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  • Mounir Zakriti, Quran as Literature and Poetry. « Remuer Ciel et Terre ». Fureur et Mystère, un mysticisme que la Noirceure oblitère. In « L’Atelier du Roman », Numéro 94, 2018.


    « Le 11 janvier 630 Mahow, dit Mahomet, et ses fidèles pénétrèrent Makka et y instaurèrent une religion nouvelle. Ainsi dit la Tradition. Cela allait remuer Ciel et Terre. Mahow voulait conquérir le Monde pour que le Royaume de Dieu soit enfin établi sur Terre.
    Comme tant d’autres. Mahow était magnanime. D’autres n’ont pas su l’être. Il pardonna à tous les Mouchrikines qui l’avaient persécuté, sauf deux d’entre eux : un poète et une poétesse. Ils l’avaient raillé. La poésie, v’là le cœur de son pouvoir charismatique, de son pouvoir symbolique. On ne plaisante pas avec la poésie. A ceux et à celles qui se demandent à quoi sert la littérature, nous pourrions répondre : remuer ciel et terre. Toute sa religion reposait sur une poésie. Fin diplomate, fin guerrier. Un sage et un névropathe de génie. Contrairement à ce que l’on a pu dire de lui, Mahow était sans doute sincère lorsqu’il parlait de Révélations. Il a eu ses moments de doute. Au bord de la falaise. Au bord de la Parole. Les versets qu’il récitait venaient de Dieu et cela ne faisait aucun doute pour lui. Mahow s’est adressé à l’humanité entière. Sa parole visa l’universel bien qu’elle soit née dans un terreau païen où les poètes des Mu’allakat célébraient les chameaux, les Femmes, le vin et le sabre.

    Le 01 juillet 2015, j’ai débarqué à Paris avec deux valises essentiellement emplies de bouquins. Contrairement à Mahow, j’étais seul. Et j’allais le devenir encore plus. A un moment ou à un autre, j’ai rencontré Molloy. Il allait m’indiquer le chemin de l’écriture. J’ai aussi rencontré Mahood. Il allait m’apprendre à tirer des mots du néant. Et puis j’ai rencontré Alecssiss, une petite américaine du New Jersey que j’allais maudire pour son insensibilité et son immaturité. Mais cela serait faux de dire que j’étais tout à fait seul. Je trimbalais mon Baudelaire et mon Rimbaud comme un apôtre la Sainte-Parole. J’ai aussi fait la connaissance d’un mystérieux Prince, toujours habillé en noir, qui remontait la Rue Soufflot comme dans un éternel retour.
    Mahow avait pour habitude de méditer dans une grotte. Un jour, il eut une Vision. C’était l’Archange Jibril Himself qui se présenta à lui. « Iqrae », qu’il lui dit. Mais Mahow se mit à trembler, ne sachant que faire. Il se disait analphabète – mon cul ouais. « Iqrae », « Iqrae ». C’est un ainsi que débuta son histoire. Tout comme moi, il a eu des Visions. C’était un Voyant. Nous baignons dans des sphères lointaines dignes des dieux de l’Olympe. Chaque lecture du Coran m’a éloigné un peu plus de dieu et m’a rapproché de Mahow. Nous errons dans des gouttes d’eau magnétiques. Stipendiez-moi ces vilenies. Oh, mon frère… Mahow avait de solides convictions. Il aspirait à l’Universel. Longtemps, mon esprit a baigné dans les légendes coraniques. Mon imaginaire a été façonné par le Paradis et l’Enfer, les Djinns et les Malaika.

