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  • Mounir Zakriti, Quran as Literature and Poetry. « Remuer Ciel et Terre ». Fureur et Mystère, un mysticisme que la Noirceure oblitère. In « L’Atelier du Roman », Numéro 94, 2018.

    Chaque pucelle musulmane est une putain pathologique qui s’ignore. La Haine du Sexe est une Haine de la Vie. Mort à tous les Régimes qui gouvernent le Vivant au nom de « Dieu ». Votre espérance de vie est de 70-80 ans grand max, et vous voulez rester puceaux/pucelles jusqu’à 30 ans ? c’est-à-dire rien du tout dans l’espace-temps des mammifères.
    Vous êtes drogués soit par les Religions soit par le Nihilisme capitaliste, soit par l’Absurdité de la Post-Vérité, et vous ratez l’Essentiel de l’Esprit Humain et de la Chair. Et vous prenez la vie trop au sérieux. Enivrez-vous tous les jours, de vins, de poésies, de vertus, ou de liqueurs vaginales. Et si vous voulez un jour explorer l’Esprit, la MDMA et la Psylocibine sont infiniment plus efficaces que le Coran ou la Bible. Les Bienséances et « les bonnes moeurs » sont la drogue et l’opium des Proto-Fascistes qui ont la Haine de la Vie et donc de l’Esprit. Montrez vos seins et vos cuisses avec Amour, Tendresse, Douceur, Erotisme, et baisez dans les jardins et les parcs publics, et Enculez Les Renseignements Territoriaux, iels n’ont aucun pouvoir sur vous.
    Vivez et mourrez d’overdoses de MDMA, ou de Vins, ou dans le Combat contre la Monarchie Marocaine, et tout ce qui est cool et sympa. La meilleure mort est la mort à 87 ans défoncés au Viagra au Vin et à la MDMA après une Nuit Torride et Acharnée de Coitus, et d’Infarctus. Et ne croyez pas ce que vos parents maghrébins incultes vous racontent. Iels ont été réduits en esclavage par Hassan II et Basri avec des techniques israéliennes, américaines et séoudiennes.
    Bref : God Speaks Through Clitoris. Et n’écoutez pas « Adda’3wa Wa Attabligh » dans les Banlieues, ils ne comprennent rien ni à l’Arabe, ni au Coran, ni aux Hadiths, ni à l’Arabie, ni à la Théologie ni à la Philosophie.
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    « Le 11 janvier 630 Mahow, dit Mahomet, et ses fidèles pénétrèrent Makka et y instaurèrent une religion nouvelle. Ainsi dit la Tradition. Cela allait remuer Ciel et Terre. Mahow voulait conquérir le Monde pour que le Royaume de Dieu soit enfin établi sur Terre.
    Comme tant d’autres. Mahow était magnanime. D’autres n’ont pas su l’être. Il pardonna à tous les Mouchrikines qui l’avaient persécuté, sauf deux d’entre eux : un poète et une poétesse. Ils l’avaient raillé. La poésie, v’là le cœur de son pouvoir charismatique, de son pouvoir symbolique. On ne plaisante pas avec la poésie. A ceux et à celles qui se demandent à quoi sert la littérature, nous pourrions répondre : remuer ciel et terre. Toute sa religion reposait sur une poésie. Fin diplomate, fin guerrier. Un sage et un névropathe de génie. Contrairement à ce que l’on a pu dire de lui, Mahow était sans doute sincère lorsqu’il parlait de Révélations. Il a eu ses moments de doute. Au bord de la falaise. Au bord de la Parole. Les versets qu’il récitait venaient de Dieu et cela ne faisait aucun doute pour lui. Mahow s’est adressé à l’humanité entière. Sa parole visa l’universel bien qu’elle soit née dans un terreau païen où les poètes des Mu’allakat célébraient les chameaux, les Femmes, le vin et le sabre.

