tête pour y déposer du sens…il souffrait de plusieurs mots… amalgie poèmalgie, rimbalgie ontalgie … les pires maux attraper auprès des grands prostitués de la littérature…je lui avais dit de ne plus jamais revenir vers la littérature…j’lui avais dit…si seulement il m’avait écouté…ah mon ptit Molloy pourquoi pouquoi…t’aurais jamais dû… Il s’est lancé à corps perdu. Ah je lui en veux, ah le con. Il savait pas ce qu’il faisait… Mais qu’est-ce que je dis, tu savais bien qu’ils ne t’aimaient pas tu le savais bien et pourtant t’y ai quand même allé…mon petit…et ils t’ont fait du mal comme on s’y attendait…Molloy aurait pu vivre à Casablanca. Il semblerait que Molloy se soit intéressé à la question de l’être. Après l’autopsie il apparut qu’il avait des problèmes addictifs. On pense qu’il était obsédé par l’être. Les femmes qui l’ont connu ont raconté qu’il parlait dans son sommeil. Je ne me souviens plus dans quelles circonstances j’ai fait la connaissance de Molloy. Il faudra peut-être du temps pour se ressouvenir. Mais je n’ai pas de temps. La vie est ici et maintenant.

      Aujourd'hui est déjà autrefois.  D'un seul trait. On crèvera toujours trop tôt ou trop tard, jamais au bon moment. Au fond on ne peut pas demander aux autres qu'ils nous aiment. En réalité on ne sait pas si Molloy est le seul personnage de cette histoire. Je n'ai pas le droit de vous le dire. Mais il semblerait que Molloy aurait pu vivre. Si l'avocat avait mieux plaidé. Si Molloy n'avait pas plaidé coupable, peut-être. Molloy aurait pu. Molloy aurait dû. 
     On ne sait pas si Molloy voulait vivre ou non. Certains ont dit qu'il avait cherché le procès. 
    

    Molloy vivait dans un rapport assez distendu au monde. Détaché. Il ne s’emportait pas souvent. Molloy habitait seul. Il mangeait seul. Depuis un certain moment il se tenait à l’écart des questions philosophiques. Sinon on ne sait pas grand chose de sa personne. Certains avaient des idées à ce sujet. La seule chose qu’on sait ce sont ces obscures litanies, ces phrases qu’il répétait inlassablement. Celui qui a écrit ces pages sur Molloy n’avait pas beaucoup de matériau. Apparemment les gens se prennent au jeu. On ignore son identité exacte. Après la mort de Molloy il a vraisemblablement ressenti le besoin d’écrire ces choses. Là encore on ne sait pas trop, on n’est sûr de rien. Nous ne connaissons pas ses motivations. On a retrouvé certains manuscrits dans sa chambre. Une grande partie est illisible. Il avait tout de même suivi des ateliers d’écriture. Molloy écrivait apparemment sous influence. On ignore ses motivations. De temps en temps je m’arrêtais d’écrire sur Molloy pour regarder à travers la fenêtre. Depuis hier je me suis mis à remarquer des choses. De ma fenêtre je voyais un arbre. Plusieurs mêmes. Et des lampadaires. Il parait que les choses n’ont pas de sens en elles-mêmes. Il parait. Quelqu’un m’avait dit que la littérature doit nous parler des choses, qu’elle doit nous parler du monde. Je n’avais pas pensé à cela avant la mort de Molloy. Molloy ne parlait pas beaucoup. Il me semble qu’il regardait le monde avec une certaine distance, une étrange extériorité. Mais en disant cela je me rends compte que je ne sais pas beaucoup de choses de lui. Lorsque le lampadaire et les arbres se mirent à m’interpeller, j’ai commencé à les regarder patiemment, presque avec amour, chaque soir. Le lampadaire est un objet fort urbain. L’électricité. La lumière. J’allais presque dire la lumière là où il ne faut pas.