    Lorsque l’on me pose la question « A quoi sert la littérature ? », j’ai un petit sourire : Remuer Ciel et Terre. Mahow, descendant d’Abram avait le Sens de l’Histoire. Il est venu, il a vu, il a vaincu. Sa vie intérieure, son psychisme, les ouragans qui l’animaient, la tempête qu’il portait en lui, tout cela faisait qu’il dépassait de loin tous ses contemporains. Toute la force de Mahow vient de sa puissante poésie envoûtante. C’est ainsi qu’il y a eu un énorme malentendu : on prit le texte du Coran pour autre chose qu’il n’était : une poésie du Lotus des Confins – Sidrat al-Muntaha. Ô Diaphonies. Elllles passaient à côté de moi ombres intenses figées dans d’infinis mouvements laissant indélébile trace dans mon cerveau meurtri pétri languissant et langoureuses jambes qui parcourent Paris étrange dégénérescence des sens au contact du cœur meurtri corps endeuillé sauvagement enlisé Et encore mort de l’espace et du temps étendue maîtresse des corps Continue déflagration Ne m’afflige tu considères enfin dans la grotte de la méditation et bien plus encore Comment lire le Crâne saturé. Certains sont venus. D’autres sont partis. Peu sont restés. Et toi Sara qui dans l’antre de la Sirène. Apposer…Versification ! Tout part en couille ! ABSALONS ! Enfin. Il paraît. Que. Certaines contrées. Sauvages. Riment. Avec d’autres vies. Je perds beaucoup en chair. Poète incomplet. Nihiliste actif. Fait Roi et Peuple par l’Utérus maternel. Conquiert mon esprit maladif.
    Je suis l’albatros. Il prie, se concentre… Et son Khoujou’ n’a point de limites. Et tout à coup il se met à flotter. Ses yeux se vident de leur pupille. Et la Parole passe à travers lui. C’est un messager fidèle. Il suit la diction. Son génie consistera à remuer ciel et terre, à unifier des tribus en son nom et au nom de son dieu. Il a offert à l’Arabie du centre un Etat et une constitution. Réécrivant le monothéisme et se le réappropriant, il produisit de l’Histoire. Il est sorti de l’Histoire puis y est retourné pour devenir lui-même la marche de l’Histoire. Sabres, chevaux, par la Lune et par le Soleil. Et ce fut la fin du paganisme à Makka. Le nouveau dieu, propulsé au rang d’Eternel à égalité de Yahvé, régnait sur l’Etat. Sa Parole est devenue Etat. Ce fut une révolution et bien profonde en son genre. Et commence la congruence tendresse extérieure à mon corps… Il existe quelque part un endroit que peu de personnes explorent…Sidrat al-Muntaha. Quelque part dans notre corps se trouve une contrée où réside une force vitale. Celle que tout écrivain, tout mystagogue doit explorer au péril de sa Raison. Une contrée que voici…Mon Crâne est surchargé d’images…Une revanche. Images, idées, réminiscences. Tantôt souvenirs, tantôt captation et sentiment de monde. Mais je n’étais pas dans le monde. J’étais moi-même monde. Voici le jardin où naissent les dieux, voici le jardin du Confin. Inquiétante étrangeté. J’ouvre mon Coran et je psalmodie. Ainsi parle Allah : « Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes, et Nous avons effacé le signe de la nuit, tandis que Nous avons rendu visible le signe du jour, pour que vous recherchiez des grâces de votre Seigneur, et que vous sachiez le nombre des années et le calcul du temps. Et Nous avons expliqué toute chose d’une manière détaillée ». Mais encore : « Voici les versets du Livre explicite ». Je psalmodiais. A demi-voix. De jour comme de nuit. Les catholiques disaient bien qu’il ne faut pas lire les livres sacrés. Il suffit de les ériger en monuments et de les laisser à leur place. Et comme voici que je vogue…Wa Nnazyat… Le fracas ! Qu’est-ce que le fracas ? Et qui te dira ce qu’est le fracas ?
    C’est le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés, et les montagnes comme de la laine cardée; quant à celui dont la balance sera lourde – Et la mienne de balance est bien lourde. Et voici la vérité éternelle. Et voici les fulgurances. Comment y échapper. Estelles amarres attachées à mon corps. Continument. Voici le génie de Mahow qui parle en moi. Et dans cette série de correspondances surgissent les voix qui coulent dans mon cerveau. Seigneur comme j’ai souffert de ta pluie et de ta misère… Tu rentres seul dans ton domaine. Tous les jours je les vois…J’la retrouverai jamais, jamais ! Elle est pourtant en moi… Et que le Ciel m’en soit témoin… J’ai longtemps erré dans le marbre de ton corps… Et comme l’Inferno, dans les cercles que je gravis…J’ai l’âme revêche…La voie royale ! Mais encore ! Accordez l’absalon… Dans le désert de l’Arabie du Centre on allume des feux avant de s’endormir. On entoure les tentes de petits foyers allumés qui éloigneront à la fois les animaux hostiles et les Djinns. Les Djinns ont peur de deux choses : la lumière allumée par Mahow et les versets du Coran. Les Djinns sont de curieuses créatures. Elles rôdent autour de vous. Vous ne les voyez pas, mais elles sont là, vous guettent jour et nuit. Ils s’avancent vers vous, les mains ouvertes et les paumes tournés vers vous. Vers vous. Vers vous. Il y a parmi eux des croyants et des incroyants. Je remontais, seul, la Rue Soufflot. Le village s’est réuni. Un consensus semble avoir émergé. La meute s’attroupa. Les combats s’engagèrent. Il était seul face à la tourbe. Sauvagerie et déchaînement des passions. Et tandis que j’écris les souvenirs emplissent mon Crâne et me débordent. J’ai été trop longtemps un ange de lumière…Mes lettres de noblesse. Voici ma vérité. Antique. Authentique. Comme je me la donne. Face à dieu et aux hommes mes mots se tiendront dans leur fierté altière. Et ainsi de suite, viendra la sentence. Folie et déraison menacent le sujet. Et jamais encore je ne dis plus. De la rigueur, de la rigueur ! V’là ce qu’exigent ces charlatans de misère ! Cette vie est déjà bien haïssable et bien ennuyeuse… Il faut quand même qu’ils se la ramènent et en rajoutent une couche ! J’apprendrai pas leur formalisme et pas pour un sou ! Rien à foutre ! Tout cela est bien moche que je vous dis… J’aurais dû me mettre une balle au lieu d’écrire. Et que ça grince et que ça grogne et que ça cogne… Je m’y suis collé moi à la littérature, je m’y suis frotté, hein, vous saisissez le truc ? Idiots de mes deux… Je chaufferai à blanc la langue et je la lèverai jusqu’au plafond. Je suis assis dans un fauteuil. Sis Salle 1 de la Bibliothèque du 45 rue d’Ulm. Ecole dite Normale et soit disant Supérieure, dit Nizan… Ma présence ici est en soi un fait romanesque. J’me demande bien, des fois, ce que je fous là. Je viens de croiser Sarrass avec sa sale gueule. Elle est d’une mocheté métaphysique. Ca me déprime de la voir le matin. Elle a une voix de gamine et des formes de babouin. Putain de dieu… Y’en a qui ont vraiment pas été choyé par la nature…
    Donc je disais. J’sais plus comment je me suis retrouvé ici. Je regarde les gens et les choses avec le regard de mon Molloy, la bouche légèrement entrouverte, les yeux un peu hébétés. Ils ressemblent à des personnages de romans. Ici les gens ne vous regardent pas. Ils tirent la gueule et sont imbus d’eux-mêmes. Quelle saloperie… Pas un sourire, rien. Je travaille sur Céline. Mais je n’arrive pas à me concentrer. Je remarque un bourgeois paré d’un manteau noir. Il est fin, mince, la silhouette allongé. Il doit faire du ballet, comme la petite idiote d’Alecssiss. Il a vraiment une sale tête. Les lèvres pincées, le visage serré. La morgue du normalien parisien en Lettres. Il pousse des petits bruits d’autosatisfaction parfois. Ca me répugne. Le normalien littéraire, parisien, bien foutu, avec un sale manteau à 200 euros comme ça, ça me donne la nausée. Non pas que je vienne de la populace, hein… Moi j’ai une certaine idée de la bourgeoisie. Je m’étais promis de ne pas raconter ce que je voyais à Normale Sup. Mais je n’arrive plus à écrire comme avant…

    Question d’humeur hein… Je n’avance plus dans mon Mahow. Alors je vais juste écrire mon impossibilité d’écrire. Le groin des porcs manquera bien des perles…. Et puis…Bof…J’ai perdu mon chargeur ce matin. Je me suis fait virer de la BD-thèque. Salauds… Le « COF ». Un Etat dans l’Etat. J’ai aperçu Gvendaline hier. Elle est vraiment bonne pour tout dire. Un autre jour je ferai la description phénoménologique de ses jambes. Elle aussi, tout comme Brumne, une virtuose de la jambe et des bas. Wa l’3adyati Dabhan ! Fal mouri9ati 9adhan ! Fal maghirati Soubhan ! Wa nnazyat nazyan ! Par les coursiers qui halètent et qui font jaillir des étincelles ! Qui attaquent au matin ! Et font ainsi voler la poussière ! Il est des vérités qu’on ne peut trouver qu’en de sombres grottes et dans d’ardents buissons. Ce périple. Je suis une feuille-automne. Mon âme : la Chose. Eviter la douleur. Naviguer donc. Naviguer enfin. Naviguer toujours.