    Le 01 juillet 2015, j’ai débarqué à Paris avec deux valises essentiellement emplies de bouquins. Contrairement à Mahow, j’étais seul. Et j’allais le devenir encore plus. A un moment ou à un autre, j’ai rencontré Molloy. Il allait m’indiquer le chemin de l’écriture. J’ai aussi rencontré Mahood. Il allait m’apprendre à tirer des mots du néant. Et puis j’ai rencontré Alecssiss, une petite américaine du New Jersey que j’allais maudire pour son insensibilité et son immaturité. Mais cela serait faux de dire que j’étais tout à fait seul. Je trimbalais mon Baudelaire et mon Rimbaud comme un apôtre la Sainte-Parole. J’ai aussi fait la connaissance d’un mystérieux Prince, toujours habillé en noir, qui remontait la Rue Soufflot comme dans un éternel retour.
    Mahow avait pour habitude de méditer dans une grotte. Un jour, il eut une Vision. C’était l’Archange Jibril Himself qui se présenta à lui. « Iqrae », qu’il lui dit. Mais Mahow se mit à trembler, ne sachant que faire. Il se disait analphabète – mon cul ouais. « Iqrae », « Iqrae ». C’est un ainsi que débuta son histoire. Tout comme moi, il a eu des Visions. C’était un Voyant. Nous baignons dans des sphères lointaines dignes des dieux de l’Olympe. Chaque lecture du Coran m’a éloigné un peu plus de dieu et m’a rapproché de Mahow. Nous errons dans des gouttes d’eau magnétiques. Stipendiez-moi ces vilenies. Oh, mon frère… Mahow avait de solides convictions. Il aspirait à l’Universel. Longtemps, mon esprit a baigné dans les légendes coraniques. Mon imaginaire a été façonné par le Paradis et l’Enfer, les Djinns et les Malaika.

    Lorsque l’on me pose la question « A quoi sert la littérature ? », j’ai un petit sourire : Remuer Ciel et Terre. Mahow, descendant d’Abram avait le Sens de l’Histoire. Il est venu, il a vu, il a vaincu. Sa vie intérieure, son psychisme, les ouragans qui l’animaient, la tempête qu’il portait en lui, tout cela faisait qu’il dépassait de loin tous ses contemporains. Toute la force de Mahow vient de sa puissante poésie envoûtante. C’est ainsi qu’il y a eu un énorme malentendu : on prit le texte du Coran pour autre chose qu’il n’était : une poésie du Lotus des Confins – Sidrat al-Muntaha. Ô Diaphonies. Elllles passaient à côté de moi ombres intenses figées dans d’infinis mouvements laissant indélébile trace dans mon cerveau meurtri pétri languissant et langoureuses jambes qui parcourent Paris étrange dégénérescence des sens au contact du cœur meurtri corps endeuillé sauvagement enlisé Et encore mort de l’espace et du temps étendue maîtresse des corps Continue déflagration Ne m’afflige tu considères enfin dans la grotte de la méditation et bien plus encore Comment lire le Crâne saturé. Certains sont venus. D’autres sont partis. Peu sont restés. Et toi Sara qui dans l’antre de la Sirène. Apposer…Versification ! Tout part en couille ! ABSALONS ! Enfin. Il paraît. Que. Certaines contrées. Sauvages. Riment. Avec d’autres vies. Je perds beaucoup en chair. Poète incomplet. Nihiliste actif. Fait Roi et Peuple par l’Utérus maternel. Conquiert mon esprit maladif.