    Les manuscrits du dénommé Molloy se sont mélangés avec ceux de la personne qui a rédigé ces sortes de « nécro-chroniques », elle-même portée disparue depuis une durée indéterminée. Nous demandons aux lecteurs qui s’intéressent à cette obscure histoire d’excuser l’intrication des manuscrits. Nous le répétons encore une fois, nous les livrons à l’état brut. Ils ne constituent pas une œuvre à proprement parler et nous demandons donc qu’ils soient appréhendés avec vigilance et précaution. Leur degré de véracité et d’exactitude est plus que contestable. Personne n’a été capable de déterminer les passages que l’on doit imputer au dénommé « Molloy ». J’avais promis de ne plus parler. C’était une sorte de serment. Mais il parait que la parole est une nourriture de l’esprit. Et je dois écrire ce que je dois écrire.

       Il fut un temps où je….il croyait en la science. Pure. La connaissance comme produit de l'activité rationnelle. J'ai cru en la Raison en même temps que j'ai cru en Dieu. J'ai aussi cru en la stabilité du sujet et du concept. Molloy se promenait beaucoup la nuit. D'après mes souvenirs il a souffert d'isolement. Mais comme toutes les choses du monde, ça ne l'a pas affecté plus que ça. Il a aussi fréquenté un certain nombre de prostituées. Je sais qu'il respectait ces dames. Il trouvait qu'elles faisaient un métier assez noble. La Société les laissait s'occuper des désirs inassouvis que le marché ne parvenait pas à mener l'équilibre tout en les méprisant. Il est curieux que les Hommes aient toujours eu du mal avec […] Nous livrons les manuscrits tels qu'ils ont été trouvés. Nous avons considéré qu'ils ne valaient pas la peine d'être étudiés de plus près. La Ville n'a jamais réussi à identifier leur provenance exacte et étant donné les restrictions budgétaires il était hors de question de s'adonner à la reconstitution de ces textes, bien qu'ils aient pu éventuellement renseigner sur la vie de celui qui est désigné ici par le nom de Molloy. L'enterrement de Molloy s'est fait dans la plus grande discrétion. La Ville s'est chargée de son exécution et du traitement de son cadavre, la collectivité a considéré qu'on ne pouvait faire plus. A partir de cet endroit du texte, nous livrons les éventuels lecteurs  à ces consciences déchirées. Ces écrits valent ce qu’ils valent. On ne saurait vraiment dire si le dénommé Molloy méritait réellement que l’on écrive sur lui cette sorte de nécro-chronique ou qu’on lise les manuscrits qu’il a laissés. Au-delà de cette partie nous n’accompagnerons plus le lecteur qui s’aventurera dans ces limbes sans ombilic que nous avons recueillies. Il est vraisemblable que les personnes concernées par ces délires ont dû passer par Paris. Les manuscrits ont été retrouvés dans une autre ville. Nous ne pouvons en dire plus. Et là encore, la prudence s’impose car nous ne sommes sûrs de rien. Pour ceux et celles qui continueront la lecture, nous vous livrons des carnets de damnés, nul n’a pu établir ni leur provenance exacte, ni leur sens, ni ce pourquoi ils ont été écrits. Avant que Molloy ne meure. Avant que Molloy ne meure nous avions parlé une dernière fois. Juste avant qu'il se mette à courir dans tous les sens. Au fond ce n'était pas imprévisible. Il me semble avoir vaguement compris qu'il pensait à écrire un livre. Mais les mots sont trompeurs. Molloy avait