    Sempiternellement. Commencer, recommencer, comment c’est ? Oh ! Oh, « ça » ! Ca ! Cra ! Cri qui surgit de nulle part. Domestique détruis – détruisit- la maison où tu – il – habites – habite… Dire ! Dire ! Dire et médire pour contrer la mort ! Seigneur ! J’ai parlé. Ainsi commence mon périple. Ainsi il recommencera. Ainsi il s’éternisera. Demain on ramassera les lointaines fougères qui filent entre les arbres. Squizze it and hold it. Of ! Of ! Of ! Et strutructruc… Qu’ai-je dit… A dire ! A faire ! Joyeux luron ! Epousons… Poussons les cosaques zaporogues ! Pousse comme tu vas et comme ça te va… J’aurais dû garder ça pour moi. Je suis né pour maudire les divinités de mes ancêtres. Voici mes mots et mes carnets. J’ai donc vécu. Et la musique de mes mots m’a emporté. Amie ! Célèbre donc la vie et rien d’autre ! La poussée de la plante et de la pierre. Contraste. Pourquoi les mots quand Jana il y a tes yeux. Dans tes yeux Jana m’abreuver. Odieuse vertu des religions, j’ai pour ma part un démon bien négateur, bien affirmateur, un Démon d’action et de combat. Et mes Démons sont bien irréductibles. Cours ! Cours ! Jusqu’au bout de la phrase, qu’ils me disent ! Et mes mots me viennent de Démons tempétueux. Je n’ai pas d’autre divinité que la Femme. Seigneur, viens à moi avec modestie. Et le garde champêtre que tu soudoies. Peu m’en chaux ! J’ai abandonné l’écriture dense pour la densité des chevelures. Je suis l’homme-sans-dieu, je suis l’homme qui a voulu se faire dieu ! Pureté ! V’là leur sale obsession à eux, ces pov’ religieux ! Qu’ils croient l’humain sale et tout ce qui vient de son corps méprisable ! Contempteurs du corps, phtisiques de l’âme ! Prêcher la pureté, v’là leur marotte et bien perverse comme elle en est ! Prêcher la pureté et puis la chasteté v’l’à un immense vice et une immense négation de la vie ! Prédicateurs d’arrière-mondes ! Il vous faut du blasphème et du bien bon ! Comme Allah doit vous maudire dans votre ignorance ! Et le souffle qu’il faudrait pour vous emporter ! Le souffle même de Mahomet, de mon Mahow ! Jette donc le Livre ! Lève-toi et marche ! Il est temps de prendre le Capitole ! Marche, Prince, marche à mes côtés d’un pas ferme ! Le Seigneur véritable est avec nous ! Abou Bakr, ne crains rien ! L’Histoire nous accompagne ! Il est des contrées que je peux t’indiquer ! Ami !
    Lève les yeux, homme d’Ovide ! Le Ciel est vide. Que crois-tu chercher ?
    La vérité ? La vie éternelle ? Qu’avons-nous à faire de l’éternel ? Qu’avons-nous à faire des certitudes ? Gerce perce tout mon corps ! Je suis le morceau flétri de la lune ! Embaume-moi donc par ton linceul et enduis, enduis, mon corps méduse divine autour de mon Crâne ! Fétide et nauséabonde pureté ! J’ai brûlé le Coran. Et avec mes livres de Mathématiques. Adieu ! Adieu à la Science ! Adieu à la Raison et à l’exégèse. Voici le réel ! Voici la vie et la pulsion ! Donne-moi l’impulsion dernière ! Mon exil intérieur porte des lettres de sang gravées tout autour et tout autre. Je suis les feuilles de ton automne. Je suis l’homme-sans-dieu, je suis l’homme-dieu ! Je suis l’infini et l’humanité entière ! Je suis un chien qui erre entre tes destins, Seigneur ! Seigneur qui vous tenez dans votre silence altier. Vous pouvez aller crever. Et moi avec. Jette donc le livre du Devoir et du Châtiment ! Jette, jette ! Je me tiens en face de vous Seigneur, je suis dressé comme un Homme, planté sur Terre et bien décidé à ne pas me laisser impressionner. Je rejette votre jugement. J’en ai fini avec le jugement de Dieu. J’ai été tour à tour déiste, théiste, croyant, pratiquant puis agnostique, puis sceptique, puis totalement athée, puis athée morne et morose… Et puis advint la Littérature que ton vague sens rature ! La littérature, voilà la question fondamentale, mon Dasein et ma Vie. Il y a une autre question, je suis passé de la vénération de la Lettre Coranique à la vénération du Corps féminin et de la Beauté. Le sacré est passé pour moi du Ciel à la Terre. Et entretemps tout cela a remué en moi Ciel et Terre. Je suis devenu un grand Débauché devant l’Eternel. Il était temps pour moi de dépasser l’athéisme qui n’est qu’une autre forme de croyance. Il était temps de détruire l’individualisme qui relie Allah à son Fidèle. Je hais l’Individu. Et pourtant je suis un Immense Individu. Par mon écriture et ma trajectoire au sein d’un champ magnétique. J’ai voulu donc renverser et briser des idoles, comme Abraham et comme Mahomet, acte nietzschéen s’il en est… Et en créer de nouvelles ! Voilà pourquoi je dois me séparer de, quitter, me séparer… H – H .J’ai cherché à me réconcilier avec Mahomet.
    Congédier Allah pour embrasser Mahomet, ce grand homme. Je ne supporte pas la culture lorsqu’elle est morte, poussiéreuse, inaccessible, réservée, distinguée, érudite, profonde. Je suis un Lecteur Superficiel, pressé, impatient, furieux d’émotion. Révèle-moi ta pensée et ton souffle ! Voici mon affect et mon émotion, voici mon Corps et ma Pulsion, voici mes Mots et mes Visions ! Furie ! Furie partout ! Et puis, j’me dis, que pourrions-nous faire d’autre, sinon chercher furieusement à s’enlacer, comme Didir et Gogo… Avec le temps, on s’habitue. Mais… même Lucky finit par se révolter. Quand on lui demande. Faut pas dire du mal de notre époque hein, elle est pas plus mauvaise que les précédentes. Mais moi j’peux pas m’empêcher de penser… Surtout quand…Le tout étant d’essayer de danser des fois. Des fois qu’on se trémousse. Et ça vous prend comme ça. On sautillera un peu. Le tout étant de pas se rendre compte. On peut s’acharner, rien n’y fait. Faut finir par apprendre à s’aimer et à se baiser les uns les autres. En s’enivrant et en grignotant des feuilles mortes. Et puis, le solstice viendra. On finira par s’foutre en l’air, ou mieux, de prendre son pied comme il faut. Encore faut-il être un peu souple. Mais les mandragores finiront par pousser. Aarr elles hurleront et gémiront un peu quand on voudra les arracher. Curieux non. C’est ce qu’on raconte, c’est ce qu’on raconte. Nous pourrions tenter d’engager l’exécrable ambroisie. A la rigueur. Tout au plus. Et puis… et puis. C’est ainsi que commence notre périple, c’est ainsi qu’il reprendra. Inexorable. La douleur restera sans doute entière. La haine empêchera la tristesse. Et ainsi, peut-être, peut-être, aurons-nous une chance, aussi infime soit-elle. C’est ainsi que parlèrent les belles vierges élevées pour être putains  » ///