    Je suis l’albatros. Il prie, se concentre… Et son Khoujou’ n’a point de limites. Et tout à coup il se met à flotter. Ses yeux se vident de leur pupille. Et la Parole passe à travers lui. C’est un messager fidèle. Il suit la diction. Son génie consistera à remuer ciel et terre, à unifier des tribus en son nom et au nom de son dieu. Il a offert à l’Arabie du centre un Etat et une constitution. Réécrivant le monothéisme et se le réappropriant, il produisit de l’Histoire. Il est sorti de l’Histoire puis y est retourné pour devenir lui-même la marche de l’Histoire. Sabres, chevaux, par la Lune et par le Soleil. Et ce fut la fin du paganisme à Makka. Le nouveau dieu, propulsé au rang d’Eternel à égalité de Yahvé, régnait sur l’Etat. Sa Parole est devenue Etat. Ce fut une révolution et bien profonde en son genre. Et commence la congruence tendresse extérieure à mon corps… Il existe quelque part un endroit que peu de personnes explorent…Sidrat al-Muntaha. Quelque part dans notre corps se trouve une contrée où réside une force vitale. Celle que tout écrivain, tout mystagogue doit explorer au péril de sa Raison. Une contrée que voici…Mon Crâne est surchargé d’images…Une revanche. Images, idées, réminiscences. Tantôt souvenirs, tantôt captation et sentiment de monde. Mais je n’étais pas dans le monde. J’étais moi-même monde. Voici le jardin où naissent les dieux, voici le jardin du Confin. Inquiétante étrangeté. J’ouvre mon Coran et je psalmodie. Ainsi parle Allah : « Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes, et Nous avons effacé le signe de la nuit, tandis que Nous avons rendu visible le signe du jour, pour que vous recherchiez des grâces de votre Seigneur, et que vous sachiez le nombre des années et le calcul du temps. Et Nous avons expliqué toute chose d’une manière détaillée ». Mais encore : « Voici les versets du Livre explicite ». Je psalmodiais. A demi-voix. De jour comme de nuit. Les catholiques disaient bien qu’il ne faut pas lire les livres sacrés. Il suffit de les ériger en monuments et de les laisser à leur place. Et comme voici que je vogue…Wa Nnazyat… Le fracas ! Qu’est-ce que le fracas ? Et qui te dira ce qu’est le fracas ?
    C’est le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés, et les montagnes comme de la laine cardée; quant à celui dont la balance sera lourde – Et la mienne de balance est bien lourde. Et voici la vérité éternelle. Et voici les fulgurances. Comment y échapper. Estelles amarres attachées à mon corps. Continument. Voici le génie de Mahow qui parle en moi. Et dans cette série de correspondances surgissent les voix qui coulent dans mon cerveau. Seigneur comme j’ai souffert de ta pluie et de ta misère… Tu rentres seul dans ton domaine. Tous les jours je les vois…J’la retrouverai jamais, jamais ! Elle est pourtant en moi… Et que le Ciel m’en soit témoin… J’ai longtemps erré dans le marbre de ton corps… Et comme l’Inferno, dans les cercles que je gravis…J’ai l’âme revêche…La voie royale ! Mais encore ! Accordez l’absalon… Dans le désert de l’Arabie du Centre on allume des feux avant de s’endormir. On entoure les tentes de petits foyers allumés qui éloigneront à la fois les animaux hostiles et les Djinns. Les Djinns ont peur de deux choses : la lumière allumée par Mahow et les versets du Coran. Les Djinns sont de curieuses créatures. Elles rôdent autour de vous. Vous ne les voyez pas, mais elles sont là, vous guettent jour et nuit. Ils s’avancent vers vous, les mains ouvertes et les paumes tournés vers vous. Vers vous. Vers vous. Il y a parmi eux des croyants et des incroyants. Je remontais, seul, la Rue Soufflot. Le