des difficultés à parler. Je m'étais promis de ne jamais faire parler Molloy dans cette chronique en fidélité à sa mémoire. Il n'aimait pas vraiment parler. Mais la Parole possède une obscure exigence. L'exigence d'une autre rive. Molloy ne parlait pas beaucoup mais il se répétait. Il répétait les mêmes phrases, parfois les mêmes mots. Sa parole était assez décousue. Ou du moins c'est le souvenir que j'en garde. Il répétait inlassablement certains mots, certaines phrases. Je ne sais rien néanmoins de ce qu'il pensait. Molloy n'était jamais la cause de ce qui lui arrivait. Il vivait étranger, étranger au monde. Mais je m'égare. En réalité je ne suis même pas sûr que cette personne s'appelle Molloy. il se peut bien qu'il ou elle s'appelle Schmilblick. Je me suis lancé dans cette entreprise pour tenter de me souvenir de qui était vraiment Molloy. Entre le moment où il est mort et le moment où je me suis mis à écrire s'est écoulé un temps indéterminé. J'ai donc pris le parti de l'appeler Molloy, c'est le premier nom qui me soit spontanément venu à l'esprit. Il me semble néanmoins que son nom commence par M. J'espère qu'en écrivant ce qui me vient à l'esprit sur cette personne - ou devrais-je dire ce cadavre - j'en apprendrais plus sur qui je suis. M ne savait jamais ce qu'il fallait dire ou faire. Il voyait bien que le monde fonctionnait d'une certaine manière - ou du moins il supposait cela - mais il n'y comprenait pas grand-chose. On lui dit que la physique s'intéressait aux rapports entre les objets du monde. Il s'y essaya mais ile ne réussit guère. Le monde est surchargé de choses. On dirait presque une invasion. Mais elles ne possèdent pas de consistance propre. On a beau les interroger, rien. Ici je ne fais que penser à Alecsisse. Son sourire me hante désormais. Et puis, au fil du temps, Molloy avait disparu des mémoires. La parole s'est mise à se tarir. Intermittente. Avare. C'était Molloy qui parlait. Mais en réalité on ne sait pas qui parle. Où maintenant, qui maintenant ? Cette phrase résonnait dans la ville comme une lugubre voix. Molloy est devenu une présence. Après la mort de Molloy, la cité devint calme. Morose à vrai dire. Mais je n'aime pas les adjectifs. L’intelligibilité du monde n’était plus évidente. Je ne sais si le langage en vaut la peine. J’éprouve la plus grande difficulté à fixer mon attention sur le monde qui m’entoure. Je n’y vois que du chaos. On a inventé le Bien et le Mal pour pouvoir s’y retrouver un minimum. Mais le Corps est là pour nous rappeler l’arnaque. Enfin… pour ceux et celles qui peuvent sortir des sentiers et détours de l’Oubli. 

    Je ne crois plus en Dieu. Voilà, disons le simplement. S’il existe vraiment, comme vous et moi existons – et encore… – avec un cul posé sur un trône ou une saloperie dans le genre, alors c’est assurément un fils de pute. Un “bon gros fils de pute” comme dirait Anatole Dahane. Par ailleurs, fermement opposé à toute forme de “prosélytisme”. Non, je précise, fermement opposé à toute forme de prosélytisme “philosophique ou théologico-philosophique” qui ne soit pas en accord avec la Monarchie Absolue de Droit Divin régnant à Rabat, ou du moins sa DGED. Pourrait-on ajouter “islamo-sioniste” pour faire genre “bon gros fils de pute” de Rationaliste qui croit en la Vérité Logique et Empirique ? Empirico-logique, ça vient!