    Mounir Zakriti, ENS de Paris, 2016-2017
    A Stéphane Beaud, Julien Sazadaly et Micol Bez.
    Au mathématicien qui seul erre dans les couloirs d’Ulm mes prôésies
    American Modernism and French Ivy League
    The World Republic of Literature and Surrealism
    The General Bureau of Investigation and Poetry
    Death to All Religions

    Ex-DGSE, Pointe de Diamant.

  • On Hayek and Neoliberal Utopia. A lecture of Michel Bourdeau. « Hayek: Theorist and Activist », by Mounir Zakriti, translated into English by Susannah Dale.

    Hayek always presented his reconstruction of liberalism as a utopia, based on the idea of a spontaneous, self-regulating social order, against what he calls « the chimera of social justice ».

    https://booksandideas.net/Hayek-Theorist-and-Activist

    by Mounir Zakriti, 27 February 2025, translated by Susannah Dale, with the support of Cairn.info

     » La fin de l’utopie libérale [The End of Liberal Utopia] provides an original, comprehensive and internalist approach to Hayek, his career and his work, following his ideas step by step. Hayek cannot be described as a mere economist, nor even as a mere theorist of liberalism: he is both a theoretical thinker and an activist, whose work cannot be understood without taking into account his hostility to socialism and economic planning, and to the concept of social justice attached to them. Hayek was also a player in history and an activist who contributed to the renewal of the theoretical and epistemological foundations of liberalism, helping to forge the matrix of what researchers today call “neoliberalism”; from the Walter Lippmann Colloquium to the Committee on Social Thought in Chicago and the Mont Pelerin Society.

    This book addresses the work and thought of Friedrich Hayek by presenting a coherent overview of key concepts that enable us to reconfigure the theoretical foundations and epistemological framework of classical liberalism, with the notion of the social division of knowledge, ignorance as a definition of individualism, complexity and above all self-generated spontaneous order seen as an “organized complex system,” with specific reference to the link between spontaneous order and evolution, which are said to be “twin” or even parallel ideas. Michel Bourdeau eruditely traces the origins and structure of Hayekian traditionalist and evolutionary liberalism, from early seminal texts such as Economics and Knowledge (1937), to Law, Legislation and Liberty (1973-1979), the culmination of a truly political, albeit multi-dimensional, body of work.
    Hayek against liberalism

    Although the book is somewhat technical in nature (as is needed to clarify the subject matter), all the concepts are defined and explained in a way that is accessible to a wide readership, with the main difficulty being the high conceptual density. The result, however, is a success, offering not only a “critical introduction” to Hayek’s thought, but also a summary of the main concepts and a reading guide. The book then examines utopianism as a strategy and political philosophy in Hayek’s work from 1947 onwards, with the publication of the text The Intellectuals and Socialism: Hayek believes that to confront and defeat socialism, we need to turn to intellectuals, those “second hand dealers in ideas,” and spread neoliberal, or rather “authentically liberal,” ideas in the form of utopias to win over the malleable masses; next, we should turn to governments to establish the “rules of fair conduct” needed for the emergence and smooth running of the “catallaxy,” or economic order, which should be the model and paradigm for Society as a whole, thereby underscoring Hayekian pan-economism.

    These are all mechanisms capable of achieving the “Great Society,” in the tradition of Adam Smith and Karl Popper, thus recreating a philosophy of history with a teleological perspective, although it is not always possible to distinguish between the descriptive or positive character, and the normative or prescriptive character: if spontaneous order is “synonymous” with, or the product of, evolutionism, and if it is “spontaneous,” then why found the Mont Pelerin Society, write a book and advocate rules of fair conduct and law to help create the “Great Society”?

    In his 1949 text The Intellectuals and Socialism, for example, we understand that Hayek regards liberalism as a utopia, both as a political strategy and as an ideological doctrine. Michel Bourdeau’s book offers a critical insight into Hayek’s thought, providing us with the tools we need to decipher the contemporary political and economic world, and in particular the European treaties—so influential were Hayek’s ideas in liberal circles and beyond. Michel Bourdeau reminds us of the vital distinction between economic liberalism and political liberalism as two distinct but related forms or facets of liberalism. Political liberalism preceded economic liberalism as a thought and ideology; it consisted in limiting political power and putting an end to abuses of power by advancing the rights of individuals. Economic liberalism, on the other hand, had an immediate political significance: any government action was seen as unnecessary or even harmful interference. Yet, the Whigs of the 18th century were protectionists, and it is well known that economic liberalism adapted well to military dictatorships.

    It is therefore important to emphasize that Hayek defended economic liberalism above all, taking the market economy as the paradigm of life in society, expressed as “the market overseeing the state, not the state overseeing the market.” Hayek described himself as a liberal, not a neoliberal in reference to the liberal tradition, which he presented as authentic in order to “benefit from the prestige associated with it.” This is one of the facets of Hayek’s traditionalism, in addition to the fact that the rules of fair conduct are the product of traditions that should only be modified at the margins for the sake of preserving the self-generated mechanisms of spontaneous order. It should be noted that Hayek and his followers engaged in a kind of “rewriting of the history of liberalism, overlooking the fratricidal struggles waged by the various members of the great liberal family” (p. 17).