village s’est réuni. Un consensus semble avoir émergé. La meute s’attroupa. Les combats s’engagèrent. Il était seul face à la tourbe. Sauvagerie et déchaînement des passions. Et tandis que j’écris les souvenirs emplissent mon Crâne et me débordent. J’ai été trop longtemps un ange de lumière…Mes lettres de noblesse. Voici ma vérité. Antique. Authentique. Comme je me la donne. Face à dieu et aux hommes mes mots se tiendront dans leur fierté altière. Et ainsi de suite, viendra la sentence. Folie et déraison menacent le sujet. Et jamais encore je ne dis plus. De la rigueur, de la rigueur ! V’là ce qu’exigent ces charlatans de misère ! Cette vie est déjà bien haïssable et bien ennuyeuse… Il faut quand même qu’ils se la ramènent et en rajoutent une couche ! J’apprendrai pas leur formalisme et pas pour un sou ! Rien à foutre ! Tout cela est bien moche que je vous dis… J’aurais dû me mettre une balle au lieu d’écrire. Et que ça grince et que ça grogne et que ça cogne… Je m’y suis collé moi à la littérature, je m’y suis frotté, hein, vous saisissez le truc ? Idiots de mes deux… Je chaufferai à blanc la langue et je la lèverai jusqu’au plafond. Je suis assis dans un fauteuil. Sis Salle 1 de la Bibliothèque du 45 rue d’Ulm. Ecole dite Normale et soit disant Supérieure, dit Nizan… Ma présence ici est en soi un fait romanesque. J’me demande bien, des fois, ce que je fous là. Je viens de croiser Sarrass avec sa sale gueule. Elle est d’une mocheté métaphysique. Ca me déprime de la voir le matin. Elle a une voix de gamine et des formes de babouin. Putain de dieu… Y’en a qui ont vraiment pas été choyé par la nature…
    Donc je disais. J’sais plus comment je me suis retrouvé ici. Je regarde les gens et les choses avec le regard de mon Molloy, la bouche légèrement entrouverte, les yeux un peu hébétés. Ils ressemblent à des personnages de romans. Ici les gens ne vous regardent pas. Ils tirent la gueule et sont imbus d’eux-mêmes. Quelle saloperie… Pas un sourire, rien. Je travaille sur Céline. Mais je n’arrive pas à me concentrer. Je remarque un bourgeois paré d’un manteau noir. Il est fin, mince, la silhouette allongé. Il doit faire du ballet, comme la petite idiote d’Alecssiss. Il a vraiment une sale tête. Les lèvres pincées, le visage serré. La morgue du normalien parisien en Lettres. Il pousse des petits bruits d’autosatisfaction parfois. Ca me répugne. Le normalien littéraire, parisien, bien foutu, avec un sale manteau à 200 euros comme ça, ça me donne la nausée. Non pas que je vienne de la populace, hein… Moi j’ai une certaine idée de la bourgeoisie. Je m’étais promis de ne pas raconter ce que je voyais à Normale Sup. Mais je n’arrive plus à écrire comme avant…

    Question d’humeur hein… Je n’avance plus dans mon Mahow. Alors je vais juste écrire mon impossibilité d’écrire. Le groin des porcs manquera bien des perles…. Et puis…Bof…J’ai perdu mon chargeur ce matin. Je me suis fait virer de la BD-thèque. Salauds… Le « COF ». Un Etat dans l’Etat. J’ai aperçu Gvendaline hier. Elle est vraiment bonne pour tout dire. Un autre jour je ferai la description phénoménologique de ses jambes. Elle aussi, tout comme Brumne, une virtuose de la jambe et des bas. Wa l’3adyati Dabhan ! Fal mouri9ati 9adhan ! Fal maghirati Soubhan ! Wa nnazyat nazyan ! Par les coursiers qui halètent et qui font jaillir des étincelles ! Qui attaquent au matin ! Et font ainsi voler la poussière ! Il est des vérités qu’on ne peut trouver qu’en de sombres grottes et dans d’ardents buissons. Ce périple. Je suis une feuille-automne. Mon âme : la Chose. Eviter la douleur. Naviguer donc. Naviguer enfin. Naviguer toujours.