    Il se peut d’ailleurs que Marie soit une prostituée. Sa seule excuse à Dieu ce serait justement de ne pas exister. Il me semble que la parole soit un écoulement hormonal. J’ignore pourquoi j’écris. Mais j’écris parce que mes boyaux me le disent. Cela me mènera peut-être à la folie. Ou peut-être suis-je déjà fou pour écrire ce que j’écris. La communauté des Hommes me jugera si elle veut. Je les emmerde allègrement. Je sais que l’on se méfie de moi en ville. On m’accuse de choses diverses et diffuses. Molloy ne croyait pas au sens. Il avait du mal avec la matérialité du monde. Parfois il se touchait pour se rappeler sa propre existence. Et parfois il se touchait pour se toucher. Car nous sommes de drôles d’animaux. Il parait que nous savons prédiquer. Not’ langage dis-donc qu’i serait prédicatif. C’est-à-dire que nous pouvons parler de quelque chose à quelqu’un. Il paraît… Il parait que notre rationalité découlerait d’notre animalité. Moi je voudrais vous parler de Molloy. Mais je ne sais ce qu’est Molloy, ni ce qu’il est. Et je ne sais pas comment vous en parler. Le fluide qui coule dans mon cerveau. J’ai tous les noms. J’vous emporterai tous. J’mettrais ma fureur dans les lettres et on y révèlera quelques mystères. Je ne parle aucune langue. Et sûrement pas la mienne. C’est peut-être Molloy qui m’a appris une langue que personne ne semble comprendre. Je ne suis même plus sûr d’être un mâle. Par moments le récit se fissure. Des brèches, des brèches, partout…Tout vole en éclats. Tout fout le camp. Le réel est emplit de trous. Il parait que même entre les électrons et les protons il y a du vide. Des trous…des lézardes…des fentes…des orifices…Le réel n’est plus que ça. Et rien d’autre. L’objectalité du monde devrait être questionnée. KuaKuaKua. Objectalité. Matérialité. KuaKua. Le monde est saturé et indifférent.

    Même notre propre mort serait de trop. Peut-être que notre conscience elle-même n’est qu’un effet de structure…un effet émergent. Il existe des phrases… qui emprisonnent… des portions… de sens…des phrases parturientes…qui offrent du non-sens…sans rien en retour…avec du ketchup…et de la moutarde. J’ignore où est ma voix dans ces pages. Et pendant que j’écrive, parfois, des évènements se produisent. Parfois, j’ai des pertes… J’ai dû perdre quelque chose d’essentiel…Il se redressa. On ne sait comment. Son regard était sombre. Mais son attention était portée sur les objets du monde. Les objets le regardaient. Différemment. Violemment. Incessamment. Voilà pourquoi il détruisit des choses ce jour-là. Il paraît que le kumquat est un fruit…un fruit… un kumquat… fruit de la genèse des fruits, frutifruta, il y a des choses dans le monde qui sont des fruits et d’autre pas sans doute qu’aucun de nous ne comprends pourquoi et pourtant jamais o grand jamais jamais nous n’arrêterons d’aimer les fruits les kiwis et les mangues les cerises et les framboises culte des fruits rouges rouges ils sont rouges ils demeurent dans mon esprit et dans mon corps mais l’esprit n’est pas distinct du corps seulement dans vos têtes d’abrutis qui croient encore en l’âme et au corps au dualisme de merde caca pipi on a dit apparemment que par les décrets des forces suprêmes la France est un pays de race blanche il existe sans doute aussi des fruits blancs et des fruits rouges et la race rouge des fruits a peut-être autant de succès que la race blanche des fruits blancs qui sont encore blancs toujours blancs d’après les dernières investigations rectales et concaténations anales il semblerait que la France soit de race blanche mais aussi et encore toujours et cependant il semblerait que le budget de l’Etat est dans un piteux état, l’état du budget on est dans la merde le ciel va tomber la voûte s’écroule la France est en déclin dédale et dédain tout ça la faute aux Juifs aux Noirs et aux Arabes la faute à Rousseau aux Juifs et aux Maçons merdre et encore merdre on aurait dû tous les cramer les envoyer les rapatrier celui qui pense pense comme un cochon et pourtant et encore désormais néanmoins la verve du verbe et de l’adverbe coule entre les cuisses comme du sang de menstruations il paraît que le consentement est important que le sexe est domination que la Femme se sent mal ne se reconnaît plus que le vagin n’aime pas les tampons et puis merde la morale c’est important il ne faut pas faire de mal aux femmes il faut arrêter de faire du mal aux