    Thus, it may be useful to point out that while Hayek was openly waging a political, epistemological and ideological battle against socialism and planning in all their forms, he was also leading a fight against Keynes, whose general theory was largely dominant in Cambridge circles of economists and intellectuals. Yet Keynes also called himself a liberal and may be counted as such in the great family of liberal thinkers. Hayek also issued a kind of excommunication against John Stuart Mill, another liberal thinker and economist, on account of his “utilitarianism” and “socialist drifts.”
    Hayek as theorist and activist: a crusade against socialism and socialists

    The book also highlights the “prodigious influence” that Hayek’s work has had well beyond economist circles and academia. He is probably one of the few economists to have produced genuine bestsellers such as The Road to Serfdom. Traces of his thought can be found both in Wikipedia founder Jimmy Wales and in Margaret Thatcher, who openly claimed to have read The Constitution of Freedom (1960), which she brandished at a meeting of the British Conservative Party, proclaiming: “This is what we believe in.” Hayek also occupied a “unique position” thanks to his political commitment to a cause. He also had the distinction of redefining liberalism for the 20th century in a systematic way, i.e. by proposing a system of interrelated concepts with a normative and prescriptive scope, sometimes asserted, sometimes implied.

    For Hayek, freedom thus became not only an “absence of coercion” by an arbitrary power that would hinder the free movement of goods and people, but also the ability to use “one’s knowledge to achieve one’s ends.” Liberalism became a utopia to be realized, with all the contradictions this implied, since Hayek rejected interventionism and constructivism while simultaneously calling for the constitution of a new form of legislation and society. For his liberal friends, utopians were socialists. Yet Hayek sought to maintain that “it is ideas that rule the world,” asserting the legacy of Hume. It was in this sense, moreover, that the “invisible hand” revisited through law and the rules of right conduct functioned as a “secularization of theodicy” (p. 21).
    The theoretical and epistemological foundations of the “Great Society”

    Once we have acknowledged that one of the original features of Hayek’s thought is that he posits and presents his liberalism as a utopia, we need to understand its foundations and key concepts in order to expand and clarify them—as with Hegel on this point—for Hayek’s neoliberal utopia was a “system” that asserted and called for “the courage of utopia,” recognizing that socialism could not have spread as a worldview and political program without the help and support of “intellectuals.” To gain an insight into Hayek’s thinking, we need to start with the influence that subjectivism may have had on Hayek.

    The cognitive, even cognitivist, aspect of Hayekian epistemology is highlighted as early as Chapter I with a discussion of his seminal article Economy and Knowledge (1937). Indeed, individualism is defined on the basis that each individual has a “mental map” enabling him or her to perceive the world through representations and fragments of information. The aim of the market or catallaxy would then be to enable individuals to interact according to their representations or subjective perceptions with complete freedom, unhindered, within a framework of law and the rules of fair conduct.

    The “social division of ignorance” reconciles the notion of individualism with the idea of subjectivism, according to which we have only partial representations, hence the need for a system that enables the exchange of information and communication through signals such as prices: this system is the market economy, conceived as a spontaneous, self-generated and self-regulated order, which must not be interfered with, as this would distort the channels for circulating information and adjusting individual expectations—the true theory of equilibrium in the legacy of Carl Menger, replacing the neo-classical theory of equilibrium through supply and demand.

    Accordingly, the market is theorized as a place where information is exchanged, and prices become signals. This reasoning leads precisely to the rejection of all forms of centralized planning and interventionism in the market, as they may not only hinder “individual freedoms” but also prices above all, and thus the smooth flow of information.

    The author introduces us to the basis of Hayekian epistemology via three concepts: complexity, spontaneous order and evolution. All three are intrinsically linked in their very definition, since complexity makes it possible to understand spontaneous order and reject scientism, or at least “constructivist rationalism”; and non-Darwinian evolutionism serves to justify the perspicacity of the notion of spontaneous order, while rejecting sociobiology and “social Darwinism”. Evolutionism and cultural evolution thus paradoxically become philosophies of history, as Hayek calls for “intervention” through “negative rules” to prevent “interference” with “catallaxy,” while asserting the spontaneous, self-generated nature of the market.
    The “great open society” as both teleological horizon and narrative

    Hayek’s liberal utopianism was underpinned by two main narratives: the “great society” and the “global market,” which allowed national sovereignties to be bypassed by the establishment of an “international legal order.” To bring about this “great society”, it was necessary to wage a veritable “crusade against social justice,” seen as an obstacle to achieving this utopia, which ultimately came down to what Hayek would call “constructivism.” Thus, the struggle to achieve it required fighting against everything that might stand in its way, while stressing that this great society not only needed the market to function, but took the market as its paradigm. However, the Austrian economist’s main concern was to discredit and refute the “inane incantation” (p. 131) of “social justice,” the latest avatar of what was left of socialism once economic planning and centralized interventionism had been rejected. Moreover, Hayek established a questionable continuity between social justice and “servitude,” since there was nothing “just” about social justice, and it even ran counter to the law, since it did not respect formal equality.

    Beyond these observations, hostility to social justice reflected a particular understanding of the relationship between the political and the economic, since the political sphere should be separated from the economic, thus “dethroning” politics and rejecting all forms of state intervention as unwarranted interference. For Hayek, then, the very notion of “social justice” was a “chimera” and meaningless in every respect. The book also has the merit of presenting an alternative to Hayek’s thinking on the notion of social justice, by defending the principle of solidarity through the idea of “joint responsibility” and strictly social rights, which opens up the debate on the nature and meaning of an “open society,” a notion that Hayek is said to have hijacked.
    Is there a way out of neoliberal utopianism?

    The book concludes by suggesting that the liberal utopia is now a chapter in political history, but that this in no way signifies the end of liberalism as a great family of thought. Besides, surely we should now be talking about a “neoliberal” utopia? Predicting the evolution of political systems in so-called advanced modern societies would be a risky undertaking. In any case, modes of government are often a blend of several currents of thought, and de facto current government policies in France are most likely a blend of ultra-liberalism, authoritarian liberalism, evolutionist-inspired neo-liberalism and, finally, new technocratic management with populist leanings.