    Sempiternellement. Commencer, recommencer, comment c’est ? Oh ! Oh, « ça » ! Ca ! Cra ! Cri qui surgit de nulle part. Domestique détruis – détruisit- la maison où tu – il – habites – habite… Dire ! Dire ! Dire et médire pour contrer la mort ! Seigneur ! J’ai parlé. Ainsi commence mon périple. Ainsi il recommencera. Ainsi il s’éternisera. Demain on ramassera les lointaines fougères qui filent entre les arbres. Squizze it and hold it. Of ! Of ! Of ! Et strutructruc… Qu’ai-je dit… A dire ! A faire ! Joyeux luron ! Epousons… Poussons les cosaques zaporogues ! Pousse comme tu vas et comme ça te va… J’aurais dû garder ça pour moi. Je suis né pour maudire les divinités de mes ancêtres. Voici mes mots et mes carnets. J’ai donc vécu. Et la musique de mes mots m’a emporté. Amie ! Célèbre donc la vie et rien d’autre ! La poussée de la plante et de la pierre. Contraste. Pourquoi les mots quand Jana il y a tes yeux. Dans tes yeux Jana m’abreuver. Odieuse vertu des religions, j’ai pour ma part un démon bien négateur, bien affirmateur, un Démon d’action et de combat. Et mes Démons sont bien irréductibles. Cours ! Cours ! Jusqu’au bout de la phrase, qu’ils me disent ! Et mes mots me viennent de Démons tempétueux. Je n’ai pas d’autre divinité que la Femme. Seigneur, viens à moi avec modestie. Et le garde champêtre que tu soudoies. Peu m’en chaux ! J’ai abandonné l’écriture dense pour la densité des chevelures. Je suis l’homme-sans-dieu, je suis l’homme qui a voulu se faire dieu ! Pureté ! V’là leur sale obsession à eux, ces pov’ religieux ! Qu’ils croient l’humain sale et tout ce qui vient de son corps méprisable ! Contempteurs du corps, phtisiques de l’âme ! Prêcher la pureté, v’là leur marotte et bien perverse comme elle en est ! Prêcher la pureté et puis la chasteté v’l’à un immense vice et une immense négation de la vie ! Prédicateurs d’arrière-mondes ! Il vous faut du blasphème et du bien bon ! Comme Allah doit vous maudire dans votre ignorance ! Et le souffle qu’il faudrait pour vous emporter ! Le souffle même de Mahomet, de mon Mahow ! Jette donc le Livre ! Lève-toi et marche ! Il est temps de prendre le Capitole ! Marche, Prince, marche à mes côtés d’un pas ferme ! Le Seigneur véritable est avec nous ! Abou Bakr, ne crains rien ! L’Histoire nous accompagne ! Il est des contrées que je peux t’indiquer ! Ami !
    Lève les yeux, homme d’Ovide ! Le Ciel est vide. Que crois-tu chercher ?