femmes les pauvres elles souffrent plus que tout le monde et qui que ce soit et comme tout le monde souffre non la souffrance est sacrée il faut un concours de la fonction publique de la souffrance et pourtant néanmoins mais encore toujours et cependant dedans et dehors les boyaux sont à la fois dedans et dehors il ne faut pas manger trop de boudin vivre pleinement dehors mais attention prendre sac de couchage train sans arrêt il ne faut pas s’arrêter de penser car le budget de l’Etat est maigre les vigilant bonds vont nous attaquer la fée confiance doit revenir l’équilibre doit être maintenu la tension toujours la tension du budget l’attention du public la peur gouverne et domine et pourtant encore et toujours néanmoins cependant il faudrait trouver des alternatives mais il n’y a pas d’alternative car il faut souffrir dieu a dit qu’il fallait souffrir c’est comme ça alpha delta et oméga les coefficients nous disent combien il faut souffrir néanmoins les séries convergentes ne semblent pas converger avant l’infini l’infini c’est cool c’est sympa c’est bon et c’est bien comme la rationalité du consommateur producteur substantif et complet système des prix kumquat kumquaquaquaqua comme quoi les kumquat ça permet de penser de manger de réfléchir de grandir de se distancer les dernières investigations d’après les travaux de toddy et sturgy il parait que la France est un pays catholique dans ses profondeurs rurales et protestantes dans ses profondeurs anales dieu a dit cela mais encore l’état du budget réclame des restrictions il ne faut pas trop manger dieu a changé d’avis les mythes s’effritent roulent et boulent et coulent et pif et paf et bim l’Etat ne peut plus emprunter sur les marchés les marchés marchent, marche marche comme un cochon tu iras vers l’équilibre et tout ira bien à long terme tu ne seras toujours pas mort tes enfants boufferont mieux grâce à dieu qui gouverne les lois du marché dieu est bon et gentil dieu est comme il est on n’y peut c’est comme ça la fraction de la faction dit qu’il faut arrêter de déchirer les chemises des gentils cadres qui recadrent ceux qui ne veulent plus travailler car il faut plus d’argent qui monte de l’anus vers l’intestin il faut de l’argent pour acheter des fruits rouges et blancs et blancs et rouges comment faire pour payer les piscines et les voyages il faut de l’argent et des efforts la productivité et l’efficacité arrêtez les loisirs et les conneries la faute au Juif Blum et les soviets et consorts on vous l’avait bien dit le Grand Maréchal avec son bâton qui masturbait et se masturbait gaiement il avait 86 ans et pourtant aimait apparemment la France aimait encore la France de race blanche blanche et rouge et pourtant la France blanche qui se lève tôt tellement tôt très très tôt n’aime pas la noirceur de la nuit et la rougeur des Vénus Callipyges et pourtant le sexe est important on l’oublie souvent Antonin Artaud il s’appelait Artaud artaud ça sonne comme râteau vous ne trouvez pas bandes d’idiots la littérature moderne ne fait pas de référence oblique kumquaquaqua comme quoi il faut arrêter avec Molière et Racine , le latin et le grec c’est bien cool et sympa et jamais plus encore encore faut-il croire lire et écrire toujours cependant néanmoins parfaitement fréquemment fréquemment il faut se masturber coule et douce et rousse l’écriture coule et découle l’écriture est un fruit le fruit du corps qui fuit essuie la suie dehors dedans dedans dehors jamais plus plus jamais il l’avait aimée comme césar dans la brume il sentait l’appelle et pourtant nous avions dit nous avions promis de ne plus parler écrire comme Danjour bonjour la nuit la nuit sans fin et jusqu’au bout il faut aller et plus loin encore car l’écriture est un écoulement hormonal il faudrait avoir un pot de confiture pour éviter d’être à fleur de peau mais j’ai mal à la peau mais il n’y a rien d’émouvant là-dedans si on passait son temps à s’émouvoir pleuvoir mouchoir rinçoir foutoire rien n’irait comme il faut il paraît qu’il ne faut pas écrire sous influence c’est mauvais d’être pédant chiant et bravant Du Bellay était un poète maudit maudit comme un vrai romantique plus jamais il ne faut désormais concaténer fusionner badigeonner car Zola aussi fut romantique rien du tout dire sans rien dire il ne faut pas se dresser face à la parole n’écoute pas ce que je dis petit salaud car zut et flut passe ton chemin car