    No government is “chemically pure” enough to be exclusively liberal or neoliberal, given that these terms can refer to diverse realities, or even to authors and currents of thought with divergent ideas, albeit with shared foundations, such as individualism. The debate on post-neoliberalism is not over yet, just as the debate on the nature of neoliberalism itself is by definition open-ended. » //

    Michel Bourdeau, La fin de l’utopie libérale. Introduction critique à la pensée de Friedrich Hayek, Paris, Hermann, 2023, 230 p., 24 €.

  • Spinoza and beyond, Pantheism, Naturalism and Rationalism. Deus Sive Natura as Rational-Natural Theology. God is Nature, Nature is the Totality of the Being. By Mounir Alone Zakriti. 2026

    Spinoza distingue judicieusement différents types de connaissances et différents types de « publics » ou d’interlocuteurs.
    To adapt a « morale socio-religieuse » for the « large public » is a Spinozian strategy in his Tractatus Theologico-Politicus (TTP).

    « Ceux-là seuls, disait Goethe, ont besoin de la religion qui ne connaissent ni les disciplines de la science ni les beautés de l’art. (Aussi pour des questions d’inégalité socio-économiques pourrait-on ajouter dans une perspective bourdieusienne… ou d’accès à la connaissance logico-empirique…). Ceux-là seuls se contentent de la foi, qui ne connaissent pas la joie souveraine de la Clarté, car la foi religieuse, tout affranchie qu’on la suppose de la superstition, est encore une Servitude, aussi utile qu’elle soit (ou qu’on pourrait imaginer qu’elle soit, notamment pour l’ordre « socio-politique »). »

    « Spinoza ne riait pas des faiblesses humaines et ne tournait pas en dérision les croyances religieuses, mais certaines croyances le faisait sourire (…) Il ne cherchait pas à détourner de croire les personnes pieuses de son entourage qui trouvaient dans leur foi une raison de vivre en paix avec autrui et avec elles-mêmes »

    Notice/Introduction au « Traité Théologico-Politique », pages 11-15, GF Flammarion.

    Spinoza est pour ainsi dire « indifférent » à tous les dogmes religieux quels qu’ils soient. Spinoza est l’un des premiers philosophes rationalistes à montrer que les rites religieux ont un rôle proprement social et politique, et que comprendre ou concéder l’aspect anthropologique ou psychologique des religions ne doit nous mener vers la superstition ou la soumission ou la servilité intellectuelle, et surtout à ne pas prendre ses désirs et fantasmes pour des réalités. On aimerait bien que Dieu se comporte comme « notre père bien aimé, qui nous aime et prend soin de nous quand nous prions et quand nous suivons des règles et/ou des rites et/ou rituels », règles, rites et rituels créés par des êtres humains dans des perspectives proprement socio-politiques, dans un contexte socio-politique situé historiquement, mais cela ne correspond tout simplement pas à la Réalité. DONC : principe de réalité, principe de réalisme naturaliste, et DONC principe d’humilité et de modestie épistémique et scientifique. L’ignorance épistémique ou épistémologique ne permet en aucun cas de conclure à un « DONC » concernant l’existence et les attributs d’un Dieu Anthropomorphe, Créateur, Omniscient, Omnipotent (et absent), qui est comme le chef de tribus ethnocentrées.
    It’s called the « God of Gaps ».
    (…)

    Spinoza explique clairement que la Prophétie est une forme de « connaissance naturelle », venant de la Nature, et que les Prophètes ou « Nabis » font usage à la fois de l’imagination intense et de la « lumière naturelle ».
    En gros, en quelques mots, du fait de leurs « complexions » (structures et structurations cognitives et physico-chimiques mais aussi psychologiques), les « Prophètes » expliquent aux êtres humains ce qu’ils « ressentent, pressentent, voient et entendent » à travers la Connaissance Naturelle, l’Imagination et les Intuitions.
    Spinoza précise aussi que les Prophètes peuvent se tromper, et qu’ils ne doivent pas être « worshiped /sacralisés » au sens épistémique. Les Prophètes ou Nabis ou Nevis doivent être écoutés, entendus, protégés, étudiés et interprétés, mais ils ne sont rien d’autre que… les produits et l’extension de la nature humaine et de la Nature.
    (…)
    Spinoza développe et précise justement dans le Chapitre 1 du TTP comment « Dieu / La Nature » s’exprime à travers certaines personnes ou Orateurs : par les visions et les songes, les rêves et l’imagination, certains bruits et certaines intuitions/fulgurances.
    Les Prophètes sont ainsi les Herméneutes de la Nature et les Exégètes de la connaissance naturelle : en gros des « Advanced Analyst ». Littéralement. Literally.

    De mon point de vue cela correspond à une période historique précédant le Savoir Empirique de Galilée, Copernic, T. Brahé, G. Bruno, et Newton. A partir du Siècle de Spinoza puis de Newton, les « Prophètes » désignent en gros les Poètes, les Philosophes, et certains Scientifiques. Galilée, Copernic et Newton étaient tous plus ou moins mystiques et/ou spiritualistes (tout comme Max Planck ou Einstein), simplement, ils présentaient leurs travaux et leurs « prophéties » sous les titres judicieux de « Philosophie Naturelle/Naturaliste » ou de « Cosmologies et Cosmogonies » ou de « Gnoses » ou de « Principes mathématiques et physiques » (Principias Mathematicas).

    Voilà précisement ce que le « grand public » qui écoute les Dogmes Monothéistes (contrôlés et financés par des Etats et des Organisations politiques et économiques) ne comprend pas : depuis 300 ans il existe de Nouvelles Formes et Manières d’Ecouter Dieu (La Nature) en sa Totalité et en son Ontologie, et d’interpréter Dieu (cad la Connaissance Naturelle par les Lumières Naturelles), cela s’appelle les Sciences Empiriques et la Philosophie Naturelle/Naturaliste.

    Spinoza, Galilée, Copernic, Newton, puis Planck, Schrodinger, Bohr, Einstein etc ont prédit INFINIMENT plus de choses, concrètes et concrètement, empiriques et empiriquement, que les Textes religieux monothéistes qu’il faudrait… dépasser. Les Esprits que j’ai cité ici avaient tous plus ou moins des conceptions « théistes/déistes » ou « mystiques/naturalistes/panthéistes ». Et cela commençait par un bon cours de Géométrie Euclidienne, puis par le Calcul infinitésimal et différentiel, puis par le Calcul intégral, puis la Topologie, puis la Thermodynamique, puis l’Electrodynamique quantique, etc, combinés aux Grands Textes de Philosophie.
    De la morale et de la spiritualité ? Je ne connais pas de plus grands livres de morale et de spiritualité que les Oeuvres de Aristote, Platon, Epicure, Démocrite, Lucrèce, Marc Aurèle, Epictète, Descartes, Kant, Hegel, et Spinoza.

