To Prague and Vienna. Langage et Culte d’Eros
pourquoi les mots quand Jana il y a tes Yeux.
Vivides souvenirs et rémanences.
Pour Jana Třísková et pour Prague.
On dit que le monde n’est pas rose
Quelques salauds de technocrates ont rendu la vie morose
Paris et Casablanca à la fois
Partout exilé où trouver refuge
Jana je fuyais tes yeux ô force centrifuge
Un monde par le Capital et la froideur dominé
Tes yeux, ô déesse slave, le monde illuminaient
Tes yeux Jana céleste symphonie
Couleur, odeur, disharmonie
Tu transformes le Monde par d’allègres métamorphoses
Transformations permanentes et anamorphoses
Dans tes yeux Jana je voudrais me noyer
Tu es de la Civilisation Slave la Quintessence
Tes yeux Jana un jaillissement qui de la vie l’essence
Dans tes yeux Jana me noyer
Par tes yeux Jana une âme foudroyée
La rage d’Isidor, élégante insolence
Tu es Jana de Prague la Substance
Ton visage habite l’avenue de Clichy tel un esprit
Dans tes yeux Jana l’incarnation de la Vie
Jana tes beaux yeux dans lesquels je me noie
Je te regarde, éperdu d’amour, d’angoisse et d’effroi
Tu m’offres un prénom et un nouveau visage
Prague, Casablanca, Paris et Moscou à la fois
Je suis partout et me revoilà
Porc, porc, porcelaine, je dégouline d’angoisse et pourtant
Je suis fragile et l’enjambement ne m’abuse
Accablante tu, tue la forme, un Je risible
Chronique d’une vies de déchéances et de dérélictions
Jana tes yeux ma Salvation
Ton sourire et le contact de ta peau la Rédemption
Jana dans tes yeux je me noie
Je te parle avec babil et effroi
Le monologue intérieur et la diffluence
Transi de passion et d’élans dans un monde d’indifférence
Tout cela s’enfonce et s’engonce
La tentation, nuisible risible désir à fuir
Nubile désir infini les meubles et les objets
Je voudrais parcourir avec toi montagnes et forêts
Je vis le Monde comme un gouffre où le Moi disparaît
Tout est hostile à mon corps infini
Je ne suis pas le Styx pour te demander mille fois
Écoute-moi encore et ensuite on verra
Je fuis ton regard qui m’ensorcelle et me torture
Tu es une Voie vers la Vie et la plein aventure
Jana dans tes yeux je me noie
Je serai brillant comme Aristide et concis
Pourquoi les mots quand Jana il y a tes yeux
Feux follets, des rayons si lumineux
Parfois je me mets position fœtale
Un Visage tu es à la fois cruelle et fatale
A toute vitesse à toute allure et tout se suspend
Jana dans tes yeux mon regard se morfond et s’étend
Les nénuphars flottant sur l’étang
Muse je suis pour tes beaux yeux supplicant
Tu es la déesse et moi le païen
Le Réel autour de toi disparaît, que dire mais enfin
C’est la surface du texte, de l’Être et des étants
Ton Visage injecte dans mon langage un vital élan
Le monde chante par lui-même Jana m’entends-tu
La phrase et le verbe par ton pouvoir jaillissent
Multiples correspondances que Jana tu crées
Je ne suis rien d’autre qu’un dactylographe
Tape tape et les mots ne feront pas consensus
Les mots sont inutiles sinon pour chanter la Beauté
Tu rends pourtant tout langage futile
A quoi bon le langage quand Jana il y a tes yeux
Le Temps et l’Espace hier sont morts
Tu me jetas Jana un cruel sort
Dans tout Paris je m’en vais fredonner
Litanies au Doyen Lucifer et à la Vierge Marie
J’abandonne les Déesses-Françaises pour tes yeux Jana
Dans ce monde hideux et hostile je demeure
Avec quelques amis imaginaires dans tes yeux Jana je meurs
Toutes les formules et les multiples assonances
Il est vain de parler de tes yeux mon Styx
Lorelaï aux yeux bleus couleur de ptyx
D’où te vient sobre Jana toute cette sorcellerie
Je suis le païen seras-tu la déesse
Envoûté ou possédé dirait-on presque habilité
seras-tu ma maîtresse dis Jana emmène-moi vers Prague et Vienna
Allons vagabonder à Berlin et Iéna
A défaut de baisers à défaut de déesses
Je m’en vais, Place de Clichy, cerné par ma détresse.
Mounir Alone Zakriti, Paris Ivy League
Place de Clichy, Paris, 2017- Lettre d’amour à Jana T.
in « Bosom of Change or the Mirthful Becoming ».
2015-2026
La République Mondiale des Lettres
E Pluribus Unum_De Oppresso Liber