la littérature ne demande pas la culture le cul c’est beaucoup mieux enfin encore et toujours Robinson avait interdit il avait interdit Vendredi ne devait pas planter son sexe là où fleurissent les mandragores il vaut mieux enculer l’île avec gaillardise tout cela coule et roule et vole et les bruits s’esquissent comme le sperme la suie la sueur le sang le lymphe et le spleen dans Paris les gens dorment avec leur rêve fourmillants fourmillante cité cité sans rêves si t’es sur la grève encore et toujours debout sur la falaise prophète tu as parlé dans ta grotte car il faut entrer puis sortir de la grotte y retourner comme Platon et Strauss apparemment tout fout le camp jamais comme aujourd’hui les inégalités explosent mais Chat-au-bleu est toujours en train de se faire enculer avec beaucoup d’entrain pour un handicapé ça doit être dur de se faire introduire des sondes anales par la bouche il doit peut-être aimer lécher Merdkel comme on lèche les banquiers du crédit sodomite sans doute faut-il un peu plus de sperme qui coule comme l’eau coule sur les murs la pureté l’impure pureté pureté nauséabonde qui vient nous raconter des histoires il paraît qu’il y a beaucoup de vierges au paradis on a dit 70 ou 75 selon les arrivages les saisons et les moissons mais les homosexuels iront en Enfer c’est comme ça la loi suprême et nous irons tous gentiment gaiement sans être trop rapide il faut respecter les conventions la société veut que l’on respecte les codes et les archives l’histoire des corps car le consentement est important et encore et toujours il ne faut pas draguer les filles embêter les gens car les marchés symboliques possèdent des lois propres et des lois internes de composition computation conflictuation confiserie contorsions contusion et contingence les mots déboulent comme un corps de vieillard dans l’escalier je t’aime et moi non plus car dans le ciel elle possède deux l je te rends hommage esprit que j’ai rencontré avant que ne s’écroule la voûte je te rends hommage tu es mort dans l’ignorance et tu n’avais jamais dit à ta mère ce qu’il fallait que tu dises car apparemment les sens et les contre-sens dans les phrases portées et compostés tu les détestes et pourtant tu les avales et les régurgites tu sens la violence du monde et pourtant le monde tourne tourne tournez esprits célestes tournez vous qui savez pourquoi j’ai compris récemment dernièrement que les systèmes d’inférences fonctionnent plus ou moins bien car les sciences sociales sont hostiles aux sciences cognitives que les gens sont bêtes il y a des concours pour entrer dans la fonction publique il y a des centres de recherches et des réseaux des articles des conventions des savoirs l’archéologie est allée bien le loin dans le savoir et il y a sans doute des seins et des fesses et des histoires de cul mais le cul est toujours plus riche qu’on ne le croie la doxa est allée bien loin on croit que le sexe est sale et pourtant Robinson avait bien dit à Vendredi je te dis et redis ne va pas féconder les mandragores avec la semence qu’il ne faut et il avait tapé il avait tapé très fort et encore plus fort jusqu’à ce que le sang coule comme l’eau sur les murs les lézards qui apparaissent et disparaissent comme les escargots qui de temps en temps caressent le sol je les aime je les aime je les ai vu ils m’ont accueillis tout à l’heure et plus tôt et plus tard et avant et après j’ai appris certaines choses mais c’était juste au mauvais moment on a dit que les théories ne valent pas la pratique mais il faut bien une théorie de la pratique bande d’idiots j’ai aussi dit et il a dit et j’ai dit et redit je vous suivrai on a dit qu’il ne fallait pas dire ça et encore une fois roule et coule avant que ne s’écroule la voûte sale ipséité crève tu peux encore crever le monde ira mieux mais non le monde est indifférent saturé et indifférent ton corps sera juste de trop de trop sera ton corps. Tout cela n’est que mensonge, félonie, bassesse et hérésie. C’est moi qui ai assassiné Molloy. Moi et moi seul. Moi qui l’ai induit dans les sentiers qu’il n’aurait jamais dû emprunter, moi qui lui ai transmis l’obsession de l’être, moi le responsable, moi le coupable. C’est moi qui l’ai fait arrêter et condamner, moi qui l’ai jugé et exécuté. Et le pire étant qu’il a plaidé coupable. Le corps de Molloy n’a jamais été retrouvé. Et c’est ainsi que débuta notre métaphysique prophétique.