    Besoin de règles morales pour vivre et de spiritualité ? Parmi les centaines, sinon les milliers, de productions et de livres/oeuvres majeures monumentales de la Philosophie occidentale, on pourrait commencer par « L’ETHIQUE » de Spinoza. Environ 350 pages de mémoire, clairement divisé et présenté en 5 Chapitres/Sections, où Spinoza, contrairement aux vieux dieux et aux vieux prophètes, explique mathématiquement, dans un langage clair, précis et rationnel, comment se comporter et comment vivre, et comment connaître Dieu, et comment gérer ses émotions, ses passions tristes, sa colère, la haine, la jalousie, l’euphorie, l’excitation, la mélancolie, le désespoir, l’imagination, les interactions humaines, l’âme, le corps, l’esprit, l’éternité, la foi, la spiritualité, la VIE, TOUT.
    Chapitre par chapitre, définitions, lemmes, axiomes, hypothèses, propositions, démonstrations, commentaires, hypothèse, proposition, démonstration, lemme, etc etc etc.

    POURQUOI se casser les pieds à délirer sur le Coran ?
    Des livres chantant et dansant pour rentrer en transes mystiques en Arabe ? Avec des versets mystérieux ? Il y a ARRUMI et IBN ARABI et HAFEZ et HALLAJ etc etc etc (Et il y a Metallica, et New Bass Boosted Arabic Techno au Liban et en Egypte/Jordanie… et les chansons Soufies à la rigueur…. les goûts sont pluriels et diverses et variés).

    Donc pourquoi « sacraliser le coran » et les « morales salafis, salafistes » che pas quoi ?
    Pourquoi ne pas lire le Cercle de Vienne ? (1919-1945) Ou encore les adeptes contemporains novateurs de Spinoza et de Descartes ?
    Les principes moraux naturels sont simples (qu’ils soient conséquentialistes / utilitaristes / pragmatiques / déontologiques / spiritualistes etc).
    Les dialogues de Platon sont emplis de préceptes moraux.
    Ou encore « L’Ethique à Nicomaque » d’Aristote. La Philosophie morale déborde de réflexions nourries et riches sur le bien et le mal, et sur le sens de la vie.

    Mais cela nécessite de « BONS GROS » (comme dit Anatole Dahane) investissements dans l’EDUCATION et dans les Bibliothèques et dans le Savoir, ce que ne font pas la plupart des Etats du monde pour des raisons parfois perverses, viciées et vicieuses.

    DONC. A quoi bon perdre son temps à vouloir absolument chercher la « vérité sur la vie et sur dieu » dans des livres dépassés comme le Coran ou la Bible ? (Sauf bien sûr par « culture générale » / érudition/ références culturelles et civilisationnelles, bien sûr).
    Comme dirait Maxime Rodinson : il y a teeeeeeellemeeeent de choses bien plus intéressantes à lire pour « comprendre la Vie, Dieu, l’Ame, le Corps, l’Univers, la Vérité, le Réel, la Morale, l’Ethique, la Psychologie, etc ».

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas lire le Coran ou la Bible ou les « mépriser violemment », non, je dis juste que dans une vraie bibliothèque, Spinoza et Newton et Aristote sont beaucoup plus importants et beaucoup plus « nécessaires » pour la vie spirituelle et morale.
    Et si leurs Corpus sont « trop gros/volumineux/obscurs/difficiles », il y a les GF Flammarion, et les « Corpus GF », et les Collections Ellipses.

    Là par exemple, sur les questions de la Morale et de l’Ethique, je lis « La Morale », Corpus Gallimard-Flammarion, 40 Textes avec explication et commentaire, en 5-6 pages, choisis et présentés par Eric Blondel, issus des meilleurs penseurs occidentaux ET orientaux ET religieux sur plus de 2500 ans. Simple non ? :///

    Si tu as besoin du Coran ou de la Bible pour savoir comment te comporter avec les êtres humains c’est probablement que tu as un vrai problème psychologique / pathologique / socio-cognitif. Ou Politique. Ou MORAL justement. Ou que tu le fais pour « suivre ta famille et tes proches et tes groupes sociaux/potes etc » (ou que tu te poses même pas la question comme dirait Nietzsche). Ou que tu es payé par la Monarchie Marocaine (ou un autre Régime Autoritaire de Manipulation et de pseudo Ingénierie zossiale).

    Et c’est justement ça la différence avec MOI ( et ce que l’on appelle les Prophètes, ou Orateurs, ou Nevis/Nabis, ou Novateurs/Créateurs/innovateurs, ou Free Thinkers, on n’accepte pas « de suivre les gens et les groupes » en matière justement de MORALE et de Philosophie et de Science, on appelle ça l’Esprit Critique, et on a rien inventé, ça date au moins de Spinoza et Descartes pour mon cas, voire Platon/Socrate).

    Moi aussi j’écoute beaucoup de Podcasts et de Confs sur Youtube et Internet. Mais je consacre AU MOINS 2 heures, de « bonnes grosses » heures de PURE LECTURE par jour, dans des textes DURS à l’ANCIENNE (Il y a un Corpus Canonique Mondial, moi je suis Occidental assumé, mais si vous lisez les Bons Gros Philosophes Chinois ou Japonais ou Indiens ou Arabes même Al Ghazali ou Al Kindi dans le DUR tant mieux, moi je prends plaisir à me TAPER Spinoza DANS LE TEXTE original et originel, ligne par ligne, page par page, parce qu’on appelle ça les Atomes Crochus, moi j’accroche avec Spinoza, mais aussi Aristote ou Bachelard ou autre d’ailleurs; le jour où mes HATERS voudront VRAIMENT montrer les « muscles » et/ou m’impressionner, il faudra prendre la PEINE et le TEMPS de se TAPER mes BOUQUINS et mes TEXTES/MANUSCRITS ligne par ligne page par page et me montrer mes erreurs/défauts/fautes/défaillances/faiblesses littéraires, philosophiques, historiques, stylistiques, morales, esthétiques, métaphysiques, épistémologiques, ETC et il y en a BEAUCOUP, car quand je finis de lire, et je passe toujours de la Lecture à l’Ecriture et inversement et retour, comme Julien Gracq et JP Sartre, je me tape AU MOINS « DEUX BONNES GROSSES HEURES » de PURE ECRITURE, du JUS DE CERVEAU. C’est ça le « Travail ». Ensuite soit je me masturbe soit je rentre en Transe, soit les deux, ou bien je CHANTE, en Anglais et en Arabe et en Français BREH voire en ALLEMAND. Et idéalement, on ajoute deux verres de vin pour éloigner le médecin et 2 heures de marches / balades par jour. C’est COMMEUH CA que l’on FAIT. Old school LOL. Anyways. Whatever dudes.