    La vérité ? La vie éternelle ? Qu’avons-nous à faire de l’éternel ? Qu’avons-nous à faire des certitudes ? Gerce perce tout mon corps ! Je suis le morceau flétri de la lune ! Embaume-moi donc par ton linceul et enduis, enduis, mon corps méduse divine autour de mon Crâne ! Fétide et nauséabonde pureté ! J’ai brûlé le Coran. Et avec mes livres de Mathématiques. Adieu ! Adieu à la Science ! Adieu à la Raison et à l’exégèse. Voici le réel ! Voici la vie et la pulsion ! Donne-moi l’impulsion dernière ! Mon exil intérieur porte des lettres de sang gravées tout autour et tout autre. Je suis les feuilles de ton automne. Je suis l’homme-sans-dieu, je suis l’homme-dieu ! Je suis l’infini et l’humanité entière ! Je suis un chien qui erre entre tes destins, Seigneur ! Seigneur qui vous tenez dans votre silence altier. Vous pouvez aller crever. Et moi avec. Jette donc le livre du Devoir et du Châtiment ! Jette, jette ! Je me tiens en face de vous Seigneur, je suis dressé comme un Homme, planté sur Terre et bien décidé à ne pas me laisser impressionner. Je rejette votre jugement. J’en ai fini avec le jugement de Dieu. J’ai été tour à tour déiste, théiste, croyant, pratiquant puis agnostique, puis sceptique, puis totalement athée, puis athée morne et morose… Et puis advint la Littérature que ton vague sens rature ! La littérature, voilà la question fondamentale, mon Dasein et ma Vie. Il y a une autre question, je suis passé de la vénération de la Lettre Coranique à la vénération du Corps féminin et de la Beauté. Le sacré est passé pour moi du Ciel à la Terre. Et entretemps tout cela a remué en moi Ciel et Terre. Je suis devenu un grand Débauché devant l’Eternel. Il était temps pour moi de dépasser l’athéisme qui n’est qu’une autre forme de croyance. Il était temps de détruire l’individualisme qui relie Allah à son Fidèle. Je hais l’Individu. Et pourtant je suis un Immense Individu. Par mon écriture et ma trajectoire au sein d’un champ magnétique. J’ai voulu donc renverser et briser des idoles, comme Abraham et comme Mahomet, acte nietzschéen s’il en est… Et en créer de nouvelles ! Voilà pourquoi je dois me séparer de, quitter, me séparer… H – H .J’ai cherché à me réconcilier avec Mahomet.
    Congédier Allah pour embrasser Mahomet, ce grand homme. Je ne supporte pas la culture lorsqu’elle est morte, poussiéreuse, inaccessible, réservée, distinguée, érudite, profonde. Je suis un Lecteur Superficiel, pressé, impatient, furieux d’émotion. Révèle-moi ta pensée et ton souffle ! Voici mon affect et mon émotion, voici mon Corps et ma Pulsion, voici mes Mots et mes Visions ! Furie ! Furie partout ! Et puis, j’me dis, que pourrions-nous faire d’autre, sinon chercher furieusement à s’enlacer, comme Didir et Gogo… Avec le temps, on s’habitue. Mais… même Lucky finit par se révolter. Quand on lui demande. Faut pas dire du mal de notre époque hein, elle est pas plus mauvaise que les précédentes. Mais moi j’peux pas m’empêcher de penser… Surtout quand…Le tout étant d’essayer de danser des fois. Des fois qu’on se trémousse. Et ça vous prend comme ça. On sautillera un peu. Le tout étant de pas se rendre compte. On peut s’acharner, rien n’y fait. Faut finir par apprendre à s’aimer et à se baiser les uns les autres. En s’enivrant et en grignotant des feuilles mortes. Et puis, le solstice viendra. On finira par s’foutre en l’air, ou mieux, de prendre son pied comme il faut. Encore faut-il être un peu souple. Mais les mandragores finiront par pousser. Aarr elles hurleront et gémiront un peu quand on voudra les arracher. Curieux non. C’est ce qu’on raconte, c’est ce qu’on raconte. Nous pourrions tenter d’engager l’exécrable ambroisie. A la rigueur. Tout au plus. Et puis… et puis. C’est ainsi que commence notre périple, c’est ainsi qu’il reprendra. Inexorable. La douleur restera sans doute entière. La haine empêchera la tristesse. Et ainsi, peut-être, peut-être, aurons-nous une chance, aussi infime soit-elle. C’est ainsi que parlèrent les belles vierges élevées pour être putains  » ///

    Mounir Zakriti, ENS de Paris, 2016-2017
    A Stéphane Beaud, Julien Sazadaly et Micol Bez.
    Au mathématicien qui seul erre dans les couloirs d’Ulm mes prôésies
    American Modernism and French Ivy League
    The World Republic of Literature and Surrealism
    The General Bureau of Investigation and Poetry
    Death to All Religions

    Ex-DGSE, Pointe de Diamant.