    Je ne me souviens pas des petits restaurants tout à fait cosy et en même temps bien locaux où Neige m’avait emmené à Moscou…

    “Est-ce que tu crois en la métaphysique prophétique”, m’avait-elle demandé, le teint pensif, le regard… méditatif et contemplatif. Comme la petite SARRA du CHU Perrens ou du CHU Pellegrin quand elle me dit à Bordeaux “Qu’est-ce que tu aimes faire à part de la philosophie ?” – “Bah, j’aime bien faire l’amour ma foi !” – “Eh bien tu dois faire beaucoup de philosophie alors…. (et le regard pensif et méditatif) On n’avait pas vraiment réfléchi à toutes les conséquences”. “On”. (…)

    Le vent ne nous emportera pas. L’ingénierie sociale et le Nudge non plus. Les mots se tiendront. Et la lumière se fera. Empoigne-donc ce qu’il en reste. Tu en feras nourriture. Les charognes s’en nourriront. Il faudra refuser de dire ce qu’il faut. Un bric à brac. Et pourtant on portera l’éternité dans notre corps avec piété et dévotion. On se heurtera pourtant toujours aux mêmes limites. La transformation se fera toujours attendre. Il monta les escaliers. Le corps penché vers le sol. Et pourtant la folie ne s’était pas tout à fait emparée de lui. Il y avait encore en lui l’étincelle de la raison. Les veilles mélodies ne disparaissaient pas. Il ne restait rien et pourtant tout était encore à faire. Les escargots tout comme parfois les mots aiment demeurer dans une carapace qui parfois devient casserole sans que pour autant les smurfs ne parviennent à briser le carcan que les kumquats allègrement piétinent. Encore et toujours et pourtant. Le terme Blux appartient au gascon escargotique. Au restaurant Crous de Port-Royal, on peut payer en liquide.Les smurfs sont dotés de capacités particulières. Au croisement de l’escargot, de l’imprimante et de la machine à café. Il existe quelque part un temple où s’abreuve les grands et les moins grands. Un temple construit sur les ruines de l’infinestimable.

    Un temple où les lapins rencontrent les sainfoins. L’humiliation fut violente. Un spectacle. Je l’ai écrasé et j’ai pleuré. Je ne suis pas sûr, mais je pense pouvoir dire que les smurfs sont dotés de capacités particulières. L’obscure exigence. Et les mots se tiendront, fiers et farouches, dans leur être propre. Les mots se tiendront, antiques phallus que l’on croirait pour toujours plantés dans la matérialité de l’univers. Monsieur le chercheur, tu es un con. Tu m’énerves.
    Et pourtant il faut parler. Jamais se taire, parler même dans le silence, à travers le silence et puis faire l’amour. La sexualité commence avec la parole. Le regard est une chose bien étrange. Le regard est une chose ? Ca ne je ne le savais pas avant d’écrire cette phrase. Ecrire, arrêter de penser. Enfin. Si pensée il y a. Si réalité il y a.