    /// Commentaire sur les notions de Prophètes/Prophéties, d’Imagination, d’Intuitions et de « lumières naturelles », chez Spinoza, avec mon humble lecture de non-agrégé. Prochaine étape : David Hume et le Cercle de VIENNE, Carnap, Frege, Godel, toussa toussi toussa.

    Spinoza, TTP, GF Flammarion, Présentation, traduction, notes par Charles Appuhn, Chapitre Premier; « De la Prophétie », pp. 31-38.

  • Mounir&Joelle Zakriti (in my loneliness and darkness). Early Poetry, Paris-Prague, 2017, in « Bosom of Change or the Mirthful Becoming », 200p. Washington DC Property.

    To Prague and Vienna. Langage et Culte d’Eros
    pourquoi les mots quand Jana il y a tes Yeux.
    Vivides souvenirs et rémanences.
    Pour Jana Třísková et pour Prague.

    On dit que le monde n’est pas rose
    Quelques salauds de technocrates ont rendu la vie morose
    Paris et Casablanca à la fois
    Partout exilé où trouver refuge
    Jana je fuyais tes yeux ô force centrifuge
    Un monde par le Capital et la froideur dominé
    Tes yeux, ô déesse slave, le monde illuminaient
    Tes yeux Jana céleste symphonie
    Couleur, odeur, disharmonie
    Tu transformes le Monde par d’allègres métamorphoses
    Transformations permanentes et anamorphoses
    Dans tes yeux Jana je voudrais me noyer
    Tu es de la Civilisation Slave la Quintessence
    Tes yeux Jana un jaillissement qui de la vie l’essence
    Dans tes yeux Jana me noyer
    Par tes yeux Jana une âme foudroyée
    La rage d’Isidor, élégante insolence
    Tu es Jana de Prague la Substance
    Ton visage habite l’avenue de Clichy tel un esprit
    Dans tes yeux Jana l’incarnation de la Vie
    Jana tes beaux yeux dans lesquels je me noie
    Je te regarde, éperdu d’amour, d’angoisse et d’effroi
    Tu m’offres un prénom et un nouveau visage
    Prague, Casablanca, Paris et Moscou à la fois
    Je suis partout et me revoilà
    Porc, porc, porcelaine, je dégouline d’angoisse et pourtant
    Je suis fragile et l’enjambement ne m’abuse
    Accablante tu, tue la forme, un Je risible
    Chronique d’une vies de déchéances et de dérélictions
    Jana tes yeux ma Salvation
    Ton sourire et le contact de ta peau la Rédemption
    Jana dans tes yeux je me noie
    Je te parle avec babil et effroi
    Le monologue intérieur et la diffluence
    Transi de passion et d’élans dans un monde d’indifférence
    Tout cela s’enfonce et s’engonce
    La tentation, nuisible risible désir à fuir
    Nubile désir infini les meubles et les objets
    Je voudrais parcourir avec toi montagnes et forêts
    Je vis le Monde comme un gouffre où le Moi disparaît
    Tout est hostile à mon corps infini
    Je ne suis pas le Styx pour te demander mille fois
    Écoute-moi encore et ensuite on verra
    Je fuis ton regard qui m’ensorcelle et me torture
    Tu es une Voie vers la Vie et la plein aventure
    Jana dans tes yeux je me noie
    Je serai brillant comme Aristide et concis
    Pourquoi les mots quand Jana il y a tes yeux
    Feux follets, des rayons si lumineux
    Parfois je me mets position fœtale
    Un Visage tu es à la fois cruelle et fatale
    A toute vitesse à toute allure et tout se suspend
    Jana dans tes yeux mon regard se morfond et s’étend
    Les nénuphars flottant sur l’étang
    Muse je suis pour tes beaux yeux supplicant
    Tu es la déesse et moi le païen
    Le Réel autour de toi disparaît, que dire mais enfin
    C’est la surface du texte, de l’Être et des étants
    Ton Visage injecte dans mon langage un vital élan
    Le monde chante par lui-même Jana m’entends-tu
    La phrase et le verbe par ton pouvoir jaillissent
    Multiples correspondances que Jana tu crées
    Je ne suis rien d’autre qu’un dactylographe
    Tape tape et les mots ne feront pas consensus
    Les mots sont inutiles sinon pour chanter la Beauté
    Tu rends pourtant tout langage futile
    A quoi bon le langage quand Jana il y a tes yeux
    Le Temps et l’Espace hier sont morts
    Tu me jetas Jana un cruel sort
    Dans tout Paris je m’en vais fredonner
    Litanies au Doyen Lucifer et à la Vierge Marie
    J’abandonne les Déesses-Françaises pour tes yeux Jana
    Dans ce monde hideux et hostile je demeure
    Avec quelques amis imaginaires dans tes yeux Jana je meurs
    Toutes les formules et les multiples assonances
    Il est vain de parler de tes yeux mon Styx
    Lorelaï aux yeux bleus couleur de ptyx
    D’où te vient sobre Jana toute cette sorcellerie

    Je suis le païen seras-tu la déesse
    Envoûté ou possédé dirait-on presque habilité
    seras-tu ma maîtresse dis Jana emmène-moi vers Prague et Vienna
    Allons vagabonder à Berlin et Iéna
    A défaut de baisers à défaut de déesses
    Je m’en vais, Place de Clichy, cerné par ma détresse.

    Mounir Alone Zakriti, Paris Ivy League
    Place de Clichy, Paris, 2017- Lettre d’amour à Jana T.
    in « Bosom of Change or the Mirthful Becoming ».
    2015-2026
    La République Mondiale des Lettres
    E Pluribus Unum_De Oppresso Liber